CHA - Kochi est en fait une île reliée à d’autres îles,
elles-mêmes reliées au continent. Cette succession de petites îles est
traversée par des backwaters, canaux qui servaient au transport du riz à une
époque.
Nous posons nos valises à Fort Kochi, l’île la plus
touristique dans THE auberge. A noter que pour l’instant, selon moi, c’est la plus merveilleuse des auberges où
nous sommes allées. Sheba et Ashley, le couple de propriétaires, y sont pour
beaucoup. C’est l’incarnation même de la gentillesse. Leur auberge est mignonne
comme tout, avec une grande terrasse sous les toits de paille et du thé chaud
dispo à toute heure.
Dès le lendemain de notre arrivée et contrairement à nos
habitudes, nous prenons place parmi un groupe de touristes (ouf, nous n’étions
que 7 dont 3 indiens !) pour une journée de voyage sur les backwaters.
Nous montons tout d’abord à bord (ahaha !) d’un bateau à moteur qui
transportait anciennement du riz mais maintenant se contente de touristes.
Nous apprenons au cours de notre ballade que la spécialité
des pêcheurs de Kochi, c’est la pêche à la moule d’eau douce. A l’aide d’un
bâton de bois et de leurs pieds, ils détachent les moules des rochers puis les
hissent à bord d’un bateau à fond plat. Parfois, le tas atteint une telle
taille que l’on se demande comment le bateau fait pour ne pas couler ! Les
moules sont ensuite cuisinées par les femmes puis vendues. Mais on apprend
aussi, lors d’un arrêt dans une « usine » à moules, que la coquille
est réutilisée elle aussi, et ce pour plusieurs usages, notamment… du
dentifrice ! Et oui ! La moule peut entrer dans la composition
du dentifrice ! J’attends quand
même le jour où l’on verra sur nos tubes de Colgate marqué « Fait à partir
de coquilles de moules » !
Lors de cet arrêt, on découvre aussi l’alcool de cocotier. En
effet, les cocotiers produisent des fleurs dont le jus, une fois fermenté, est
alcoolisé. Les habitants grimpent tout en haut des arbres, coupent la fleur,
récoltent le jus qu’ils mettent en bouteille puis le revendent aux bars aux alentours.
De manière assez ingénieuse, ils créent des marches avec des noix de coco pour
pouvoir accéder au sommet. Et pour avoir essayé, ça n’est pas si facile que ça
n’en a l’air !
La journée se poursuit avec un déjeuner typique servi sur le
bateau, un cours de communication donné au guide qui ne savait pas comment
créer et modérer sa page pro Facebook, puis une ballade dans les
« vrais » backwaters. Je dis vrai car il y a les grands backwaters
qui ressemblent à de larges bras de fleuve et ceux où l’on ne va qu’en pirogue
ou kayak qui passent à travers les petits villages et maisons isolées. La
ballade est chouette, quoi qu’un peu monotone, et on décide de la pimenter un
peu en essayant de manœuvrer la pirogue qui se dirige comme une gondole
vénitienne. Et bien, ça aussi, c’est beaucoup plus dur que ça n’en a
l’air ! Après avoir chacun notre tour fait percuter le bord de la pirogue,
on jette l’éponge et on rentre à l’auberge.
Le lendemain est consacré à la visite de la ville, plutôt jolie.
Un quartier touristique mignon, avec ses restos bobo-bio (ça pousse comme du
chiendent en Inde !), ses auberges et ses ruelles bordées de maisons
basses. Mais c’est le quartier juif qui nous a le plus charmé, car moins
touristique mais tout aussi bondé. Malheureusement, nous sommes arrivés durant
les jours de fermeture de la synagogue et nous n’avons pas pu la visiter. En
revanche, nous avons assisté à un spectacle de chant et de danse traditionnels
du Kerala. Le show commence par une séance de maquillage d’une heure à laquelle
nous pouvons assister. Et c’est assez impressionnant de voir ce vieil indien se
transformer sous nos yeux en une divinité au visage vert et jaune. Puis,
pendant une heure s’enchainent chants, danses, percussions et explication. On
ressort de là heureux mais quelque peu déboussolé par certains rythmes limite
envoutant.
Nous sommes maintenant samedi et c’est un grand jour
puisque, tadam… nous allons prendre le train !
Utilisé par quelques dizaines de milliers de personnes
chaque jour, c’est un des principaux moyens de transport en Inde. Ayant pris
nos billets un peu à l’arrache (ce guichet, ah non pas celui-là, celui-là ?
ah oui, bonjour madame on voudrait deux tickets svp pour Goa, il n’y a plus de
place, ah si attendez, il reste une place, une couchette pour deux, bon ok, on
prend, vous devez aller au bureau d’à côté spécial touriste, bonjour monsieur,
passeport svp, une couchette pour deux ? bon allez je vous en donne une
autre, ah bon ? merci monsieur, au revoir !), nous nous retrouvons
avec deux couchettes en « sleepers » ce qui équivaut à la 4eme classe
dans le train. Après lecture du guide du Routard, un peu tardive (oui, je sais
maman, on aurait dû le lire avant !), je l’avoue, on nous apprend qu’il
vaut mieux lorsqu’on est dans ces wagons « sleepers » attacher avec
des chaines ses bagages aux barreaux du train. Hum… rassurant ! En s’attendant
au pire, on est finalement plutôt agréablement surpris. On partage le carré (ce
sont des sortes de compartiments avec 6 couchettes, 3 de chaque côté, ouvert
directement sur le couloir, qui lui est partagé entre un espace pour marcher et
deux autres couchettes) avec un couple assez âgé et un jeune sympa, et non pas
une bande d’adolescents bruyants et peu discrets lorsqu’il s’agit de me lancer
des regards pleins de sous-entendus).
Nous installons nos sacs à dos sur les couchettes, ce qui
mange un bon quart de l’espace et tentons de trouver le sommeil. Pas très
facile quand le lit donne sur le couloir ou tout le monde parle comme si on
était un jour de marché. Mais nous finissons par trouver le sommeil, qui ne
sera troublé qu’une fois par une famille composée exclusivement d’hommes, qui’
s’installe comme à la maison sur les autres couchettes libres.
Avec quand même très peu de sommeil à notre actif, nous
arrivons à l’heure convenue (il faut reconnaitre que les transports indiens
sont très ponctuels) à Goa, capitale de la fête !
Putain c'est bon tout ça!!!!
RépondreSupprimerenjoy les amis et des bises