dimanche 4 mai 2014

C’est de la Bombay, bé !



PAUL - Nos excuses pour l’irrégularité de nouvelles, mais nous avons été assez pris dans un certain tournage de films à Bombay. Détails plus tard !

Tout d’abord, Goa, sur laquelle je passerai proportionnellement à l’intérêt que suscite cette région balnéaire, soit assez rapidement. Nous avons logé dans une petite chambre d’hôtes peu accueillante mais pourvue de l’essentiel. Nous y avons fêté Pâques avec une courte chasse au Kit Kat dans la chambre.

A noter tout de même : le marché aux puces d’Anjuna, où les hippies qui venaient s’installer là vendaient leurs possessions occidentales pour ne vivre que de l’essentiel (l’Histoire ne dit pas si cela consistait de substances illicites).

Le marché aux puces est devenu aujourd’hui un immense attrape-touristes, où l’on achète vêtements, bijoux, meubles, etc. Quelques rares hippies subsistent en vendant leurs créations, mais ce sont notamment les locaux qui ont envahi les lieux avec leurs chinoiseries.

Nous ne nous éternisons donc pas à Goa et prenons le bus pour Bombay, où nous attend Ophélie, une amie croisée à New York il y a deux ans. Le trajet en bus est chaotique. Nous partageons une couchette à l’étage supérieur d’un bus qui fonce dans la nuit indienne comme pour fuir la peste. Cha restera accrochée à mon bras (qui en porte encore les marques) dans un demi-sommeil peu réparateur.
Alors que nous parvenons à somnoler quelque peu, à 4 heures du matin, nus sommes réveillés par le chauffeur : « Vous allez où, à Bombay ? » Je lui réponds péniblement « Bandra », où habite Ophélie, une espèce de banlieue chic qui attire les expatriés comme les stars de Bollywood.

« Dans ce cas, il faut changer de bus ! »

Je ne vous raconte pas la joie de s’extirper d’un état comateux, de retirer nos sacs de la soute, au bord de l’autoroute, et de prendre place dans un autre bus, sur-climatisé, sur de petits sièges, pour finir le voyage. Après tout, si cela nous rapproche de notre destination finale… Mais quand même !
Sans internet, nous n’avons pas de nouvelles d’Ophélie et nous nous posons dans le café branché Candies, dans son quartier. Complètement ensommeillés, nous prenons un petit déjeuner parmi la jeunesse dorée de Bombay. Nous parvenons à signaler notre présence à Ophélie, qui ne travaille pas pour cause d’élections, donc elle passera nous prendre.

En effet, l’Inde vote. C’est le plus grand exercice démocratique de tous les temps : 814 millions de personnes sont concernées. A l’heure où nous écrivons, les résultats sont partagés entre le Parti du Congrès, de la dynastie des Gandhi, réputée pour sa corruption, et le BJP de l’extrémiste Hindou Modi, pas exactement reconnu pour sa sympathie. Nous apercevons depuis le début de notre séjour en Inde les bureaux de vote à même la rue, et tout semble se dérouler dans le calme.

Ophélie nous reçoit comme des rois. Française installée depuis cinq ans à Bombay, elle enseigne l’Histoire/Géo à l’école française, aux enfants d’expatriés, plutôt pourris-gâtés. Férue de cinéma indien (elle a publié « Bollywood et les autres », à lire absolument), elle participe de temps en temps à des productions à Bombay, la capitale du cinéma, où sont produits près de 1000 films par an.
Avant tout, nous faisons la balade touristique classique de Bombay, dans le quartier central de Colaba. Nous nous approchons du Gateway of India, espèce d’Arc de Triomphe érigé pour la venue du Prince de Galles (futur George V) en 1924. Nous continuons avec l’impressionnant Taj Mahal Hotel, qui a essuyé l’attentat de 2008. Fait amusant, la façade aurait été construite à l’envers, donnant sur la cour intérieure plutôt que sur la rue, ce qui a eu pour résultat le saut de l’architecte de l’une des fenêtres de son propre hôtel.

Nous avons également vu le très intéressant musée du Prince de Galles, très détaillé sur l’histoire, les cultures et les religions d’Inde, ainsi que la très impressionnante gare ferroviaire, qui ressemble plutôt à une cathédrale, classée patrimoine mondial par l’UNESCO.

Après cette balade, nous retrouvons Ophélie qui nous propose, entre moult autres activités, de participer au tournage d’une série de court-métrages qu’elle produit pour le compte de Café Zoé, un bar branché qui monte à Bombay. Charmés par l’idée, nous acceptons de jouer les figurants et de filer un coup de main, qui s’avérera aussi drôle de surréaliste.

Café Zoé a été créé par Jérémie, un Belge d’Anvers, qui gère ce lieu au décor post-moderne avec toute la passion qui habite ce patron fort sympathique. Nous avons consommé à l’œil pendant deux jours ; c’est dire de sa générosité !

Une fois sur les lieux et présentés à l’adorable équipe e tournage, nous prenons conscience du scénario, pour le moins créatif. Le premier film raconte l’histoire d’un homme qui s’assoit au café et qui est soudainement pris d’hallucinations. Ce n’est qu’arrivé dans les toilettes qu’il se rend compte qu’il prenait part aux festivités de Holi (qui consistent à jeter des couleurs les uns sur les autres) et qu’il a peut-être consommé trop de bhang, une drogue euphorisante.

Nous participons notamment à la scène des hallucinations, où je projette des confettis, et où Cha joue… une licorne, que le personnage aperçoit, galoper dans le bar. Charlotte a confectionné sa corne et s’est vue demander de gambader dans ce lieu pourtant fréquenté de clients normaux, quelque peu surpris, entre deux bouchées du succulent hamburger, du spectacle qui s’offrait à eux. Le film sera bientôt diffusé sur internet ; nous posterons le lien ici.

Au fil de cette journée de samedi, alors que nous tournons encore, le bar se remplit et devient progressivement « the place to be » de la nuit bombayenne. Une fois le tournage fini, nous nous laissons aller à quelques verres avec l’équipe pour fêter tout cela.

C’est une fois de plus avec le cœur lourd que nous quittons un endroit que nous aimons. Nous aurons expérimenté Bombay sous un aspect peu classique, mais garderons un super souvenir de ce tournage surréaliste dans une industrie du cinéma qui bat son plein. Encore un énorme merci à Ophélie pour son accueil, même si elle n’aime pas les remerciements, et que les Indiens trouvent faux-cul de dire merci sans arrêt !

Nous quittons à présent le sud de l’Inde pour le nord, avec tout d’abord le Rajasthan, pays des Maharajahs… et de James Bond. A suivre…


C'est l'Arche !

Gare à toi, Bombay!

Réalisatrice n°1, la grâcieuse Lohita

Le moins grâcieux gonfleur de ballons

Attention, licorne en préparation


En plein tournage confettisque

Réalisatrice n°2, la délurée Ananya dirige son premier rôle

Ophélie et Cha se déhanchent sous le regard de Deepa, la maman de Lohita

Jour n°2, Ananya conquiert le plateau avec son sourire

Ophélie passe derrière la caméra, non sans supervision

Une actrice bien dirigée, sous le regard du patron des lieux

Scène de tournage

Scène de tournage n°2

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