Lundi 17 février, Tete, Mozambique
PAUL – Il aura fallu deux jours de voyage en bus, assez
chaotiques, pour rallier Tete. La première étape : Vilankulo – Chimoio, a
pris toute la journée, avec rebondissements. Levés à 3h30, un garde de notre
auberge nous accompagne jusqu’à la station de bus. Le départ est annoncé à 5h,
mais on nous conseille d’arriver avec une demi-heure d’avance. Arrivés à 4h10,
nous sommes les premiers… Enfin, c’est ce que nous croyons.
Quinze minutes plus
tard, le chauffeur, qui dormait dans le bus, s’éveille. Alors qu’il se bat
contre le sommeil et qu’il s’affaire à préparer son carrosse, des ombres
surgissent des ténèbres. Quelques personnes, qui ont passé la nuit sur le
parking, commencent à encercler le bus, avec de multiples affaires. Fera-t-on
tout rentrer ? En tout cas, le chauffeur a déjà trouvé la solution :
il monte sur le toit et fait hisser les bagages les plus encombrants, avec l’aide
de son assistant, l’« operador », qui gère les arrêts, les billets,
ainsi que les relations générales avec les voyageurs. Le bus ne part pas à l’heure,
bien entendu : il attend d’être rempli (à ras-bords) avant de partir, sûr
de rentabiliser le voyage. Mal assis sur des banquettes qui rappellent
davantage une barre de fer que des sièges, nous quittons Vilankulo à 5h30.
Deux heures plus tard, nous apercevons une longue file de
véhicules arrêtés des deux côtés de la route. Le bus s’aligne derrière les
autres, le chauffeur coupe le contact. L’operador m’explique qu’un convoi
militaire va passer sur la route ; nous en avons pour une heure d’attente,
tout au plus. Les passagers descendent tour à tour et étendent leur pagne dans
les rares coins d’ombre que propose cette route, en plein milieu de nulle part.
Nous nous dépêchons d’en faire de même avant que toute l’ombre soit prise d’assaut.
Nous lisons (je me suis mis à Harry Potter, pour le bonheur de Cha), alors que
de plus en plus de voitures s’alignent sur le bas-côté et qu’une petite foule
de personnes s’affaire, à vendre boissons fraîches et chaudes, cacahuètes,
fruits et légumes… Une petite ville est née !
Ce n’est que deux heures plus tard que passe le convoi, ou
plutôt quatre pickups avec des soldats armés jusqu’aux dents. Tout. Ça. Pour. Ça.
Tout le monde remonte dans son véhicule ; nous reprenons la route.
Nous arrivons assez tard à Chimoio. Suffisamment à l’heure
pour acheter notre billet pour le lendemain et pour s’écrouler à l’auberge Pink
Papaya, tenue par une ancienne infirmière allemande, fort sympathique.
Nos bagages hissés sur le toit de notre nouveau bus, nous
prenons place à 5 heures du matin (partons une heure après, normal) et abordons
la dernière étape, sans histoires, avant Tete.
Peu après notre arrivée, le traditionnel Land Cruiser « Médecins
Sans Frontières » s’arrête devant nous, et de là surgit Fernando, mon
ancien collègue en Afghanistan, en 2008.
CHA – Et hop, je reprends la main pour raconter notre
escapade à Tete ! Nous avons été reçus comme des rois par Fernando, qui
nous a laissés sa maison toute l’aprem pour nous reposer, puis nous a amenés en
balade dans la ville.
Logés dans une guesthouse MSF aux allures de palace
pakistanais fait de faux marbre kitsch et de déco pour le moins étrange, nous
étions trop bien installés ! Soirée bière au bord du Zambèze, face au pont
qui relie les deux parties de la ville et dîner dans un petit restau avant une
bonne nuit de sommeil. Résultat : en super forme le lendemain, on part à
la découverte de la ville, le marché, le supermarché, la rue principale, etc. J’ai
beaucoup aimé cette ville, même si, effectivement, comme le disent de
nombreuses personnes, il n’y a pas grand-chose à faire. Mais je l’ai trouvée
accueillante, vivante et pas trop grouillante de monde. Bref, j’ai bien aimé !
Fernando nous donne rendez-vous en fin d’après-midi chez lui
pour quelques bières avant d’aller découvrir « Tete by night », c’est-à-dire
d’aller faire un tour dans les discos de l’autre côté du pont. A peine partis
de la maison pour le rejoindre, l’orage éclate, déversant dans les rues de Tete
(et sur nos têtes) des trombes d’eau qui se transforment en gadoue et inondent
les trottoirs. Histoire d’en rajouter une couche, nous nous perdons et sommes
obligés d’appeler Fernando qui nous expliue que nous sommes déjà passés devant
la maison et qu’il faut faire demi-tour. Bon… arrivés trempés, on se sèche et
on entame l’apéro, avant qu’un ami d’ami nous emmène en voiture dans un bar où
nous rencontrons la jeunesse de Tete. La musique à fond les ballons, difficile
de faire connaissance mais je suis quand même invitée à danser !
Le départ du lendemain étant prévu tôt, nous ne faisons pas
de vieux os, et à minuit nous sommes au lit afin d’être fin prêts à affronter
le Malawi.
Fernando...c'est bon ça!!
RépondreSupprimer