vendredi 14 février 2014

Premiers pas au Mozambique

Février 2014, Maputo, Mozambique

PAUL - Nous sommes bien arrivés au Mozambique ! Mais quelles péripéties avons-nous dû affronter pour en arriver là où nous sommes !

Après cette journée de repos bien méritée à Nelspruit, nous nous sommes levés à 7h du matin pour aborder le long chemin qui nous séparait de Maputo. Au programme, laver la voiture, faire le plein, la rendre à l’aéroport de Kruger Mpumalanga, imprimer (je ne sais comment) une lettre d’invitation envoyée par un ami d’ami à Maputo, prendre un bus jusqu’à la frontière, faire nos visas, arriver jusqu’à Maputo, retrouver un ami d’ami d’ami qui nous donnerait les clefs d’un appartement. La journée s’annonçait longue. 

Première étape : imprimer la lettre d’invitation nécessaire pour le visa mozambicain ; que nous avons réussi à faire dans un cyber café/centre de formation informatique à vocation associative dans un centre commercial de Nelspruit. Une dame charmante nous prie de faire comme chez nous et facture un prix d’ami. 
Nous repartons rapidement à la recherche d’une de ces « Car Wash » qui pullulent dans tout le pays… sauf dans cette foutue ville ; visiblement ! Nous en avions repéré un la veille, mais difficile de remettre la main dessus dans une ville que nous ne connaissons pas. Buppie, un vieux Afrikaner de 70 ans fait penser à Hugh Hefner, avec ses playmates noires en mini short, moussant les 4x4 des riches blancs de la ville. Devant rendre la voiture 45 mn plus tard, nous lui expliquons que nous sommes pressés, mais nous arrivons un peu tard. Après négociations, il nous fait passer avant tous les autres automobilistes, peu réjouis… que nous retrouvons au café en attendant que notre voiture soit prête. Nous retrouvons également par hasard le couple de Finlandais avec qui nous avions partagé le safari au Parc Kruger venus là pour un petit déjeuner réputé dans la ville. N’ayant pas assez d’argent sud-africain pour s’offrir qu’un modeste café, nous ne pouvons nous joindre à eux. 
Nous partons retrouver notre voiture prête à l’heure promise, remercions Buppie et ses drôles de dames et fonçons  vers l’aéroport avec 20 bonnes minutes de retard. Nous nous arrêtons cependant deux fois : pour faire le plein et parce que nous avons trouvé le moyen de nous perdre ! Bref, une demi-heure plus tard, pied au plancher, nous pénétrons sur le parking encerclé par les antilopes, de l’aéroport de Kruger Mpumalanga. Un responsable des locations de voiture opine du chef après un contrôle sommaire : tout est en règle. 

A présent, à 25 km de Nelspruit, nous devons regagner la ville pour prendre un bus jusqu’à Maputo. Aucune navette n’est disponible ; le seul moyen est une voiture avec chauffeur. Siswe, dans un costume resplendissant (littéralement, car on voyait notre reflet dans une telle parure !), nous escorte en BMW jusqu’à l’arrêt de car, en nous demandant, à nous Français, des conseils en Amour ! Nous le saluons, payons le prix fort et achetons nos billets… Non pas pour Maputo car il faut déjà posséder le visa, mais jusqu’à la frontière mozambicaine. 

Le bus ultra moderne nous y achemine en effet et nous abandonne avec nos sacs de 20 kg, au poste frontière de Ressano Garcia, bondé de centaines de personnes de toute la région. Transpirant, fatigués, nous patientons tout de même derrière un groupe de jeunes Israéliennes, à qui il manque pour chacune tel ou tel papier. Face à un douanier des plus arrogants, nous coopérons, faisant même sauter notre ceinture de dollars car nous ne nous attendions pas à une telle somme pour le visa : 85 dollars.


Une fois la frontière franchie, nous abordons le problème suivant : rejoindre Maputo, à 120 km de là. Nous négocions avec un chauffeur de bus, à qui il reste quelques précieuses places. Son second, le patron à bord, chéri de ses dames et comique pour tous, Francisco, prend plaisir à répercuter nos négociations surréalistes, pour le bonheur des autres occupants du bus. Pendant  quelques heures, nous sympathisons avec notre voisin, qui nous donne plein de conseils pour voyager au Mozambique et même dans notre étape suivante, au Malawi. Nos instructions pour la suite, données au téléphone par Pierre, qui travaille à la coopération Suisse, sont de se retrouver au restaurant Piri Piri, où nous attendrons qu’il nous apporte les clefs de l’appartement de Nathan, ami et ancien colocataire de Magali, avec qui Charlotte et moi avons travaillé il y a plus d’un an. (Ouf ! J’espère que vous suivez.) 

A peine installés à la terrasse du Piri Piri, j’entends « Paul ? ». Je me retourne et voilà que surgit des ténèbres des rues de Maputo : Fernando, avec qui j’ai travaillé en Afghanistan il y a plus de 5 ans. Il vient d’arriver et va travailler avec Médecins Sans Frontières dans la région de Tete, que notre ami du bus nous avait justement conseillé comme chemin pour le Malawi. Nous promettons donc de rendre visite à Fernando à Tete et attendons Pierre, qui débarque peu après. En un éclair, il nous liste les principales attractions de Maputo et nous installe dans l’appartement de Nathan ou plutôt un palace au 16e étage avec vue sur l’Océan Indien. 

A peine Pierre a-t-il pris congé que nous nous installons sur le balcon pour un verre de rouge bien mérité ! 


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