CHA - Effectivement, comme le dit Paul, le calme nous attend
à Muang Ngoi : pas d’internet, quasiment pas d’électricité et un village
accessible qu’en bateau. Ça nous change ! Nous nous reposons une journée
et en profitons pour nous familiariser avec la ville, oups pardon, la seule et
unique rue de Muang Ngoi. L’ambiance de petit village persiste malgré le
fleurissement de nombreuses guest-houses, restaurants et bars pour touristes. On a posé nos valises dans un bungalow super joli, non loin
du Mékong, le tout pour 5€. Autant vous dire qu’on est heureux !
La grande activité à Muang Ngoi, c’est les randonnées vers
les villages voisins. Nous partons donc le lendemain en début de matinée en
direction de Ban Na, petit village perdu entre les montagnes et les rizières.
Selon les conseils des autres voyageurs, il vaut mieux
couper à travers les rizières (qui sont sur des terrains plats) plutôt que de
suivre la route qui monte et qui descend sans cesse. Finalement, à l’aller,
nous décidons tout de même de suivre la route et nous tombons sur un
« péage » et oui… même en pleine cambrousse !
Après avoir réglé notre euro symbolique, nous visitons une
grotte. Sensation très étrange car nous sommes seuls dans cet antre sombre et
nos pas résonnent. Nous ne resterons pas longtemps sous terre de peur de perdre
notre chemin dans ces dédales de pierres qui semblent interminables. Nous
poursuivons donc notre chemin et après deux bonnes heures de marche entre
montagnes et rizières, nous débouchons à Ban Na ; village effectivement
très traditionnel avec ses maisons en bois, sa place principale, ses poules,
ses enfants pieds nus, etc. Un vrai bonheur ! Nous buvons un petit coca
(pas frais car pas d’électricité !) avant de prendre le chemin du retour,
cette fois en coupant à travers les rizières.
Parfois je me demande ce qui nous
passe par la tête. Couper à travers les rizières en pleine après-midi, sous un
soleil de plomb… quoi de plus normal ! Bref, on marche entre les
plantations de riz, sur ces espèces de digues plus ou moins stables, pendant
près d’une heure. C’est magique, vraiment dépaysant, calme et j’en passe. Mais
on décide tout de même de retrouver la terre ferme et la vraie route au bout
d’un moment. Et là… impossible de rejoindre le chemin ! Entre lui et nous,
une jungle et une rivière qui se sont glissés là, sans qu’on s’en aperçoive. Résignés,
nous continuons sur nos digues et poussons jusqu’à une petite maison perdue en
pleine rizière. Là, un homme à qui nous demandons notre chemin nous indique
vaguement une direction. On s’engage et nous tombons nez à nez avec la fameuse
rivière. N’ayant pas trop le choix, Paul met courageusement les pieds dans
cette eau boueuse et non identifiée et tente la traversée pour voir si nous
pouvons passer. Ouf ! L’eau ne monte qu’au niveau des mollets. On traverse
et là, on se retrouve en pleine jungle.
Au loin, on entend les motos qui
passent sur la route. C’est donc au bruit, un bâton à la main, qu’on tente de
retrouver notre chemin parmi la végétation. Un semblant de piste boueuse se
dessine et nous mène droit sur… la rivière ! La même rivière qui serpente
dans la jungle ! Forts de notre première expérience, c’est moi qui
m’engage et forcément, je plonge mon pied au mauvais endroit et l’eau me monte jusqu’aux
cuisses ! Tant pis, foutu pour foutu, on traverse. Mais, de l’autre côté,
toujours pas de piste ! Et pourtant, les bruits du chemin nous parviennent
plus nettement. On est plus très loin ! Alors on se sépare. L’un descend
la rivière pendant que l’autre la remonte (Dans les films d’horreur, c’est
toujours à ce moment-là qu’il y a un meurtre…) Je tombe sur un pont en bois
écroulé par le courant. Et qui dit pont, dit ouvrier pour la construction, dit
chemin pour apporter le matériel. Banco ! Une piste nous mène tout droit à
la route ! Enfin ! Cette mésaventure nous aura quand même bien fait
perdre deux heures et c’est fatigués que nous rejoignons le village.
Vous commencez à être habitué à nos journées de la loose,
donc vous vous doutez bien que ça ne se finit pas là ! Voulant dîner
tranquillement, on s’installe dans un petit restaurant à l’air paisible. Mais
c’était sans compter sur la femme du patron qui débarque flanquée de ses trois
copines, ivres comme pas deux, en criant et en chantant à tue-tête. Pleines
d’entrain (et de bière…), elles sortent une énorme enceinte et poussent la
musique à fond dans le resto. Pour le calme, on repassera !
Après un enchainement de danses endiablées, elles se rendent
compte de notre présence, nous autres touristes, ahuris par ce spectacle, et
décident de nous offrir à tous un shoot de la bouteille d’alcool qu’elles
boivent, elles, au goulot. Dans cette bouteille flottent des objets/aliments
non identifiés à l’air visqueux. Je suis incapable de vous décrire le goût que
ça avait puisque la seule chose que j’ai ressenti c’est la brûlure du liquide
dans ma gorge et les larmes sur mes joues. De l’alcool à 90°, aromatisé à je ne
sais pas quoi, mis à macérer dans une bouteille vieille de je ne sais pas
combien d’années. Comme dans Les Bronzés ! De quoi nous achever après
cette journée d’aventure !
Le lendemain est surtout consacré à essayer de trouver des
gens pour remplir notre bateau de retour puisqu’il ne part pas si nous ne
sommes pas assez nombreux.
Dien Bien Phu-le
sentimentale (Souchon…)
C’est finalement avec quatre Français, Axelle et Diane, deux
amies, et Stéphanie et Florian, un couple en long voyage aussi, qu’on décolle
le surlendemain en direction du nord pour une escale dans une ville-étape avant
de passer la frontière du Vietnam.
Rien à dire sur cette ville-étape mis à part qu’on a dormi
dans la pire auberge depuis le début du voyage. Sale, très sale, plein de bêtes
(réveillés à 5h du matin par un rat dans la poubelle), on décolle le lendemain
avec plaisir. Direction le Vietnam !
Pas de soucis à la frontière et nous arrivons vers midi sur
cette fameuse plaine remplie d’histoire. Dien Bien Phu est aujourd’hui une
ville comme une autre dont la principale activité est la visite des musées. On
passe donc l’après-midi dans le « Musée de la bataille de Dien Bien
Phu », très mal fait, aucune chronologie, aucune explication en anglais et
surtout très pro Vietnamien. Ok, c’est normal un peu de parti-pris, mais à ce
point-là ! Nous déambulons donc à travers des photos de l’ennemi français
et du géant vietnamien avant de nous rendre sur la colline nommée A1, zone
tenue par les Français à l’époque. Là non plus, pas d’explication mais un super
réseau de tranchées reconstruites et de tunnels. Très impressionnant ! Le
tout agrémenté du vestige d’un char français et d’un énorme trou d’obus (dans
lequel un officier de l’armée vietnamienne se faisait prendre en photo, une clope
au bec).
C’est Sapa ici !
Le lendemain, c’est encore en compagnie des quatre Français que
nous prenons un bus en direction de Sapa, village montagnard et point de départ
des treks. Nous renouons avec le tourisme et la réalité dans ce bastion de la randonnée
et de la culture Mhong. Il n’y a pas grand-chose à faire en ville et nous
partons le surlendemain en balade avec Stéphanie et Florian. Etant toujours en
mode « économie », nous avions entendu que nous n’étions pas obligés
d’avoir un guide pour la randonnée. C’est donc armés de nos bonnes chaussures,
d’une carte et de notre bonne humeur que nous partons tous les quatre à la
découverte des environs.
Et nous ne sommes pas déçus ! Le paysage est splendide
avec ses nuages bas qui forment des colliers autour des montagnes vertes. Nous
croisons des buffles à ne plus savoir qu’en faire, des villageois et même une
base militaire où nous pénétrons sans le savoir avant de nous faire arrêter d’un
« Sitop, sitop, sitop » (stop en version vietnamien des montagnes)
par un militaire à l’air méchant, armé d’une matraque. Nous faisons demi-tour
et coupons à travers champs pour retrouver notre chemin. Manque de bol, on
tombe encore sur la zone militaire et cette fois, l’officier nous montre un peu
plus précisément par où passer. On a bien rigolé ! (Nous, pas le
militaire !)
La balade se poursuit entre gadoue et chutes d’eau pour se
finir par une jolie descente d’1h30 vers la vallée qui m’a valu de nombreuses
chutes à causes des cailloux et de la terre glissante. Rien de cassé, je vous
rassure, juste quelques bleus et une fierté un poil écorchée… (Pas facile de se
retrouver sur les fesses tous les deux mètres quand tu vois les gamins locaux
dévaler la pente aisément et le tout, en tongs !)
Nous déjeunons d’un Pho (prononcer Feu), soupe locale
existant aussi dans le reste de l’Asie du Sud-Est, composée de noodles (pâtes
chinoises), de légumes, d’herbes diverses (avec de la menthe, miam !), de
la viande ou pas, le tout plongé dans un bouillon savoureux. Un régal
lorsqu’elle est bien faite ! C’est mon alimentation de base depuis
quelques jours parce que 1) C’’est pas cher 2) tu es quasiment sûr d’en trouver
partout et 3) tu es quasiment sûr de ce que tu vas trouver dans ton assiette,
ce qui n’est pas le cas avec les autres plats !
Bref, c’est donc de Sapa que je vous écris aujourd’hui, face
aux montagnes perdues dans les nuages. Nous partons ce soir pour rejoindre
Hanoï où nous retrouvons le reste de la famille Nouette !
En effet, ma maman et ma sœur débarquent demain pour 10
jours et nous allons poursuivre notre voyage au Vietnam avec elles. Nous allons
donc profiter à fond de cette visite (et du saucisson, fromage et autre
« françaiseries » qu’elles nous rapportent) et prendre de
« vraies » vacances dans des « vrais » hôtels, avec des
« vrais » lits, sans moustiques/cafards/papillons/rats et autres
bêtes non identifiées, manger des trucs bons etc. bref la vraie vie ! Le
pied !
Nous vous retrouverons donc après ces vacances qui
promettent monts et merveilles !
Ps : Oui, maman, je suis contente de te voir !
Ps 2 : tu n’oublies pas le saucisson, hein ?!
| La seule route de Muang Ngoi |
| Paul à la découverte des grottes |
| Muang Ngoi |
| Un compagnon croisé sur la route |
| Le petit village de Ban Na |
| Muang Ngoi: entre montagne et rizière |
| Pas facile de retrouver son chemin... |
| Des rizières à perte de vue |
| Dien Bien Phu |
| A1 et son trou d'obus |
| Paul dans les tranchées |
| Les petites routes de Sapa |
| Sapa (là on est dans la zone militaire!) |
| Les rizières en escalier de Sapa |
bon, bah bonnes vacances alors!!
RépondreSupprimeret des bises