PAUL – Au bord de la Route 66, que nous traversons à pied,
se tient une cantina mexicaine. Alors que nous approchons, la porte s’ouvre et
en sort un homme, grand Stetson blanc vissé sur le caillou, chemise blanche,
jean, santiags avec éperons, et surtout une moustache à faire frémir tout
pied-tendre des Village People qui croise son chemin. Il monte son destrier,
une Chevrolet Silverado rehaussée et taille la route, laissant un nuage de
poussière derrière lui. Nous entrons dans la cantina bondée de cowboys et
commandons deux Bud’, que nous buvons sur le porche, face au coucher de soleil
doré sur la plaine infinie. Pas de doute, nous sommes au Texas.
Là où les cowboys règnent encore en maîtres sur une terre
sèche, nous foulons ces prairies avec nos baskets et notre petite Kia (bon, y
avait pas de promo sur les chevaux) jusqu’à la ville de Lubbock, terre natale
de Buddy Holly. Nous y retrouvons Neil, un ami de la fac, en Angleterre, d’il y
a plus de dix ans. Il est aujourd’hui installé ici avec sa femme, son fils,
mais aussi sa belle-mère, sa « belle-grand-mère » ainsi que quatre
chiens. C’est donc toute une tribu qui nous accueille le temps d’une soirée et
d’une nuit texane, sous le signe de la nostalgie et des souvenirs d’une vie
passée.
Après ce moment fort sympathique, nous continuons de tracer
notre trait en travers de cet Etat gigantesque, jusqu’à Austin, dont on nous a
vanté les mérites. Malheureusement, nous passons littéralement à côté d’Austin,
par manque de logements abordables. Ce n’est que de l’autre côté de la ville
qu’un panneau en forme de cactus attire notre attention : « Ghost
Burgers »… Puis un deuxième : « Ghost Town »… Nous décidons
de suivre les panneaux, nous enfonçant une fois de plus dans la plaine déserte
du Texas, sans savoir où nous allons. Quelques minutes plus tard, nous posons
le pied devant ce qui ressemble, en effet, à une ville fantôme. Nous poussons
les portes battantes du saloon et trouvons une dame affairée derrière le bar.
Nous lui demandons s’il est possible de camper dans les environs.
« Attendez, nous répond-elle, je vais appeler le Sheriff George. »
Peu après, déboule dans le saloon un sexagénaire affublé d’une chemise
hawaïenne et de l’éternel chapeau. « C’est simple, nous dit-il, vous
prenez un burger et une bière, et je vous laisse camper dans le fort. »
Le fort ?
Depuis 15 ans, George construit sur son temps libre cette
ville fantôme et en fait un centre de loisirs pour groupes, familles, mariages,
divorces… C’est le weekend ; un chanteur de country va jouer ce soir pour
la dizaine de visiteurs. Une véritable ville du Far West, Austin Ghost Town a
son épicerie, son barbier, son médecin, son fossoyeur et même un labyrinthe, un
cinéma en plein air… et un fort, que l’on peut imaginer, assiégé de
peaux-rouges attaquant en rond pour une vieille histoire de burger pas cuit. Et
c’est là-dedans que nous pouvons planter notre tente.
Nous passons une très bonne soirée à chanter de la country,
à manger des grillades à peine retirée du barbecue et à boire des Lone Star
dans un gigantesque décor de cinéma. Le lendemain, nous sommes seuls, ce qui
rajoute à la sensation « fantôme ». Nous prenons donc la route pour
la Louisiane et son bayou.
Après deux jours et une nuit à rouler parmi les marécages,
nous arrivons à la Nouvelle-Orléans, que nous nous empressons de découvrir sur
le champ. Nous prenons un street-car jusqu’au « Quartier Français »
et tombons dans la rue de la débauche et de la fête qu’est devenue Bourbon
Street. Entre les femmes peu vêtues, les millions de litres d’alcool déversés
et les volutes de fumée indéfinissables, nous sommes surpris, c’est peu dire.
Nous qui nous attendions à
des
crocodiles jouant du jazz… Mais des crocodiles, nous en verrons. Nous
passons par Royal Street (pas nommée après Ségolène, j’imagine) et arrivons à
Decatur, où nous trouvons une terrasse à notre goût, où joue un groupe de jazz
avec un chanteur à la voix de Louis Armstrong. Nouvelle-Orléans, nous
voici !
Ce « quartier français » nous ravit, avec ses rues
pavées, ses maisons coloniales, ses antiquaires, ses cafés, ses boutiques
insolites, son esprit de bohème, teinté de cette sympathie ambiante, secret
bien caché du sud des Etats-Unis.
Nous finirons notre deuxième jour de balade dans le plus
ancien bar du quartier, où la police montée vient abreuver ses chevaux. Nous
sommes accoudés au grand piano, et un très bon duo livre aux clients
enthousiastes tous les classiques.
Le lendemain, nous partons à la découverte du bayou, guidés
par le fils d’Annie Miller, chasseuse de toutes les espèces et qui a rendu le
bayou accessible au public. Luttant contre les effets secondaires d’une bonne
soirée, nous nous laissons emporter dans cette découverte d’un mode de vie
quelque peu différent. Nous ne voyons que très peu d’alligators, mais apprenons
beaucoup sur la vie du bayou, de sa faune et de sa flore. Une balade un peu
humide (c’est la saison des ouragans) mais passionnante.
Après, nous mettons le cap sur la Floride, où nous attendent
Sandrine, une française rencontrée en Birmanie et au Laos, ainsi que Harry
Potter !
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| Austin Ghost Town |
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| Coucher de soleil sur la ville fantôme |
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| On ne sait jamais, autant se tailler un cerceuil sur mesure |
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| Concert de country rien que pour nous |
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| La Louisiane post-Katrina |
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| Mais c'est beau quand même |
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| La Nouvelle-Orléans... |
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| ... Son marché "français"... |
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| ... Son bar historique |
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| Le héron du bayou |
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| Les chasseurs d'alligators |
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| La saison des ouragans (ce n'est pas du noir et blanc !) |
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| La bayou, inquiétant mais beau |
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| L'envol du héron |
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| Retour à la Nouvelle-Orléans et à ses flics fumeurs de cigares |
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| La petite parade d'avant match |
Génial, ces destinations me tentent beaucoup aussi !! Dommage que vous n'ayez pas eu le temps de prendre le premier cowboy en photo (celui qui sortait du saloon) ;) Profitez bien de la Floride les cocos !
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