19/02/2014 - Réserve forestière de Thuma
PAUL – Arrivés à Salima, nous appelons Lynn, une irlandaise
installée dans la région depuis trois ans pour gérer les activités du Wildlife
Action Group (WAG), qui devrait nous acceuilir, mais seulement le lendemain.
Nous logeons donc dans un « lodge » en travaux mais propre en
attendant ses instructions. Elle n’appellera que le lendemain matin, pour nous
avertir qu’une voiture passe nous prendre. Trois heures plus tard surgit dans
la cour un Land Cruiser duquel descendent trois Européens : Reto,
suisse-allemand et Lucy et Baz, un couple anglais. Ils nous annoncent qu’on va
faire des courses, déjeuner puis nous rendre à la réserve de Thuma. Les courses
commencent par la visite d’une clinique de soins palliatifs (dont la majorité
des patients sont atteints du sida)/ Pour nous accueillir, Brendan, le jardinier
irlandais, nous fait un tour du jardin botanique à vocation médicinale. Il
forme des jeunes de la région à entretenir ces plantes spectaculaires, qui
aideront les patients de la clinique à mieux vivre leurs derniers instants.
Après des courses de provisions interminables, nous prenons
enfin la route pour Thuma, la réserve forestière… Enfin, la route… plutôt la
piste sablonneuse et rocailleuse, assis à l’arrière du 4x4 avec nos sacs, les courses et les autres
occupants qui entament une valse effrénée.
Une heure après, nous arrivons au campement du WAG. En plein
milieu de la jungle, quelques huttes de terre parsèment un grande clairière.
Nous entendons des gens jouer au football dans un coin pendant que nous
déchargeons le 4x4 des courses et de nos sacs. Lynn nous accueille à bras
ouverts et nous dirige vers nos appartements : une chambre basique mais
charmante, sous un toit de chaume, en face de la cabane commune. Ce soir là, c’est dîner entre
volontaires : Reto, Lucy, Baz, nous et Till, un jeune allemand qui connait
le Malawi comme sa poche et Elke, une autre allemande, qui a passé la plus grande
partie de sa soixantaine en Afrique.
Nous nous retrouvons
ici sans avoir parlé à Lynn de la raison de notre visite. Nous avions échangé
quelques emails les mois précédents, après qu’une amie, Sophie, nous ait
raconté avec grand enthousiasme, la superbe expérience qu’elle garde de son
séjour en tant que volontaire au sein de l’équipe de Lynn. Le WAG est une
organisation qui lutte contre la déforestation et le braconnage (notamment des
défenses d’éléphant, nombreuses dans la réserve), qui affectent cette foret.
Nous l’avons contacté en amont pour lui proposer nos services de communication.
A l’issue d’un dîner fort sympathique, au sommet d’un énorme
rocher surplombant la jungle magnifique de Thuma, nous décidons ensemble que
nous accompagnerons une équipe de « scouts » (rangers) lors d’une
patrouille dans la jungle le lendemain matin. Debout à 7 heures, nous nous
retrouvons au centre du campement, face à une vingtaine d’hommes en tenue
militaire, certains armés de fusils à pompe. Lynn surgit de sa hutte et commence
le brief de la journée pour son équipe. Certains vont faire un recensement des
bambous, en notant les coordonnées GPS de chaque pousse afin de faire le suivi.
Une petite équipe de 4 rangers partira pour la patrouille quotidienne avec une
équipe de tournage : NOUS !
En effet, armés de la caméra GoPro (merci Papa et Catherine
pour ce prêt !), nous accompagnons la patrouille, en vue de faire un
reportage ou une vidéo promotionnelle du WAG. La patrouille, qui ressemble à
une randonnée intense, nous permet de discuter avec les scouts des
problématiques de la région : très pauvres, les habitants n’ont d’autre
choix que de couper les arbres, protégés, et de chasser les animaux, protégés,
de la réserve pour survivre. Soucieux de défendre la loi et la biodiversité de
la réserve naturelle, les scouts ont l’autorité d’arrêter les contrebandiers.
Ponctuée de longues pauses à l’abri d’un soleil plombant, à
observer les éléphants, la patrouille est tout de même assez difficile :
nous sommes assaillis par les mouches tsé-tsé (non porteuses de la maladie du
sommeil, fort heureusement) et des herbes hautes, porteuses, elles, de pollen,
pour le plus grand bonheur de mon rhume des foins, qui resurgit de manière
insoupçonnée mais pas moins violente.
Satisfaits de nos images et soulagés de la fin de cette
balade très sportive, nous retrouvons le campement et faisons le pied de grue
devant le bureau de Lynn afin de l’interviewer. Alors qu’une pluie battante s’abat
sur Thuma, nous préparons notre montage en attendant qu’elle se libère. L’interview
se passe bien et nous finalisons la vidéo, en attendant la petite fête qui se
prépare pour remercier Elke, sur le départ. Le délicieux barbecue constitue une
pause bien méritée dans notre lutte acharnée pour faire de notre premier
travail du voyage quelque chose d’acceptable. Sans électricité, éclairés à la
bougie, mais avec la compagnie de papillons de nuit gros comme des moineaux,
nous travaillerons jusque tard dans la nuit.
Le lendemain, tôt, Lynn doit emmener Elke à la gare de bus.
Nous en profitons pour reprendre la route. En chemin, nous livrons à Lynn le
fruit de notre labeur (une vidéo et quelques photos) et nos chemins se
séparent, non sans émotion après une journée intense.
Nous attendons quelques heures, en apprenant à des jeunes à
la gare de bus comment jouer à la bataille corse. Nous reprenons ainsi la route
pour Nkhata Bay, un havre paradisiaque au bord du Lac Malawi.
Un récit impressionnant et des photos spectaculaires. Ca a du être une belle aventure humaine. Keep up the good work.
RépondreSupprimerChapeau Cha Paul !
RépondreSupprimerBon voyage !
Good trip !
Denis