PAUL - Il n’est pas toujours agréable de commencer un
article de blog avec des excuses pour le manque de mise à jour, mais je vais me
faire violence et vous demander pardon pour la fréquence déplorable de nos
nouvelles. Je ne citerai pas l’Inspecteur Harry, qui a une manière assez crue
de dire que tout le monde a des excuses, mais disons que l’électricité et
internet n’ont pas beaucoup été au rendez-vous dans ce pays que nous venons de
quitter : la Birmanie !
En effet, nous venons de rentrer à Bangkok, chez nos amis
incroyablement hospitaliers, Cindy, Julien, et leur petit (mais costaud) Noah,
après deux semaines au Myanmar (appellation officielle imposée par la junte
militaire au pouvoir, afin d’éradiquer toute trace des Britanniques, qui
avaient libéré le pays des Japonais après la Seconde Guerre Mondiale).
Bien que la politique de ce pays puisse noircir de
nombreuses pages, je ne m’étalerai pas beaucoup plus dessus, par pur
égocentrisme pour notre voyage, la raison-même pour laquelle vous, fidèles
lecteurs, affluez sur notre blog depuis près de cinq mois, déjà !
C’est d’abord un voyage dans le temps dans lequel je vais
vous embarquer, très loin, il y a à peu près 15 jours.
Notre taxi (rose ; c’est le pays des Bisounours, après
tout) fonce dans les rues de Bangkok ; nous n’avons que trois heures
d’avance sur notre vol pour Yangon. Nous arriverons dans la soirée dans une
nouvelle ville, un nouveau pays, et pas n’importe lequel. Nous ne le savons pas
encore, mais la Birmanie restera parmi nos étapes préférées de tout le voyage.
Nous commençons par une visite de Yangon. Tout d’abord, ce
sont les habitants qui nous ravissent. Souriants, curieux, les Birmans
s’intéressent aux visiteurs et se plient en quatre pour aider le pauvre touriste
perdu.
Nous visitons le très bel ancien quartier colonial de
Chinatown, goûtons aux petits plats surprenants mais délicieux, et profitons
généralement de l’ambiance sympathique de la ville.
Comme dans tout pays peuplé de Bouddhistes (entre autres), les
attractions principales de Yangon sont les pagodes, dont la très
impressionnante Shwedagon, que l’on peut voir depuis presque n’importe-où en
ville (oui, un peu comme la Tour Eiffel). De nombreux fidèles se recueillent
tous les jours et se brûlent les pieds, tellement le soleil irradie le sol de
marbre, auprès des nombreuses stupas que compte l’enceinte de Shwedagon.
Malgré sa splendeur, la pagode n’arrivera pas à la cheville
des temples plus anciens de Bagan, dans notre cœur. Nous y parviendrons après deux
nuits de bus et deux jours passés à Mandalay, dont les charmes tardent à se
faire repérer : à savoir Mandalay Hill, une colline dont le temple au
sommet (encore un) surplombe majestueusement l’ancienne cité royale, la glace
au Durian (un fruit dont l’odeur rappelle celle de nos chaussures après une
balade sous 35°C), et le très sympathique Mo Mo (Maurice pour les intimes), un
Birman francophone croisé dans un café, qui nous donne beaucoup de bons
conseils.
C’est donc dans un endroit comme Bagan que l’on se rappelle
pourquoi on voyage. C’est pour notre regard rêveur sur cette plaine au coucher
du soleil, ponctuée de milliers de temples, pour la sensation d’être arrivé,
enfin, de l’autre côté du monde. Les heures incalculables de bus, de train,
d’avion, de taxi, de bateau, de touc-touc, et j’en passe, valaient le coup,
rien que pour ça. Bagan mérite que l’on s’y rende à pieds, à genoux, en
rampant, depuis Paris. Bon, le fait que nous y soyons arrivés sur une espèce de
trottinette électrique ridicule n’enlève rien à l’impression d’être un vrai
voyageur.
Je laisse les photos dire le reste sur ces temples sublimes.
A Bagan, nous retrouvons également les joies de la fraude,
mais « à l’insu de notre plein gré », comme disait le grand
philosophe Richard Virenque. Ce n’est qu’en discutant avec d’autres touristes
que nous apprenons que l’entrée dans la zone de Bagan est payante. Nous, qui
avons pris un minibus privé, sommes passés au travers des mailles du filet à 15
dollars.
Etape suivante : le Lac Inle, où une communauté a été
forcée de vivre. Curieusement, la population ne s’est pas contentée de vivre
autour du lac, mais aussi dessus ; on aperçoit une véritable vie dans ces
villages flottants, ces marchés flottants, et même un immense jardin potager
flottant, où des tomates délicieuses poussent à la surface de l’eau. Les
pêcheurs du Lac Inle sont également uniques : solitaires sur leur barque,
ils jettent leur filet à deux, pagayant ainsi avec leurs jambes. A en croire un
co-voyageur, qui a essayé devant nous, c’est très difficile.
La balade en bateau autour du lac, d’une durée de 12 heures,
passe très vite. Nous visitons les marchés, essayons de chiquer la noix de
bétel (addictive, elle rend les dents rouges), visitons les fabriques de
cigares, de bijoux et de tissus (dont de la soie et du fil de lotus, extrait
des nombreuses fleurs qui ponctuent le lac).
Et comme cette balade s’est déroulée dans la bonne ambiance,
avec nos comparses français et néerlandais, le tout s’est fini dans un
restaurant de spécialités locales, non sans passer par une petite fête foraine
en ville.
Autre élément surprenant d’Inle, c’est la présence de
vignes. Nous avons pris des vélos pour visiter le domaine de Red Mountain, qui
propose une dégustation face à la vallée, avec des petits plats assez bons.
Parmi les vins, rien d’extraordinaire, mais nous y avons passé un bon
moment !
Après ces quelques jours très agréables, il était déjà temps
de repartir. Un bus de nuit frigorifique plus tard, nous arrivions sous une
pluie torrentielle à Yangon. Qui dit pluie, dit cinéma ! Nous avons
expérimenté le cinéma au Myanmar, en nous mettant debout pour l’hymne national
avant la séance, et à essayer de suivre le film dans l’ambiance de la
salle : les spectateurs se parlent, mangent leurs chips bruyamment, répondent
à leurs SMS, devant un film en anglais sans sous-titres : le dernier X-Men
(à choisir entre ça et Godzilla…)
Donc nous revoici à présent à Bangkok. Nous avons fêté
les deux ans de Noah, le maître de maison chez Cindy et Julien, et ce soir,
nous prenons le train pour le Laos, sujet du prochain post sur ce blog !
| Yangon et ses pousse-pousse side-car |
| Dans les rues de Chinatown |
| "Comment ça, ils sont pas frais, mes durians ?" |
| Cha sur "Mike the E-Bike", ou la trottinette électrique |
| Les temples de Bagan |
| Cette image n'est pas truquée |
| Les pêcheurs d'Inle |
| Le marché flottant d'Inle |
| Un parking |
| Les dames de la poste, elles s'en vont par trois |
| La pagode Inn Dein aux mille stupas |
| Cette image n'est pas truquée non plus |
| Et pour finir, une petite dégustation de vin avec nos amis néerlandais |
Waouuuh... J'ai un coup de cœur pour Bagan moi aussi, merci pour la découverte ! Heureuse que ce pays vous ait autant plu et enthousiasmés :-) Profitez bien de la suite !
RépondreSupprimerDu pur bonheur et quelle aventure! Ca vous marquera pour toujours. Continuez à poster les articles. Le manque d'électricité et d'internet ne sont pas des excuses crédibles. :)
RépondreSupprimer