PAUL – Dimanche 23 mars, à 18h, notre vol pour Colombo (en
passant par Addis Abeba et Bombay) nous attend. A l’heure et confortables, les
deux premiers vols nous laissent sans accroc à Bombay, à 4h du matin. Fatigués,
nous appréhendons surtout cette escale de 22 heures. Et elle ne sera pas
heurts.
Nous arrivons tout d’abord dans le couloir de débarquement,
où les agents de l’aéroport notent nos correspondances, avant de nous faire
patienter une demie heure… entourés de moustiques (oui, dans l’aéroport). Ils
reviennent dans le sas qui donne sur le terminal, mais leurs badges ne
fonctionnant pas, ils se retrouvent coincés derrière la porte de verre jusqu’à
ce qu’un autre agent passe par là, par hasard. Ça commence bien.
Chose faite, ils nous accompagnent dans la sinistre salle
des transferts, où ils prennent connaissance de notre malheur. « Ah !
Votre vol est demain, à 3h… Nous sommes embêtés ; vous ne pouvez rester
ici plus de 15 minutes et vous ne pouvez pas accéder au hall de transit avant l’enregistrement
de votre vol, soit trois heures avant le départ. » En théorie, nous devons
rester dans cette salle d’attente, sans eau et sans nourriture, pendant 19
heures.
On prend nos passeports et on nous promet de trouver une solution. Une
longue heure plus tard, on nous confie des cartes d’embarquement manuelles, qui
nous permettent d’accéder au hall avec les restaurants. Nous commençons par
mettre deux canapés ensemble, dans un coin, pour dormir. Quatre heures de
gagnées.
A midi, réveillés par la faim et la soif, nous tentons déjà
d’acheter une bouteille d’eau. A savoir, nous n’avons pas de Rupees, seulement
quelques dollars et des Shillings kenyans… De plus, les cafés refusent de nous
servir sans Rupees, mais surtout avec des cartes d’embarquement manuelles.
Nouvelle galère. Nous plaidons notre cause auprès de l’accueil, qui nous
renvoie vers la compagnie aérienne. Ceux-là nous assurent qu’on devrait pouvoir
acheter dans certains boutiques, et ne semblent pas se préoccuper de notre
état. On retente… Chez KFC. Ils prennent la carte et se fichent de notre carte
d’embarquement. Bon, on a fait mieux que du poulet plastique frit et du coca
pour le petit dej, mais c’est mieux que rien.
Nous retrouvons notre coin douillet, jouons aux cartes, et
attendons patiemment (en langue de Cha : en dormant) l’enregistrement de
notre vol.
Puisque nous sommes déjà dans le hall d’embarquement, il
nous vient ensuite l’interrogation suivante : comment faire pour s’enregistrer,
et où sont nos bagages ?
Bien entendu, nous n’avons pour meilleure réponse que d’attendre
à notre porte d’embarquement, que le personnel de la compagnie nous renseigne.
Vient difficilement minuit. Notre vol est dans trois heures et aucun signe de
la compagnie. A 2h20, alors que nous somnolons à notre porte, on nous appelle.
Deux employés de l’aéroport reprennent nos passeports et les étiquettes de nos
bagages. Vingt minutes plus tard (le vol est censé embarquer), ils reviennent
avec nos passeports et deux (vraies) carte d’embarquement ! De plus, ils
nous font passer devant tout le monde, et, devant l’avion, un autre agent nous
confirme que nos sacs sont bien dans l’avion. Et ben…
Dans un état de zombie en phase finale, nous atterrissons
donc deux heures plus tard à Colombo. Nos sacs sortent parmi les premiers et un
chauffeur (arrangé sur internet) nous attend, une pancarte à la main.
Notre auberge est à Mount Lavinia, station balnéaire en
banlieue de la capitale sri-lankaise. La circulation aidant, il nous faut deux
heures de route pour y arriver. De porte à porte, il nous aura fallu, de
Nairobi à Colombo, un peu plus de 40 heures. L’auberge nous laisse nous
écrouler dans notre chambre, d’où nous émergeons un peu plus tard pour
découvrir, enfin, le Sri Lanka, mais surtout… son ambassade indienne !
Pfiouuu ! Voyagez, revoyagez, qu'y disaient... :) Profitez bien du Sri Lanka, vous l'avez mérité ! Je vous lis avec graaaand plaisir, quelle jolie plume vous avez ! Continuez à nous donner des nouvelles ;)
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