lundi 13 octobre 2014

C'est Pérou ? C'est Per-là ! (Merci Damien!)

CHA - C’est un peu triste tout de même de se dire qu’on attaque la dernière ligne droite du voyage. On est content de vous retrouver bien sûr, mais on se dirige tout de même dangereusement vers la fin d’une grande étape.

Bref, Lima, capitale du Pérou. Nous y passerons deux jours, ce qui suffit pour découvrir l’aspect touristique de cette ville. Nous allons nous promener dans le quartier historique rempli de maisons coloniales, la Plaza de Armas (il y a une Plaza de Armas dans chaque grande ville du Pérou, c’est la place principale), la cathédrale etc. On en profite pour rattraper notre retard en musées et en connaissances sur le Pérou en allant visiter le Musée des catacombes, très intéressant, notamment la collection d’os triés par genre (tibias, crâne…) et le musée de l’Inquisition, entièrement en espagnol mais assez interactif pour qu’on comprenne tout. 
Une petite pause dej dans un bistrot typique qui aurait tout à fait sa place dans un film sur l’occupation allemande en France avec son grand comptoir, sa machine à café et ses serveurs en tablier, puis on poursuit notre balade dans Chinatown, où nous n’avons aperçu que trois Chinois. Apparemment, ils sont là, mais cachés derrière leurs comptoirs… On cherchera mieux la prochaine fois. 

Le lendemain, visite du quartier de l’auberge, Miraflores, où des ruines pré-Incas ont été retrouvés il y a environ 30 ans sous un terrain de moto cross (normal…). Assez incroyable ! Un minivan plus tard et nous voilà dans le quartier artiste-bobo de Barranco. On boit un petit café dans un vieux wagon de train parqué à un angle de rue, on descend jusqu’à la mer en traversant des dédales de vieilles maisons puis on rentre doucement à l’hôtel, puisque le lendemain on prend un bus dans la matinée pour Paracas, à 3 heures de route de Lima. 

On descend là-bas dans la même chaine d’auberge de jeunesse que celle de Lima ce qui nous permet d’avoir 10% de réduction. Il n’y a pas de petites économies ! 

L’attrait principal de Paracas, c’est sa réserve naturelle en deux parties : un parc terrestre et un parc maritime. L’après-midi même de notre arrivée, sous un beau soleil, on loue des vélos pour parcourir les quelques 20 km de balade dans le parc terrestre. Mais tout va de travers puisqu’on se perd en chemin et qu’on met 40 minutes pour trouver l’entrée du parc. Déjà essoufflé par notre détour, on déchante très vite puisque le vent de face souffle, mais souffle ! On a l’impression de faire du sur place et effectivement, on n’avance pas très vite : 3 km en 40 min environ sachant qu’il nous en reste une vingtaine, qu’il est 15h et que le parc ferme à 17h. De toute manière, je rends les armes peu après, épuisée comme si j’avais fait un footing de 20 km et on fait demi-tour. Pas eu le courage de continuer, face au vent, pendant 20 km je l’avoue… Tant pis, on se rattrapera le lendemain matin avec la visite de la réserve maritime. 

Mais encore une fois les éléments sont contre nous puisqu’à 10h, prêts à partir, on nous annonce qu’il y a trop de mer et que le bateau ne partira pas aujourd’hui. On a donc tout raté à Paracas ! Dommage mais c’est la vie… On saute donc dans un bus direction Huacachina, une oasis entourée de dunes de sables absolument splendide. 

C’est assez drôle comme endroit en fait. C’est à 10 min de voiture d’une énorme ville (tout est relatif pour énorme disons que c’est plus petit que Levallois), tu roules sur une route normale et là, paf, d’un seul coup, tu te retrouves encerclé par des dunes de sables gigantesque. On a l’impression d’être aux portes du désert. Quelques dunes plus loin tu arrives à une oasis qui doit faire la taille d’un grand étang (l’étang de Marmesse, par exemple, pour ma famille) entourée d’une promenade jonchée de resto et d’hôtels. On a logé au Banana Backpackers. Une auberge de jeunesse pas chère, assez « américaine » avec la musique à fond mais bon… on a eu une chambre pour nous deux et pas un dortoir avec 15 autres touristes et donc autant de paires de chaussettes sales et malodorantes trainant dans la chambre!

A Huacachina, il n’y a pas grand-chose à faire mise à part les deux attractions phares : du buggy dans les dunes suivi d’une session de surf sur sable, puis une dégustation des vins de la région et aussi du fameux Pisco, alcool local. Nous voilà donc partis pour un tour de 2 heures de Buggy (sorte de grosse voiture 4x4 sans toit ni porte ressemblant à une araignée de fer) et de snowboard de sable. Nous pensions que ça allait être une petite balade tranquille dans les dunes, histoire de regarder le paysage etc mais non… pas du tout ! C’est en fait une course de vitesse dans les dunes. Le Buggy va super vite et saute en haut des dunes, dévale les pentes à fond et s’enfonce dans le sable etc. Et ça n’est pas du goût de tout le monde, ce que je peux comprendre ! 

Heureusement, la voiture s’arrête pour nous permettre de faire du snowboard de sable. Au choix, soit debout comme un vrai snowboard soit allongé sur la planche. Paul joue le photographe et le supporter pendant que je tente de garder ma dignité malgré mes nombreuses chutes. Je me suis éclatée même si c’est assez dur de faire du snowboard sur le sable alors j’ai fini comme la majorité des gens, allongée comme une baleine sur ma planche à glisser à fond  sur le sable. Au final, c’est une luge la tête la première et c’est bien drôle !

Le lendemain, petite grasse mat jusqu’à 9h puis repos au bord de la piscine en attendant notre taxi pour aller à la dégustation. Et à l’heure dite, on se rend compte que notre réservation n’a pas été prise en compte… ! En plus, c’est les élections donc la vente d’alcool est interdite pendant 3 jours (on avait vu ça aussi en Inde) donc il n’y a qu’un seul domaine d’ouvert (il ne faut pas contrarier les touristes qui ont, eux, le droit de boire !) qui accepte de nous prendre au dernier moment pour le double du prix de base. On a donc laissé tomber. Tant pis ! Nous goûterons nous-mêmes au vin et au Pisco autour d’un bon diner ! Du coup, on part se balader autour de l’oasis (10 min de marche et on avait fait le tour) puis vers 17h, on grimpe en haut de la plus haute dune pour voir le coucher de soleil. Moment très chouette ! On a même pu observer les locaux faire des prouesses en snowboard de sable et ça, c’est très impressionnant.

Après le coucher de soleil, on redescend et on saute dans un bus de nuit pour Arequipa. Les bus ici sont super chouette ! On se croirait dans l’avion mais en mieux. Siege allongeable, plateau repas, films, petite couette et oreiller et même un Bingo (le jeu !) pour gagner des billets de bus gratuit. Ça n’est tout de même pas facile de dormir dans un bus mais c’est assez reposant pour qu’on puisse attaquer une journée « normale » derrière.

A l’arrivée à Arequipa, on prend un taxi et zou dans une petite auberge kitsch et vieillotte mais sympa comme tout. Le proprio de l’auberge nous conseille d’aller prendre le petit déjeuner au marché ce qu’on s’empresse de faire.

C’est un marché couvert qui accueille aussi bien des boucheries, des poissonneries, des primeurs, des artisans, des fromagers et des boutiques pour touristes. On achète trois empanadas, sorte de petit pain triangulaire rempli au choix de poulet, de viande, de fromage, de légumes, et on va s’assoir sur les tabourets pour déguster un pur jus de fruit. 
Ce que j’adore dans les pays en développement c’est l’accessibilité des fruits. C’est un bonheur de pouvoir se gaver d’un verre, que dis-je, d’une pinte, de jus d’orange, sans sucre, sans eau, juste pur, pour trois francs six sous ! Ça reste tout de même assez cher pour les locaux mais je ne peux m’empêcher de penser que si le prix des fruits et légumes était moins cher en France, on y arriverait sans soucis à manger nos 5 fruits et légumes par jour ! Bref, je divague mais je suis aux anges de pouvoir me faire un jus frais tous les matins voir plusieurs fois par jour !

Après le marché, on a marché (je sais… pas drôle…) dans ces rues bordées de maisons coloniales. Une des choses à faire à Arequipa, c’est visiter le couvent de Santa Catalina. Ni une, ni deux, on y va. Et on n’est pas déçu ! C’est splendide. Construit en 1570 juste après l’arrivée des premiers Espagnols dans la ville, le couvent a abrité de nombreuses nonnes ayant fait vœu de claustration et en abrite encore aujourd’hui. C’est une véritable ville dans la ville. Les maisons à l’intérieur sont faites de pierre de volcan et tout est peint en Terre de Sienne et bleu Grec. C’est absolument splendide ! Je pense que c’est l’un des plus beaux endroits qu’on a vu depuis le début. Il faut bien 1h30 pour faire le tour de ce couvent, entre les « cellules » (sic) des nonnes toute flanquées d’une cuisine avec un four à pain super beau, les bains des nonnes, les chapelles, le potager etc.

Après cette balade hors du temps, nous sommes allés nous poser dans un super endroit : un café chocolaterie. Comme vous le savez sûrement, les Incas étaient connus pour leurs connaissances en matière de chocolat. Un couple d’Irlandais a repris la tradition et a monté une usine de chocolat bio il y a un an, assortie d’un café. Autant vous dire que l’on s’est fait plaisir ! On a acheté deux tablettes de chocolat, gouté des petits chocolats à droite et à gauche et bu un chocolat glacé ! Du bonheur ! 

De retour à l’auberge, on se fait accoster, enfin plutôt interpeller de manière énergique, par un ami du proprio. Il se trouve que ce drôle de bonhomme, affublé d’un gilet en peau de Lama sous une chemise à carreaux de bucheron et d’un chapeau ridicule, est cordonnier et surtout très choqué par l’état de mes sandales. Il est vrai qu’elles sont cassées d’un peu partout et ne ressemblent plus à rien mais de là à pousser des cris comme les siens… ! Enfin, après avoir baragouiné trois mots en espagnol, je lui confie mes chaussures. Quelques heures plus tard, il vient me les rendre réparées, cirée et entreprend de jouer de nous jouer de l’harmonica dans le patio de l’hôtel alors que tout le monde dort. Avec nos trois mots d’espagnol encore une fois, on tente de l’arrêter et on finit par lui donner aussi les sandales de Paul. Je pense qu’on n’aurait pas pu lui faire plus plaisir et le lendemain, il nous rend les chaussures de Paul réparées et cirées, tout en continuant à parler, parler, parler, dans un espagnol incompréhensible pour nous. Nous avons fait un heureux, ça s’est sûr étant donné son sourire. Pour nous remercier d’avoir fait appel à ses services, il nous offre… un morceau de ficelle ! Une jolie ficelle épaisse qui doit lui être très utile pour réparer les chaussures et que nous gardons précieusement au cas où. Une rencontre hors du commun ! 

Il est temps pour nous de reprendre le bus mais cette fois pour une destination un peu particulière. En effet, nous allons retrouver quelqu’un que nous ne connaissons pas mais qui nous invite à partager sa vie pour quelques jours : Claire-Marie. Claire est française, installée depuis un an à Ilo, ville portuaire au sud du Pérou, et travaille  dans un centre pour enfants et adolescents en situation à risque. Nos mamans se sont rencontrées, il y a à peine deux semaines, au mariage d’Alexandre et Emmanuel, un ami d’enfance de la famille, mon presque-cousin. S’étant très bien entendues, elles ont discuté pendant toute la soirée et décidé qu’il fallait que nous, leurs filles, nous nous rencontrions, étant dans le même pays. 

Nous partons donc passer trois jours avec Claire-Marie, découvrir son travail à Ilo mais surtout savoir si nos mamans avaient raison en disant qu’on allait s’entendre à merveille. 

Suite au prochain épisode avec une petite surprise en prime ! 

Lima

La Plaza de Armas de Lima

Une rue de Lima

Les ruines de Miraflores

Les (faux) habitants des ruines de Miraflores

Le wagon de train de Barranco

Huacachina, l'oasis au milieu des dunes

Le snowboard de sable

Le marché d'Arequipa

Le couvent Santa Catalina

Couvent Santa Catalina

Couvent Santa Catalina


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