mardi 4 février 2014

L'Africain aux yeux bleus

Samedi 1er février, Nelspruit, Afrique du Sud

PAUL - C’est avec un léger regret que nous avons quitté cette auberge de Port St Johns, dans les montagnes infestées de macaques et d’animaux invisibles, aux cris aussi surréalistes les uns que les autres. La nonchalance, la chaleur, l’âme de l’endroit nous auraient poussés à y rester plus longtemps, mais nous avons tout de même un programme à tenir. L’amabilité du personnel, qui inclut l’âne, les chats et les chiens, donne vraiment envie. Avec la vue sur une crique, les montagnes et des huttes traditionnelles, nous étions dans un cadre parfait pour une soirée parfaite ! Lasagnes, salade et beaucoup de bière en compagnie de quelques convives nous ont revigorés. Nous retiendrons notamment Steve, de Liverpool, qui vient dans cette auberge tous les ans depuis 9 ans. Fan d’Everton, il finance même deux clubs de football locaux, avec le soutien d’associations de supporters anglaises, pour leur fournir du matériel.

Le réveil fut quelque peu difficile, notamment pour Cha, qui a difficilement digéré une saucisse au petit déjeuner. La longue route (9 heures) ne lui sera pas des plus faciles, mais l’honneur est resté sauf ! Ces neuf heures de route nous ont conduit à notre deuxième pays… Nous reviendrons en Afrique du Sud, mais nous faisons un crochet par un petit pays : le Swaziland. Qu’y a-t-il au Swaziland, demanderez-vous ? Entre les paysages magnifiques, dans un environnement plus sauvage, nous cherchons à débusquer un élément très particulier de la faune locale. Il n’a pas de grands crocs, ni d’ailes particulièrement développées, mais il est reconnu pour sa gentillesse extrême. Il s’agit de Donald, qui fut mon colocataire il y a de cela plus de 10 ans. Pendant deux ans, à la fac, en Angleterre, nous nous croisions en pyjama dans la cuisine de notre logement, où nous partagions un repas sur fond de contes Swazis ou autres explications culturelles venues de ce petit pays enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique.

Arrivés au Swaziland, nous avons tout d’abord fait connaissance avec ses routes… inégales pour le moins. Cha a conduit comme un chef entre les potholes (nids de poule) et j’ai repris le volant pour aborder la mégalopole de Mbabane, de la taille de… Vesoul, à peu près. Nous avons abusé de la gentillesse d’une serveuse de café qui nous a adorablement prêté son téléphone pour appeler Donald ou pour trouver une chambre pour la nuit. Le rendez-vous est néanmoins pris avec notre ami, le lendemain, alors que nous nous installons dans une guest-house dans les hauteurs de Mbabane.

Le lendemain, après des embrassades émouvantes avec Donald, notre ami nous emmène visiter un village Swazi traditionnel, après des explications sur l’histoire du pays, une monarchie dont le roi compte aujourd’hui 15 femmes. Le guide de ce village est prénommé Paul (officiellement, car il garde également un nom traditionnel, qui est le même qu’un fleuve que son père a traversé pour retrouver la maternité où il naissait). Paul nous fait découvrir les coutumes Swazis, comme appeler à l’entrée du village un équivalent de « Chérie, je suis rentré ! », afin que les femmes sachent qu’un être amical approche, et qu’il faut tout de même se tenir correctement.

Au cri de bienvenue des femmes, nous pénétrons dans les différentes huttes : celle des jeunes filles, celle des garçons et des hommes célibataires, la hutte du médecin, celle de la grand-mère, dont les délimitations se notent au nombre de cordes horizontales qui tiennent les clôtures.

Après cette visite fascinante, où Cha a acheté un bracelet (faut pas déconner), nous avons dit au revoir à Donald, l’Africain aux yeux bleus, et avons pris la route en direction du Parc Kruger en Afrique du Sud.

J’aurais aimé finir le récit ici, mais l’histoire est loin d’être terminée…

Suivant les indications de la copilote, je roule, je roule, jusqu’à des petits sentiers. Bon, la carte n’était pas très claire, mais dans les faits, nous nous sommes retrouvés sur un petit sentier à flanc de montagne, boueux, caillouteux, et nous avons eu assez peur pour notre petite citadine. En revanche, nous en avons pris plein les yeux. Cette succession de vallées, de parcs naturels et de cols nous a offert des panoramas à couper le souffle (voir photos). Deux heures après, nous débouchions sur du bitume (enfin !), pour notre plus grand bonheur (et celui de notre fidèle destrier).

Nous voilà donc à Nelspruit, où nous attaquons demain une excursion dans l’immense parc national Kruger, pour notre premier safari !















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