mardi 25 février 2014

Reportage dans la jungle

19/02/2014 - Réserve forestière de Thuma

PAUL – Arrivés à Salima, nous appelons Lynn, une irlandaise installée dans la région depuis trois ans pour gérer les activités du Wildlife Action Group (WAG), qui devrait nous acceuilir, mais seulement le lendemain. Nous logeons donc dans un « lodge » en travaux mais propre en attendant ses instructions. Elle n’appellera que le lendemain matin, pour nous avertir qu’une voiture passe nous prendre. Trois heures plus tard surgit dans la cour un Land Cruiser duquel descendent trois Européens : Reto, suisse-allemand et Lucy et Baz, un couple anglais. Ils nous annoncent qu’on va faire des courses, déjeuner puis nous rendre à la réserve de Thuma. Les courses commencent par la visite d’une clinique de soins palliatifs (dont la majorité des patients sont atteints du sida)/ Pour nous accueillir, Brendan, le jardinier irlandais, nous fait un tour du jardin botanique à vocation médicinale. Il forme des jeunes de la région à entretenir ces plantes spectaculaires, qui aideront les patients de la clinique à mieux vivre leurs derniers instants.

Après des courses de provisions interminables, nous prenons enfin la route pour Thuma, la réserve forestière… Enfin, la route… plutôt la piste sablonneuse et rocailleuse, assis à l’arrière du 4x4  avec nos sacs, les courses et les autres occupants qui entament une valse effrénée.

Une heure après, nous arrivons au campement du WAG. En plein milieu de la jungle, quelques huttes de terre parsèment un grande clairière. Nous entendons des gens jouer au football dans un coin pendant que nous déchargeons le 4x4 des courses et de nos sacs. Lynn nous accueille à bras ouverts et nous dirige vers nos appartements : une chambre basique mais charmante, sous un toit de chaume, en face de la cabane commune.  Ce soir là, c’est dîner entre volontaires : Reto, Lucy, Baz, nous et Till, un jeune allemand qui connait le Malawi comme sa poche et Elke, une autre allemande, qui a passé la plus grande partie de sa soixantaine en Afrique.

Nous nous  retrouvons ici sans avoir parlé à Lynn de la raison de notre visite. Nous avions échangé quelques emails les mois précédents, après qu’une amie, Sophie, nous ait raconté avec grand enthousiasme, la superbe expérience qu’elle garde de son séjour en tant que volontaire au sein de l’équipe de Lynn. Le WAG est une organisation qui lutte contre la déforestation et le braconnage (notamment des défenses d’éléphant, nombreuses dans la réserve), qui affectent cette foret. Nous l’avons contacté en amont pour lui proposer nos services de communication.

A l’issue d’un dîner fort sympathique, au sommet d’un énorme rocher surplombant la jungle magnifique de Thuma, nous décidons ensemble que nous accompagnerons une équipe de « scouts » (rangers) lors d’une patrouille dans la jungle le lendemain matin. Debout à 7 heures, nous nous retrouvons au centre du campement, face à une vingtaine d’hommes en tenue militaire, certains armés de fusils à pompe. Lynn surgit de sa hutte et commence le brief de la journée pour son équipe. Certains vont faire un recensement des bambous, en notant les coordonnées GPS de chaque pousse afin de faire le suivi. Une petite équipe de 4 rangers partira pour la patrouille quotidienne avec une équipe de tournage : NOUS !

En effet, armés de la caméra GoPro (merci Papa et Catherine pour ce prêt !), nous accompagnons la patrouille, en vue de faire un reportage ou une vidéo promotionnelle du WAG. La patrouille, qui ressemble à une randonnée intense, nous permet de discuter avec les scouts des problématiques de la région : très pauvres, les habitants n’ont d’autre choix que de couper les arbres, protégés, et de chasser les animaux, protégés, de la réserve pour survivre. Soucieux de défendre la loi et la biodiversité de la réserve naturelle, les scouts ont l’autorité d’arrêter les contrebandiers.

Ponctuée de longues pauses à l’abri d’un soleil plombant, à observer les éléphants, la patrouille est tout de même assez difficile : nous sommes assaillis par les mouches tsé-tsé (non porteuses de la maladie du sommeil, fort heureusement) et des herbes hautes, porteuses, elles, de pollen, pour le plus grand bonheur de mon rhume des foins, qui resurgit de manière insoupçonnée mais pas moins violente.

Satisfaits de nos images et soulagés de la fin de cette balade très sportive, nous retrouvons le campement et faisons le pied de grue devant le bureau de Lynn afin de l’interviewer. Alors qu’une pluie battante s’abat sur Thuma, nous préparons notre montage en attendant qu’elle se libère. L’interview se passe bien et nous finalisons la vidéo, en attendant la petite fête qui se prépare pour remercier Elke, sur le départ. Le délicieux barbecue constitue une pause bien méritée dans notre lutte acharnée pour faire de notre premier travail du voyage quelque chose d’acceptable. Sans électricité, éclairés à la bougie, mais avec la compagnie de papillons de nuit gros comme des moineaux, nous travaillerons jusque tard dans la nuit.

Le lendemain, tôt, Lynn doit emmener Elke à la gare de bus. Nous en profitons pour reprendre la route. En chemin, nous livrons à Lynn le fruit de notre labeur (une vidéo et quelques photos) et nos chemins se séparent, non sans émotion après une journée intense.


Nous attendons quelques heures, en apprenant à des jeunes à la gare de bus comment jouer à la bataille corse. Nous reprenons ainsi la route pour Nkhata Bay, un havre paradisiaque au bord du Lac Malawi.











Arrivée au Malawi

19/02/2014 Salima

CHA - A 7h du matin une voiture nous attendait pour nous emmener au bus qui lui doit nous faire traverser la frontière. Incroyable mais vrai, on passe la frontière en 30mn top chronos ! Et nous voici au Malawi ! 4eme pays !

Autre bus pour Blantyre, histoire de dormir quelque part avant d’attaquer réellement ce pays. Petite ville sans grand intérêt surtout que nous sommes arrivés un dimanche. Dès le lendemain, on trace vers Lilongwe ou nous logeons dans une auberge très sympa surtout pour sa cuisine/restaurant tout en chaume, cachée au fond du jardin ou l’on déguste un riz à la ratatouille un peu trop épicé à mon gout mais très bon.


La journée du lendemain est consacrée à la découverte de la ville. On se balade dans un marché d’artisanat ou je craque pour trois bracelets en bois (Et bien sûr, je me plante dans le conversion en euros et me rend compte 15mn après que non, je n’ai pas payé mes bracelets 4€ mais bien 12€…) Pour me consoler, Paul m’invite à déjeuner chez Ali Baba. Petit restaurant sans prétention mais sympa. 

Une nuit de plus à Lilongwe et on part vers Salima (en bus, encore en bus, toujours en bus) ou nous sommes censés retrouver Lynn Clifford, manager d’une association qui protège la faune et la flore dans la réserve de Thuma. 

lundi 17 février 2014

Sur un coup de Tete

Lundi 17 février, Tete, Mozambique

PAUL – Il aura fallu deux jours de voyage en bus, assez chaotiques, pour rallier Tete. La première étape : Vilankulo – Chimoio, a pris toute la journée, avec rebondissements. Levés à 3h30, un garde de notre auberge nous accompagne jusqu’à la station de bus. Le départ est annoncé à 5h, mais on nous conseille d’arriver avec une demi-heure d’avance. Arrivés à 4h10, nous sommes les premiers… Enfin, c’est ce que nous croyons. 

Quinze minutes plus tard, le chauffeur, qui dormait dans le bus, s’éveille. Alors qu’il se bat contre le sommeil et qu’il s’affaire à préparer son carrosse, des ombres surgissent des ténèbres. Quelques personnes, qui ont passé la nuit sur le parking, commencent à encercler le bus, avec de multiples affaires. Fera-t-on tout rentrer ? En tout cas, le chauffeur a déjà trouvé la solution : il monte sur le toit et fait hisser les bagages les plus encombrants, avec l’aide de son assistant, l’« operador », qui gère les arrêts, les billets, ainsi que les relations générales avec les voyageurs. Le bus ne part pas à l’heure, bien entendu : il attend d’être rempli (à ras-bords) avant de partir, sûr de rentabiliser le voyage. Mal assis sur des banquettes qui rappellent davantage une barre de fer que des sièges, nous quittons Vilankulo à 5h30.

Deux heures plus tard, nous apercevons une longue file de véhicules arrêtés des deux côtés de la route. Le bus s’aligne derrière les autres, le chauffeur coupe le contact. L’operador m’explique qu’un convoi militaire va passer sur la route ; nous en avons pour une heure d’attente, tout au plus. Les passagers descendent tour à tour et étendent leur pagne dans les rares coins d’ombre que propose cette route, en plein milieu de nulle part. Nous nous dépêchons d’en faire de même avant que toute l’ombre soit prise d’assaut. Nous lisons (je me suis mis à Harry Potter, pour le bonheur de Cha), alors que de plus en plus de voitures s’alignent sur le bas-côté et qu’une petite foule de personnes s’affaire, à vendre boissons fraîches et chaudes, cacahuètes, fruits et légumes… Une petite ville est née !

Ce n’est que deux heures plus tard que passe le convoi, ou plutôt quatre pickups avec des soldats armés jusqu’aux dents. Tout. Ça. Pour. Ça. Tout le monde remonte dans son véhicule ; nous reprenons la route.
Nous arrivons assez tard à Chimoio. Suffisamment à l’heure pour acheter notre billet pour le lendemain et pour s’écrouler à l’auberge Pink Papaya, tenue par une ancienne infirmière allemande, fort sympathique.
Nos bagages hissés sur le toit de notre nouveau bus, nous prenons place à 5 heures du matin (partons une heure après, normal) et abordons la dernière étape, sans histoires, avant Tete.

Peu après notre arrivée, le traditionnel Land Cruiser « Médecins Sans Frontières » s’arrête devant nous, et de là surgit Fernando, mon ancien collègue en Afghanistan, en 2008.

CHA – Et hop, je reprends la main pour raconter notre escapade à Tete ! Nous avons été reçus comme des rois par Fernando, qui nous a laissés sa maison toute l’aprem pour nous reposer, puis nous a amenés en balade dans la ville.

Logés dans une guesthouse MSF aux allures de palace pakistanais fait de faux marbre kitsch et de déco pour le moins étrange, nous étions trop bien installés ! Soirée bière au bord du Zambèze, face au pont qui relie les deux parties de la ville et dîner dans un petit restau avant une bonne nuit de sommeil. Résultat : en super forme le lendemain, on part à la découverte de la ville, le marché, le supermarché, la rue principale, etc. J’ai beaucoup aimé cette ville, même si, effectivement, comme le disent de nombreuses personnes, il n’y a pas grand-chose à faire. Mais je l’ai trouvée accueillante, vivante et pas trop grouillante de monde. Bref, j’ai bien aimé !

Fernando nous donne rendez-vous en fin d’après-midi chez lui pour quelques bières avant d’aller découvrir « Tete by night », c’est-à-dire d’aller faire un tour dans les discos de l’autre côté du pont. A peine partis de la maison pour le rejoindre, l’orage éclate, déversant dans les rues de Tete (et sur nos têtes) des trombes d’eau qui se transforment en gadoue et inondent les trottoirs. Histoire d’en rajouter une couche, nous nous perdons et sommes obligés d’appeler Fernando qui nous expliue que nous sommes déjà passés devant la maison et qu’il faut faire demi-tour. Bon… arrivés trempés, on se sèche et on entame l’apéro, avant qu’un ami d’ami nous emmène en voiture dans un bar où nous rencontrons la jeunesse de Tete. La musique à fond les ballons, difficile de faire connaissance mais je suis quand même invitée à danser !


Le départ du lendemain étant prévu tôt, nous ne faisons pas de vieux os, et à minuit nous sommes au lit afin d’être fin prêts à affronter le Malawi.

vendredi 14 février 2014

Anniversaire sous les mers

Fevrier 2014 - Vilankulo, Mozambique

PAUL - C’est donc après un nouveau voyage en mini-bus (le fameux chapa, mais seulement 4 heures, celui-ci), serrés entre enfants, vieillards et mamas, que nous avons atteint Vilankulo, décrit dans le guide comme la dernière étape touristique sur la côte sud mozambicaine. 

Réveillés tôt, nous avons d’abord pris un « barco pequenho » (petite barque où s’entasse une cinquantaine de personnes) pour traverser la baie d’Inhambane. Mon anniversaire commençait bien ! 
Mais il a pris une tournure que l’on peut qualifier d’idéale quand nous avons poussé la porte de l’auberge Zombie Cucumber à Vilankulo.

La patronne, Valérie, une Française installée ici depuis 3 ans, nous installe dans une petite hutte au toit de chaume (avec salle de bain à ciel ouvert) et prépare un dîner somptueux composé d’un plateau de fruits de mer et d’une bonne bouteille de blanc sud-africain. Dessert surprise : une Charlotte à l’ananas avec chant de Joyeux Anniversaire en portugais… Quoique gêné, j’étais comblé par toutes ces attentions. Nous avons fini la bouteille dans la piscine (nous étions les seuls clients), et peut-être même entamé une deuxième !

Le lendemain, Charlotte m’emmène découvrir mon cadeau d’anniversaire : mon baptême de snorkelling (plongée avec tuba). C’est Sabrine, une autre Française, mais installée ici depuis 7 ans avec son compagnon Denis, qui passe nous prendre. C’est Denis qui va nous accompagner ; il nous présente les autres plongeurs. Parmi eux, suprise ! Tuomas, le Finlandais avec qui nous avions fait le safari au Parc Kruger (voir le post « Safarigoler » du 4 février). Après de nouvelles embrassades, nous partons découvrir les récifs coralliens. 

Après une traversée de 45 minutes en zodiac, nous découvrons l’archipel de Bazaruto, un ensemble d’îles toutes plus paradisiaques les unes que les autres. Alors que Tuomas, plongeur expérimenté, part sous les mers avec Denis, Charlotte, moi et un charmant couple de Tanzanie découvrons les milliers d’espèces sous-marines au pied du récif. Etoiles bleues, coraux de toutes les couleurs, poissons de formes et de couleurs jamais vues… Nous en prenons plein les yeux… et le nez d’eau de mer, mais ce n’est que du bonheur !

A l’heure du déjeuner, nous découvrons l’île de Bazaruto et son immense dune, que nous nous dépêchons d’escalader… Et Charlotte de dévaler ensuite en roulé-boulé. Mais quelles vues de là-haut ! Si je vous dis sable blanc et eaux de divers degrés de turquoise, je continue ? Bref, cessons les méchancetés.

Alors que le couple tanzanien profite de l’après-repas pour faire la sieste, Charlotte et moi repartons en expédition sous-marine, cette fois équipés de la GoPro ! Vidéo à suivre, prochainement ! En guise de bande-annonce, sachez que j’ai vu quelques espèces insoupçonnées, telles qu’un bipède à palmes et tuba particulièrement intéressant !

Assez lessivés par cette journée, nous reprenons le zodiac pour regagner le continent. Ce furent 45 minutes littéralement houleuses, à trancher les vagues menaçantes de l’Océan Indien, cramponnés aux rigoles, mais, je vous rassure, tout le monde a gardé son quatre heures, et son midi aussi !

Sabrina nous a accueillis à quai, avec du café, du thé et de somptueux beignets au bon parfum de boulangerie française. Nouvelle embrassade avec Tuomas, que nous ne devrions pas revoir de sitôt, normalement… ainsi qu’avec les Tanzaniens, originaires de Goa en Inde. Que de bonnes adresses pour la suite du voyage !

Nous avons fini la journée en achetant nos billets de bus pour le lendemain, avant de revenir en traversant les quartiers populaires de Vilankulo. Une véritable « plongée » dans l’Afrique plus authentique, cette balade nous fait découvrir un petit marché, et notamment un boucher, où trônait en guise de trophée une belle tête de chèvre fraîchement découpée, ainsi qu’autres « membres » de la faune locale.

Demain, nous partons pour Tete, où nous attend Fernando, mon ami croisé à Maputo, qui travaille pour Médecins Sans Frontières. Ce sera la dernière étape au Mozambique, car après nous attaquerons le Malawi !


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Vasco de Gama, surveillant de parking

Février 2014 - Inhambane - Tofo

CHA - La journée du samedi ne fut pas très mouvementée puisque nous avons fait 7h30 de bus, où, soit dit en passant, les sièges étaient tellement petits que je ne pouvais y poser qu’une fesse. Pratique n’est-ce pas ? Arrivée à Inhambane, petit tour dans la ville et diner à l’auberge.

Dimanche, nous avons pris plus de temps pour visiter la ville, très jolie par ailleurs ! Son marché, son théâtre, ses vieilles bâtisses coloniales mais surtout la statue de Vasco de Gama qui trônait à l’époque dans le port de la ville, et qui aujourd’hui a échappé à la destruction lors de l’indépendance et a été mise au vert dans… une décharge publique de voiture. Au milieu des carcasses rouillées, Vasco règne donc sur son univers d’un regard serein. Etrangement bizarre !

Après cette rencontre du troisième type, hop, on saute dans un chapas et zou, direction Tofo et sa fameuse plage de sable fin. Finalement, Tofo est une station balnéaire des plus communes (charmante tout de même) et n’ayant pas prévu de surfer (oui, ils sont là aussi les surfeurs !) ni de plonger, nous nous posons à le terrasse du Dino’s Beach Bar. Une petite salade et quelques heures après, on se décide à quitter cette terrasse sur laquelle on était finalement pas mal pour prendre le chapas de retour et rentrer dormir à l’auberge.

La surprise du jour : on arrive pile poil pour le coucher du soleil en face de l’auberge sur la jetée et apparemment tous les jeun’s de la ville ont eu la même idée que la nôtre. C’est donc la musique à fond les ballons (Rihanna...) diffusée par les haut-parleurs des gros 4x4 et dansant au milieu de la rue que le samedi soir commence pour la jeunesse d’Inhambane (ne me demandez pas comment on appelle les habitants d’Inhambane, je ne sais pas !). Nous, plus soft, après quelques bières, on part se coucher afin d’être prêt pour… Vilankulo !


(Il m’a fallu trois jours pour retenir le nom de cette ville alors j’ai décidé de l’appeler Valparaiso. Oui, ça n’est pas la même chose, c’est à des milliers de kilomètres, mais je n’arrive pas à me souvenir du nom de cette ville. Pourquoi ? Je ne sais pas, je fais des blocages parfois… pas ma faute !) 














A la découverte de Maputo

Février 2014, Maputo, Mozambique

CHA - Après un petit déjeuner à terrasse du café en bas de l’appartement, nous partons à la découverte de la ville sur les conseils de Pierre, nous passons nous enregistrer à l’ambassade de France qui se situe au bout de la rue principale ce qui nous permet de faire une pierre deux coups : découverte et sécurité. 

Après nous être perdus sur la corniche (enfin, pas perdu, on a juste fait un détour de 45mn sous un soleil de plomb, c’est tout..), on prend un rickshaw (sorte de pousse-pousse) et nous filons à la gare de Maputo qui paraît-il vaut le détour ! Et effectivement ! Construite par un disciple et associé de Gustave Eiffel, on rentre à Paris dès qu’on passe la porte. Avec sa grosse horloge et ses arcades faites de poutre métallique, la gare ressemble vraiment à ses vieilles homologues parisiennes. Ne manque plus qu’on contrôleur annonçant d’une voix criarde « la train en direction de Trifouillis Les Oies partira quai 12 ». Ravi de cette escapade, nous nous arrêtons boire un coca dans le café de la gare ou les tables sont disposées directement sur les quais. Ce café est en fait The Place To Be le week-end puisque c’est une boîte de nuit où l’on danse toute la nuit directement sur les quais ou dans les vieux trains stationnés face au bar. 

Après ce retour « aux sources parisiennes », nous quittons la gare et allons visiter le fort situé en pleine ville. Pas trop d’intérêt, je l’avoue. Puis nous sommes rentrés nous poser un peu avant de ressortir pour le diner. Diner qui s’est soldé par un gros échec puisque toutes les terrasses étaient prises d’assaut et que les restaurants fermaient à 20h30. Nous avons donc diné à nouveau au Piri-Piri et sommes rentrés tôt. 

Grasse mat le lendemain puis dej au marché aux poissons. A peine le taxi arrêté, on nous saute dessus à travers les vitres « Amigo, Amiga, par ici, par-là ». On essaie d’échapper à cet assaut mais impossible. Ils nous suivent même jusque dans le marché, nous vantant les mérites de leurs poissons, calamars et autres fruits de mer. Je ne suis pas très à l’aise dans ce genre de situation où l’on sent qu’on est vraiment, mais vraiment, des « distributeurs de sous » mais je sais que c’est le jeu. Malgré cela, je leur fait comprendre que « stop », je ne peux même pas regarder les étals puisqu’ils sont tous pressés autour de nous. On finit par céder à Joseph (un des premiers à avoir compris qu’il valait mieux nous laisser tranquilles) et on se commande 12 grosses crevettes qu’il part nous cuisiner tandis qu’on s’installe à l’ombre d’un grand arbre. 

Les crevettes dévorées (grillées au barbecue avec des épices et un filet d’huile d’olive, un régal !) on repart pour une ballade au marché des artisans où je craque et m’achète une robe/jupe (un moindre mal puisqu’une girafe d’un mètre vingt me faisait de l’œil depuis le début !).


Passage chez un pâtissier français pour acheter des gâteaux en guise de remerciement pour notre hôte puis retour à l’appart. On décide d’aller dans un resto à poissons que nous a conseillé Pierre. Et quelle bonne idée ! Bon, on a un peu explosé le budget mais on n’a pas tous les jours l’occasion de manger la spécialité du chef qui s’avère être des pates maison accompagnées d’un homard. Oui, oui, et ça sur une table face à la baie de Maputo, les pieds dans l’eau. Merci Pierre pour le bon plan ! 

Et voilà, Maputo, c’est fini. Ce que j’en retiendrais : ville très chouette avec des merveilleuses surprises que l’on ne soupçonne pas et qui restent bien cachées aux yeux des touristes ! Et tant mieux !  











Premiers pas au Mozambique

Février 2014, Maputo, Mozambique

PAUL - Nous sommes bien arrivés au Mozambique ! Mais quelles péripéties avons-nous dû affronter pour en arriver là où nous sommes !

Après cette journée de repos bien méritée à Nelspruit, nous nous sommes levés à 7h du matin pour aborder le long chemin qui nous séparait de Maputo. Au programme, laver la voiture, faire le plein, la rendre à l’aéroport de Kruger Mpumalanga, imprimer (je ne sais comment) une lettre d’invitation envoyée par un ami d’ami à Maputo, prendre un bus jusqu’à la frontière, faire nos visas, arriver jusqu’à Maputo, retrouver un ami d’ami d’ami qui nous donnerait les clefs d’un appartement. La journée s’annonçait longue. 

Première étape : imprimer la lettre d’invitation nécessaire pour le visa mozambicain ; que nous avons réussi à faire dans un cyber café/centre de formation informatique à vocation associative dans un centre commercial de Nelspruit. Une dame charmante nous prie de faire comme chez nous et facture un prix d’ami. 
Nous repartons rapidement à la recherche d’une de ces « Car Wash » qui pullulent dans tout le pays… sauf dans cette foutue ville ; visiblement ! Nous en avions repéré un la veille, mais difficile de remettre la main dessus dans une ville que nous ne connaissons pas. Buppie, un vieux Afrikaner de 70 ans fait penser à Hugh Hefner, avec ses playmates noires en mini short, moussant les 4x4 des riches blancs de la ville. Devant rendre la voiture 45 mn plus tard, nous lui expliquons que nous sommes pressés, mais nous arrivons un peu tard. Après négociations, il nous fait passer avant tous les autres automobilistes, peu réjouis… que nous retrouvons au café en attendant que notre voiture soit prête. Nous retrouvons également par hasard le couple de Finlandais avec qui nous avions partagé le safari au Parc Kruger venus là pour un petit déjeuner réputé dans la ville. N’ayant pas assez d’argent sud-africain pour s’offrir qu’un modeste café, nous ne pouvons nous joindre à eux. 
Nous partons retrouver notre voiture prête à l’heure promise, remercions Buppie et ses drôles de dames et fonçons  vers l’aéroport avec 20 bonnes minutes de retard. Nous nous arrêtons cependant deux fois : pour faire le plein et parce que nous avons trouvé le moyen de nous perdre ! Bref, une demi-heure plus tard, pied au plancher, nous pénétrons sur le parking encerclé par les antilopes, de l’aéroport de Kruger Mpumalanga. Un responsable des locations de voiture opine du chef après un contrôle sommaire : tout est en règle. 

A présent, à 25 km de Nelspruit, nous devons regagner la ville pour prendre un bus jusqu’à Maputo. Aucune navette n’est disponible ; le seul moyen est une voiture avec chauffeur. Siswe, dans un costume resplendissant (littéralement, car on voyait notre reflet dans une telle parure !), nous escorte en BMW jusqu’à l’arrêt de car, en nous demandant, à nous Français, des conseils en Amour ! Nous le saluons, payons le prix fort et achetons nos billets… Non pas pour Maputo car il faut déjà posséder le visa, mais jusqu’à la frontière mozambicaine. 

Le bus ultra moderne nous y achemine en effet et nous abandonne avec nos sacs de 20 kg, au poste frontière de Ressano Garcia, bondé de centaines de personnes de toute la région. Transpirant, fatigués, nous patientons tout de même derrière un groupe de jeunes Israéliennes, à qui il manque pour chacune tel ou tel papier. Face à un douanier des plus arrogants, nous coopérons, faisant même sauter notre ceinture de dollars car nous ne nous attendions pas à une telle somme pour le visa : 85 dollars.


Une fois la frontière franchie, nous abordons le problème suivant : rejoindre Maputo, à 120 km de là. Nous négocions avec un chauffeur de bus, à qui il reste quelques précieuses places. Son second, le patron à bord, chéri de ses dames et comique pour tous, Francisco, prend plaisir à répercuter nos négociations surréalistes, pour le bonheur des autres occupants du bus. Pendant  quelques heures, nous sympathisons avec notre voisin, qui nous donne plein de conseils pour voyager au Mozambique et même dans notre étape suivante, au Malawi. Nos instructions pour la suite, données au téléphone par Pierre, qui travaille à la coopération Suisse, sont de se retrouver au restaurant Piri Piri, où nous attendrons qu’il nous apporte les clefs de l’appartement de Nathan, ami et ancien colocataire de Magali, avec qui Charlotte et moi avons travaillé il y a plus d’un an. (Ouf ! J’espère que vous suivez.) 

A peine installés à la terrasse du Piri Piri, j’entends « Paul ? ». Je me retourne et voilà que surgit des ténèbres des rues de Maputo : Fernando, avec qui j’ai travaillé en Afghanistan il y a plus de 5 ans. Il vient d’arriver et va travailler avec Médecins Sans Frontières dans la région de Tete, que notre ami du bus nous avait justement conseillé comme chemin pour le Malawi. Nous promettons donc de rendre visite à Fernando à Tete et attendons Pierre, qui débarque peu après. En un éclair, il nous liste les principales attractions de Maputo et nous installe dans l’appartement de Nathan ou plutôt un palace au 16e étage avec vue sur l’Océan Indien. 

A peine Pierre a-t-il pris congé que nous nous installons sur le balcon pour un verre de rouge bien mérité ! 


mardi 4 février 2014

Safarigoler ! (Paul...)

4 février 2014, Nelspruit, Afrique du Sud

CHA - Aujourd’hui, c’est le weekend ! On a décidé de se prendre une journée de break avant d’attaquer le Mozambique. Histoire de : 1. Faire une machine, 2. Vous donner des nouvelles, 3. Recharger les batteries de nos divers appareils, ainsi que les nôtres, 4. Refaire les sacs, etc. La machine étant lancée, je m’installe confortablement à l’ombre (parce qu’il fait déjà 22° et qu’il n’est que 9h) pour vous raconter notre premier safari.

Donc, hier matin, dimanche, départ à l’aube pour une heure de route en direction de la porte du Kruger. Arrivés sur place, petit déjeuner light avant de se lancer pour une balade de 4 heures. Nous avons finalement décidé de prendre un tour que propose notre auberge de deux jours/une nuit car nous n’étions pas assez préparés pour le faire nous-mêmes et que nous ne connaissions pas l’état des routes (après notre mésaventure de la veille, la voiture avait bien besoin de se reposer !) La matinée fut bien chargée, puisque nous avons eu l’occasion de croiser des hippos, des girafes, des antilopes, des babouins, des zèbres… Super pour une première matinée ! Pause dej, où nous avons fait connaissance avec un couple de Finlandais très sympa qui nous accompagne pour le safari. Puis retour dans la voiture pour une autre balade de 4 heures. Beaucoup de voiture, quand même !

Au menu de l’après-midi : des rhinos, des girafes, et une belle frayeur, pas pour nous, je vous rassure, mais pour la toute petite voiture que l’on croise sur la route, et ses occupants, pétrifiés de peur face à un ENORME éléphant se baladant tranquillement au milieu de la route. Ils ne savaient pas comment réagir et étaient bien contents de nous voir arriver avec notre guide, qui sillonne le parc depuis plus de 10 ans. Ils se sont donc calés derrière notre voiture et nous ont suivis un petit bout de temps, histoire, à mon avis, de se remettre de leurs émotions.

Journée plutôt bien chargé niveau animaux, puisque l’on a vu tous les principaux. Il ne manque plus que les Big Cats : tigres, lions, etc. Ce sera pour demain !

Petite baignade dans une piscine au cœur du Kruger puis diner avec tout le groupe. Nous sommes 9 en tout : le guide et ses chemises très « Madiba Power », les deux Finlandais et quatre Allemands assez bavards, je l’avoue. Puis dodo à 20h30, réveil matinal oblige ! 

Debout à 4h30, une petite douche, en compagnie de papillons et d’araignées, et zou ! On part à la recherche des gros chats qui chassent la nuit, et tôt le matin. On roule, on roule, on roule, on voit un magnifique lever de soleil, on roule, on roule, on s’arrête prendre un petit déjeuner, on roule, on croise des girafes et des rhinos, on roule… Et toujours pas de gros chats. Pause dej en croisant les doigts pour l’aprem, et c’est reparti ! 
La patience n’étant pas ma qualité première, je commence à trouver le temps un peu long. Mais je sais que cela fait partie du jeu, et pour avoir la chance de croiser un animal, il faut attendre patiemment.

L’après-midi ne nous apportera donc pas de gros chats, mais plein de girafes, de rhinos et de babouins ; sans oublier les antilopes, pas farouches, qui pullulent sur la route. 
Notre safari touche à sa fin, et malgré la « déception » de ne pas avoir vu de Big Cats, nous sommes ravis de cette escapade au milieu de la savane. Beaucoup de personnes (non, les Boni, ne vous sentez pas visés J!) nous avaient décrit le Kruger comme un endroit magique, où la nature a tous les droits. Après avoir passé deux jours là-bas, je suis tout-à-fait d’accord avec eux ! Même si le temps est un peu long quand on ne croise que de la brousse pendant deux heures, et même pas une petite antilope.

Le patron de l’auberge vient nous chercher pour nous ramener. Sa conduite, « africaine », comme il dit, ressemble fort à cette des Libanais : aller le plus vite possible, rouler le moins droit possible et frôler les passants le plus possible. Etant habituée, et Paul aussi, pas de soucis pour nous. Mais les quatre Allemands sont crispés sur leur siège, et c’est assez drôle à voir. Je suis médisante, car je ne faisais pas non plus la maligne à Beyrouth au début.

Petit diner à l’auberge, cuisiné par nos soins (marre des restaurants et beaucoup moins cher) : des pâtes et coucher tôt.

Aujourd’hui : weekend, et demain : Mozambique