Samedi 1er février, Nelspruit, Afrique du Sud
PAUL - C’est avec un léger regret que nous avons quitté cette
auberge de Port St Johns, dans les montagnes infestées de macaques et d’animaux
invisibles, aux cris aussi surréalistes les uns que les autres. La nonchalance,
la chaleur, l’âme de l’endroit nous auraient poussés à y rester plus longtemps,
mais nous avons tout de même un programme à tenir. L’amabilité du personnel,
qui inclut l’âne, les chats et les chiens, donne vraiment envie. Avec la vue
sur une crique, les montagnes et des huttes traditionnelles, nous étions dans
un cadre parfait pour une soirée parfaite ! Lasagnes, salade et beaucoup
de bière en compagnie de quelques convives nous ont revigorés. Nous retiendrons
notamment Steve, de Liverpool, qui vient dans cette auberge tous les ans depuis
9 ans. Fan d’Everton, il finance même deux clubs de football locaux, avec le
soutien d’associations de supporters anglaises, pour leur fournir du matériel.
Le réveil fut quelque peu difficile, notamment pour Cha, qui
a difficilement digéré une saucisse au petit déjeuner. La longue route (9
heures) ne lui sera pas des plus faciles, mais l’honneur est resté sauf !
Ces neuf heures de route nous ont conduit à notre deuxième pays… Nous
reviendrons en Afrique du Sud, mais nous faisons un crochet par un petit
pays : le Swaziland. Qu’y a-t-il au Swaziland, demanderez-vous ?
Entre les paysages magnifiques, dans un environnement plus sauvage, nous
cherchons à débusquer un élément très particulier de la faune locale. Il n’a
pas de grands crocs, ni d’ailes particulièrement développées, mais il est
reconnu pour sa gentillesse extrême. Il s’agit de Donald, qui fut mon
colocataire il y a de cela plus de 10 ans. Pendant deux ans, à la fac, en
Angleterre, nous nous croisions en pyjama dans la cuisine de notre logement, où
nous partagions un repas sur fond de contes Swazis ou autres explications
culturelles venues de ce petit pays enclavé entre l’Afrique du Sud et le
Mozambique.
Arrivés au Swaziland, nous avons tout d’abord fait connaissance
avec ses routes… inégales pour le moins. Cha a conduit comme un chef entre les
potholes (nids de poule) et j’ai repris le volant pour aborder la mégalopole de
Mbabane, de la taille de… Vesoul, à peu près. Nous avons abusé de la
gentillesse d’une serveuse de café qui nous a adorablement prêté son téléphone
pour appeler Donald ou pour trouver une chambre pour la nuit. Le rendez-vous
est néanmoins pris avec notre ami, le lendemain, alors que nous nous installons
dans une guest-house dans les hauteurs de Mbabane.
Le lendemain, après des embrassades émouvantes avec Donald,
notre ami nous emmène visiter un village Swazi traditionnel, après des
explications sur l’histoire du pays, une monarchie dont le roi compte
aujourd’hui 15 femmes. Le guide de ce village est prénommé Paul
(officiellement, car il garde également un nom traditionnel, qui est le même
qu’un fleuve que son père a traversé pour retrouver la maternité où il
naissait). Paul nous fait découvrir les coutumes Swazis, comme appeler à
l’entrée du village un équivalent de « Chérie, je suis
rentré ! », afin que les femmes sachent qu’un être amical approche,
et qu’il faut tout de même se tenir correctement.
Au cri de bienvenue des femmes, nous pénétrons dans les
différentes huttes : celle des jeunes filles, celle des garçons et des
hommes célibataires, la hutte du médecin, celle de la grand-mère, dont les
délimitations se notent au nombre de cordes horizontales qui tiennent les
clôtures.
Après cette visite fascinante, où Cha a acheté un bracelet
(faut pas déconner), nous avons dit au revoir à Donald, l’Africain aux yeux
bleus, et avons pris la route en direction du Parc Kruger en Afrique du Sud.
J’aurais aimé finir le récit ici, mais l’histoire est loin
d’être terminée…
Suivant les indications de la copilote, je roule, je roule,
jusqu’à des petits sentiers. Bon, la carte n’était pas très claire, mais dans
les faits, nous nous sommes retrouvés sur un petit sentier à flanc de montagne,
boueux, caillouteux, et nous avons eu assez peur pour notre petite citadine. En
revanche, nous en avons pris plein les yeux. Cette succession de vallées, de
parcs naturels et de cols nous a offert des panoramas à couper le souffle (voir
photos). Deux heures après, nous débouchions sur du bitume (enfin !), pour
notre plus grand bonheur (et celui de notre fidèle destrier).
Nous voilà donc à Nelspruit, où nous attaquons demain une
excursion dans l’immense parc national Kruger, pour notre premier safari !
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