lundi 17 février 2014

Sur un coup de Tete

Lundi 17 février, Tete, Mozambique

PAUL – Il aura fallu deux jours de voyage en bus, assez chaotiques, pour rallier Tete. La première étape : Vilankulo – Chimoio, a pris toute la journée, avec rebondissements. Levés à 3h30, un garde de notre auberge nous accompagne jusqu’à la station de bus. Le départ est annoncé à 5h, mais on nous conseille d’arriver avec une demi-heure d’avance. Arrivés à 4h10, nous sommes les premiers… Enfin, c’est ce que nous croyons. 

Quinze minutes plus tard, le chauffeur, qui dormait dans le bus, s’éveille. Alors qu’il se bat contre le sommeil et qu’il s’affaire à préparer son carrosse, des ombres surgissent des ténèbres. Quelques personnes, qui ont passé la nuit sur le parking, commencent à encercler le bus, avec de multiples affaires. Fera-t-on tout rentrer ? En tout cas, le chauffeur a déjà trouvé la solution : il monte sur le toit et fait hisser les bagages les plus encombrants, avec l’aide de son assistant, l’« operador », qui gère les arrêts, les billets, ainsi que les relations générales avec les voyageurs. Le bus ne part pas à l’heure, bien entendu : il attend d’être rempli (à ras-bords) avant de partir, sûr de rentabiliser le voyage. Mal assis sur des banquettes qui rappellent davantage une barre de fer que des sièges, nous quittons Vilankulo à 5h30.

Deux heures plus tard, nous apercevons une longue file de véhicules arrêtés des deux côtés de la route. Le bus s’aligne derrière les autres, le chauffeur coupe le contact. L’operador m’explique qu’un convoi militaire va passer sur la route ; nous en avons pour une heure d’attente, tout au plus. Les passagers descendent tour à tour et étendent leur pagne dans les rares coins d’ombre que propose cette route, en plein milieu de nulle part. Nous nous dépêchons d’en faire de même avant que toute l’ombre soit prise d’assaut. Nous lisons (je me suis mis à Harry Potter, pour le bonheur de Cha), alors que de plus en plus de voitures s’alignent sur le bas-côté et qu’une petite foule de personnes s’affaire, à vendre boissons fraîches et chaudes, cacahuètes, fruits et légumes… Une petite ville est née !

Ce n’est que deux heures plus tard que passe le convoi, ou plutôt quatre pickups avec des soldats armés jusqu’aux dents. Tout. Ça. Pour. Ça. Tout le monde remonte dans son véhicule ; nous reprenons la route.
Nous arrivons assez tard à Chimoio. Suffisamment à l’heure pour acheter notre billet pour le lendemain et pour s’écrouler à l’auberge Pink Papaya, tenue par une ancienne infirmière allemande, fort sympathique.
Nos bagages hissés sur le toit de notre nouveau bus, nous prenons place à 5 heures du matin (partons une heure après, normal) et abordons la dernière étape, sans histoires, avant Tete.

Peu après notre arrivée, le traditionnel Land Cruiser « Médecins Sans Frontières » s’arrête devant nous, et de là surgit Fernando, mon ancien collègue en Afghanistan, en 2008.

CHA – Et hop, je reprends la main pour raconter notre escapade à Tete ! Nous avons été reçus comme des rois par Fernando, qui nous a laissés sa maison toute l’aprem pour nous reposer, puis nous a amenés en balade dans la ville.

Logés dans une guesthouse MSF aux allures de palace pakistanais fait de faux marbre kitsch et de déco pour le moins étrange, nous étions trop bien installés ! Soirée bière au bord du Zambèze, face au pont qui relie les deux parties de la ville et dîner dans un petit restau avant une bonne nuit de sommeil. Résultat : en super forme le lendemain, on part à la découverte de la ville, le marché, le supermarché, la rue principale, etc. J’ai beaucoup aimé cette ville, même si, effectivement, comme le disent de nombreuses personnes, il n’y a pas grand-chose à faire. Mais je l’ai trouvée accueillante, vivante et pas trop grouillante de monde. Bref, j’ai bien aimé !

Fernando nous donne rendez-vous en fin d’après-midi chez lui pour quelques bières avant d’aller découvrir « Tete by night », c’est-à-dire d’aller faire un tour dans les discos de l’autre côté du pont. A peine partis de la maison pour le rejoindre, l’orage éclate, déversant dans les rues de Tete (et sur nos têtes) des trombes d’eau qui se transforment en gadoue et inondent les trottoirs. Histoire d’en rajouter une couche, nous nous perdons et sommes obligés d’appeler Fernando qui nous expliue que nous sommes déjà passés devant la maison et qu’il faut faire demi-tour. Bon… arrivés trempés, on se sèche et on entame l’apéro, avant qu’un ami d’ami nous emmène en voiture dans un bar où nous rencontrons la jeunesse de Tete. La musique à fond les ballons, difficile de faire connaissance mais je suis quand même invitée à danser !


Le départ du lendemain étant prévu tôt, nous ne faisons pas de vieux os, et à minuit nous sommes au lit afin d’être fin prêts à affronter le Malawi.

1 commentaire: