mardi 25 février 2014

Reportage dans la jungle

19/02/2014 - Réserve forestière de Thuma

PAUL – Arrivés à Salima, nous appelons Lynn, une irlandaise installée dans la région depuis trois ans pour gérer les activités du Wildlife Action Group (WAG), qui devrait nous acceuilir, mais seulement le lendemain. Nous logeons donc dans un « lodge » en travaux mais propre en attendant ses instructions. Elle n’appellera que le lendemain matin, pour nous avertir qu’une voiture passe nous prendre. Trois heures plus tard surgit dans la cour un Land Cruiser duquel descendent trois Européens : Reto, suisse-allemand et Lucy et Baz, un couple anglais. Ils nous annoncent qu’on va faire des courses, déjeuner puis nous rendre à la réserve de Thuma. Les courses commencent par la visite d’une clinique de soins palliatifs (dont la majorité des patients sont atteints du sida)/ Pour nous accueillir, Brendan, le jardinier irlandais, nous fait un tour du jardin botanique à vocation médicinale. Il forme des jeunes de la région à entretenir ces plantes spectaculaires, qui aideront les patients de la clinique à mieux vivre leurs derniers instants.

Après des courses de provisions interminables, nous prenons enfin la route pour Thuma, la réserve forestière… Enfin, la route… plutôt la piste sablonneuse et rocailleuse, assis à l’arrière du 4x4  avec nos sacs, les courses et les autres occupants qui entament une valse effrénée.

Une heure après, nous arrivons au campement du WAG. En plein milieu de la jungle, quelques huttes de terre parsèment un grande clairière. Nous entendons des gens jouer au football dans un coin pendant que nous déchargeons le 4x4 des courses et de nos sacs. Lynn nous accueille à bras ouverts et nous dirige vers nos appartements : une chambre basique mais charmante, sous un toit de chaume, en face de la cabane commune.  Ce soir là, c’est dîner entre volontaires : Reto, Lucy, Baz, nous et Till, un jeune allemand qui connait le Malawi comme sa poche et Elke, une autre allemande, qui a passé la plus grande partie de sa soixantaine en Afrique.

Nous nous  retrouvons ici sans avoir parlé à Lynn de la raison de notre visite. Nous avions échangé quelques emails les mois précédents, après qu’une amie, Sophie, nous ait raconté avec grand enthousiasme, la superbe expérience qu’elle garde de son séjour en tant que volontaire au sein de l’équipe de Lynn. Le WAG est une organisation qui lutte contre la déforestation et le braconnage (notamment des défenses d’éléphant, nombreuses dans la réserve), qui affectent cette foret. Nous l’avons contacté en amont pour lui proposer nos services de communication.

A l’issue d’un dîner fort sympathique, au sommet d’un énorme rocher surplombant la jungle magnifique de Thuma, nous décidons ensemble que nous accompagnerons une équipe de « scouts » (rangers) lors d’une patrouille dans la jungle le lendemain matin. Debout à 7 heures, nous nous retrouvons au centre du campement, face à une vingtaine d’hommes en tenue militaire, certains armés de fusils à pompe. Lynn surgit de sa hutte et commence le brief de la journée pour son équipe. Certains vont faire un recensement des bambous, en notant les coordonnées GPS de chaque pousse afin de faire le suivi. Une petite équipe de 4 rangers partira pour la patrouille quotidienne avec une équipe de tournage : NOUS !

En effet, armés de la caméra GoPro (merci Papa et Catherine pour ce prêt !), nous accompagnons la patrouille, en vue de faire un reportage ou une vidéo promotionnelle du WAG. La patrouille, qui ressemble à une randonnée intense, nous permet de discuter avec les scouts des problématiques de la région : très pauvres, les habitants n’ont d’autre choix que de couper les arbres, protégés, et de chasser les animaux, protégés, de la réserve pour survivre. Soucieux de défendre la loi et la biodiversité de la réserve naturelle, les scouts ont l’autorité d’arrêter les contrebandiers.

Ponctuée de longues pauses à l’abri d’un soleil plombant, à observer les éléphants, la patrouille est tout de même assez difficile : nous sommes assaillis par les mouches tsé-tsé (non porteuses de la maladie du sommeil, fort heureusement) et des herbes hautes, porteuses, elles, de pollen, pour le plus grand bonheur de mon rhume des foins, qui resurgit de manière insoupçonnée mais pas moins violente.

Satisfaits de nos images et soulagés de la fin de cette balade très sportive, nous retrouvons le campement et faisons le pied de grue devant le bureau de Lynn afin de l’interviewer. Alors qu’une pluie battante s’abat sur Thuma, nous préparons notre montage en attendant qu’elle se libère. L’interview se passe bien et nous finalisons la vidéo, en attendant la petite fête qui se prépare pour remercier Elke, sur le départ. Le délicieux barbecue constitue une pause bien méritée dans notre lutte acharnée pour faire de notre premier travail du voyage quelque chose d’acceptable. Sans électricité, éclairés à la bougie, mais avec la compagnie de papillons de nuit gros comme des moineaux, nous travaillerons jusque tard dans la nuit.

Le lendemain, tôt, Lynn doit emmener Elke à la gare de bus. Nous en profitons pour reprendre la route. En chemin, nous livrons à Lynn le fruit de notre labeur (une vidéo et quelques photos) et nos chemins se séparent, non sans émotion après une journée intense.


Nous attendons quelques heures, en apprenant à des jeunes à la gare de bus comment jouer à la bataille corse. Nous reprenons ainsi la route pour Nkhata Bay, un havre paradisiaque au bord du Lac Malawi.











2 commentaires:

  1. Un récit impressionnant et des photos spectaculaires. Ca a du être une belle aventure humaine. Keep up the good work.

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  2. Chapeau Cha Paul !
    Bon voyage !
    Good trip !
    Denis

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