dimanche 30 mars 2014

22 heures à Bombay

PAUL – Dimanche 23 mars, à 18h, notre vol pour Colombo (en passant par Addis Abeba et Bombay) nous attend. A l’heure et confortables, les deux premiers vols nous laissent sans accroc à Bombay, à 4h du matin. Fatigués, nous appréhendons surtout cette escale de 22 heures. Et elle ne sera pas heurts.
Nous arrivons tout d’abord dans le couloir de débarquement, où les agents de l’aéroport notent nos correspondances, avant de nous faire patienter une demie heure… entourés de moustiques (oui, dans l’aéroport). Ils reviennent dans le sas qui donne sur le terminal, mais leurs badges ne fonctionnant pas, ils se retrouvent coincés derrière la porte de verre jusqu’à ce qu’un autre agent passe par là, par hasard. Ça commence bien.

Chose faite, ils nous accompagnent dans la sinistre salle des transferts, où ils prennent connaissance de notre malheur. « Ah ! Votre vol est demain, à 3h… Nous sommes embêtés ; vous ne pouvez rester ici plus de 15 minutes et vous ne pouvez pas accéder au hall de transit avant l’enregistrement de votre vol, soit trois heures avant le départ. » En théorie, nous devons rester dans cette salle d’attente, sans eau et sans nourriture, pendant 19 heures. 

On prend nos passeports et on nous promet de trouver une solution. Une longue heure plus tard, on nous confie des cartes d’embarquement manuelles, qui nous permettent d’accéder au hall avec les restaurants. Nous commençons par mettre deux canapés ensemble, dans un coin, pour dormir. Quatre heures de gagnées.

A midi, réveillés par la faim et la soif, nous tentons déjà d’acheter une bouteille d’eau. A savoir, nous n’avons pas de Rupees, seulement quelques dollars et des Shillings kenyans… De plus, les cafés refusent de nous servir sans Rupees, mais surtout avec des cartes d’embarquement manuelles. Nouvelle galère. Nous plaidons notre cause auprès de l’accueil, qui nous renvoie vers la compagnie aérienne. Ceux-là nous assurent qu’on devrait pouvoir acheter dans certains boutiques, et ne semblent pas se préoccuper de notre état. On retente… Chez KFC. Ils prennent la carte et se fichent de notre carte d’embarquement. Bon, on a fait mieux que du poulet plastique frit et du coca pour le petit dej, mais c’est mieux que rien.

Nous retrouvons notre coin douillet, jouons aux cartes, et attendons patiemment (en langue de Cha : en dormant) l’enregistrement de notre vol.

Puisque nous sommes déjà dans le hall d’embarquement, il nous vient ensuite l’interrogation suivante : comment faire pour s’enregistrer, et où sont nos bagages ?

Bien entendu, nous n’avons pour meilleure réponse que d’attendre à notre porte d’embarquement, que le personnel de la compagnie nous renseigne. Vient difficilement minuit. Notre vol est dans trois heures et aucun signe de la compagnie. A 2h20, alors que nous somnolons à notre porte, on nous appelle. Deux employés de l’aéroport reprennent nos passeports et les étiquettes de nos bagages. Vingt minutes plus tard (le vol est censé embarquer), ils reviennent avec nos passeports et deux (vraies) carte d’embarquement ! De plus, ils nous font passer devant tout le monde, et, devant l’avion, un autre agent nous confirme que nos sacs sont bien dans l’avion. Et ben…

Dans un état de zombie en phase finale, nous atterrissons donc deux heures plus tard à Colombo. Nos sacs sortent parmi les premiers et un chauffeur (arrangé sur internet) nous attend, une pancarte à la main.


Notre auberge est à Mount Lavinia, station balnéaire en banlieue de la capitale sri-lankaise. La circulation aidant, il nous faut deux heures de route pour y arriver. De porte à porte, il nous aura fallu, de Nairobi à Colombo, un peu plus de 40 heures. L’auberge nous laisse nous écrouler dans notre chambre, d’où nous émergeons un peu plus tard pour découvrir, enfin, le Sri Lanka, mais surtout… son ambassade indienne !

dimanche 23 mars 2014

Dans la (Rift) Valley, ohoh...



PAUL - Quelque peu déçus de ce contretemps, nous louons une voiture pour parcourir la Vallée du Rift, non sans avoir passé une soirée à Nairobi avec Shane, un ami irlandais que j’ai connu en Afghanistan, qui travaille aujourd’hui auprès des réfugiés de Somalie et du Soudan du Sud.

Nous commençons par Nakuru, qui borde le lac du même nom. Campant dans une ferme reconvertie en auberge par un couple anglais, qui nous apprend l’issue des VI Nations, nous visitons les entourages.
En route pour un site préhistorique, nous manquons d’écraser sur la route un animal non identifié, qui ressemble depuis le rétroviseur à un énorme rat. Ce ne serait anecdotique que si nous découvrions malencontreusement l’identité de la chose quelques instants plus tard. Sur le site préhistorique, dénommée Hyrax Hill, nous apercevons une version empaillée du hyrax, une bête qui se situe sur l’arbre généalogique des rongeurs entre le castor, la marmotte et le ragondin. C’est donc une petite célébrité locale que nous avons failli aplatir. 

La balade sur le site, où des fouilles ont permis de retrouver des crânes d’australopithèque, entre autres, ne nous apprend pas grand-chose, mais propose tout de même une fosse à tortues, où l’on dénombre une bonne vingtaine de bestioles, de taille différente, mais de tension artérielle assez similaire, c’est-à-dire près de… 1.

La visite suivante se déroule au cratère à moitié affalé de Menengai. Un guide très sympathique nous fait découvrir la pente de 500m de dénivelé, à pic, en détaillant quelques croyances locales des Masai.
Etape suivante : Naivasha et son lac également magnifique. Nous plantons la tente dans un joli camping au bord du lac, dont les autres occupants sont des singes, des grues, des canards et autres motards néerlandais.
Nous commençons par visiter, en VTT, le parc national de Hell’s Gate, qui tient son nom d’une éruption volcanique ayant décimé les communautés Masai et ayant creusé en son sillon des gorges sublimes (où l’on tourna ce bijou du cinéma : Tomb Raider, avec Angelina Jolie dans le rôle de l’exploratrice à la poitrine démesurée). 

CHA – Et ces « portes de l’enfer », se révèlent être une super expérience car on ne fait pas que marcher, on escalade, on saute, on grimpe, on passe sous « les douches du diable » (douche naturellement brulante à cause de la chaleur du volcan), bref on s’éclate ! En prime, je me fais des peintures traditionnelles avec de l’ocre naturel trouvé au fond d’une cavité. 
 
Le souvenir de cette super ballade en tête, on reprend nos vélos pour retraverser le parc naturel et j’avoue que ces 8 derniers kilomètres face au vent ont été très durs. Vous savez à quel point je suis sportive, alors 16 km + 2h de ballade dans la journée, c’est bien suffisant ! 

Surtout que le lendemain, courbaturé bien comme il faut, on décide d’aller quand même marcher autour d’un caldera, ancien volcan dont les côtés se sont écroulés et qui cache un lac en son centre. On s’attend à une petite marche d’une heure, histoire de se remettre de la veille mais c’est sans compter sur notre poisse légendaire. Une fois qu’on a fait quasiment le tour du lac, on s’apprête à retrouver la civilisation mais non... Nous voilà bloqués par une barrière électrique. Bon, on grimpe, on grimpe, on grimpe, mais la barrière nous empêche toujours de passer. Impossible de rejoindre la réception du camp ! Nous voilà donc obligés d’escalader à main nues un flanc du cratère pour tenter de se repérer et trouver une solution. Et quel n’est pas notre surprise, en arrivant en haut, de se retrouver face à face avec une flèche blanche peinte à même le sol indiquant la direction de la réception. C’est à n’y rien comprendre ! 
Bref, on s’est encore perdu, dommage pour nos courbatures mais ça nous fera un bon souvenir d’escalade inattendue au Kenya ! 

Le reste de la journée est très calme et nous en profitons pour ranger/laver la voiture puisque nous devons la rendre le lendemain à Nairobi (Calme…. Tout est relatif surtout pour Paul qui en plus de perdre inlassablement aux cartes (non, je ne triche pas… enfin pas trop..) s’est fait faire pipi dessus par un joli babou, singe noir et blanc qui jouait dans les arbres au-dessus de nous. Gros fou rire à la terrasse, je vous assure !)


Mais vous vous doutez bien que nos aventures ne s’arrêtent pas là. Ces derniers jours ont été bien trop calmes et sur la route du retour vers Nairobi, une nouvelle péripétie s’offre à nous : la panne. 

Et oui, la voiture de location, dans une descente à une cinquantaine de kilomètres de Nairobi, a décidé de ne plus répondre. Après avoir fait clignoter tous les voyants pendant deux minutes, la voiture s’est tout simplement éteinte. Rien de plus, rien de moins. Paul, super pilote, nous a négocié un arrêt au frein à main sur une sorte de bande d’arrêt d’urgence et nous voilà à attendre de l’aide pendant une heure. Aide qui arrive sous la forme d’un 4x4 conduit par un des hommes de l’agence de location qui décide de tracter la voiture jusqu’à Nairobi. Au lieu des 30mn prévue, on met 2h pour finalement atterrir chez le propriétaire de l’agence de location où nous constatons que la voiture a subi quelques dommages à cause du tractage (un phare et une aile avant en moins… peanuts, quoi !). Pas plus alarmé que ça, les agents de location nous ramènent en ville où le propriétaire nous attend tranquillement afin qu’on règle la location. Une petite phrase d’excuse pour la panne plus tard, vraiment pas stressés pour la voiture toute défoncée, les agents nous ramènent à notre hôtel où nous allons rester trois jours afin de tout préparer en attendant notre avion dimanche pour le Sri Lanka. 















The Indian Nairobbery



PAUL – Malgré la disponibilité de nombreux services dont nous avons grand besoin en arrivant à Nairobi, le centre-ville ne semble posséder que les inconvénients d’une grande conurbation. A savoir, nous sommes là, tout d’abord, pour obtenir notre visa indien. Nous passons tout de même cinq jours dans cette capitale, qui fait penser tantôt à Londres, tantôt à New York, selon les coins de rue… mais à l’africaine : circulation anarchique, les bus rutilants qui rivalisent du klaxon (même la nuit), les passants, ou plutôt la foule, qui menace de piétiner toute personne non aguerrie.

Mais bon, nous sommes là pour préparer notre dernière aventure africaine, dans la Vallée du Rift, mais surtout la prochaine étape, indienne. Nous nous pointons donc dans la matinée à l’ambassade avec les formulaires remplis dès la France. Premier obstacle : il faut obligatoirement les formulaires kenyans. Revenez demain, parce que là, on ferme. Bon, le lendemain, nous sommes là bien en avance, au bout d’une file de vingt personnes. Patience aidant, nous franchissons la première étape et attendons ensuite pour un entretien.

« Vous n’êtes pas au courant de la nouvelle circulaire ?

-                      - Laquelle ?
-                      - Celle qui est affichée derrière vous » [en tout petit], soupire le fonctionnaire.


« Toute personne désirant se rendre en Inde depuis le Kenya doit avoir effectué le vaccin oral contre la Polio, d’une durée d’incubation de quatre semaines. » Notre vol est dans 10 jours. Nous ne l’aurons pas. 
Nous nous acquittons tout de même du vaccin, et bataillons, par cyber café interposé, pour changer notre vol ou notre itinéraire. Résultat : ce n’est pas en Inde que nous irons dimanche, mais au Sri Lanka, au prix d’une escale de 22 heures à Bombay. (Merci Nathalie !) Tu ne perds rien pour attendre, Inde !

De Mombasa à Nairobi en passant par Lamu, Kenya



CHA - Après de longues heures de bus et une dernière nuit en Tanzanie, nous passons la frontière du Kenya. A Mombasa, nous nous installons dans une auberge sympa avant de partir à la découverte de la ville. Envahie de touk-touk, Mombasa est une ville constamment en ébullition. Il y a du monde partout, une circulation extrêmement dense, du bruit, du sable charrié par le vent, bref on est bien loin des villages que nous avions l’habitude de traverser ces derniers temps. 

Si on s’est arrêté à Mombasa, c’est pour une raison bien précise : prendre le train ! Enfin !
En effet, une ligne régulière rallie cette ville à Nairobi en train de nuit. Sur que nous n’allions pas rater cette occasion ! Nous sommes mercredi et le prochain train part dimanche soir. Les billets pris, il nous reste donc trois jours que nous décidons de consacrer à la découverte d’une autre ile : Lamu.

Départ le lendemain en bus jusqu’à un tout petit port perdu au milieu de la brousse (tellement perdu qu’à un moment, je me suis demandé si on allait vraiment dans la bonne direction). Puis on embarque sur un « national ferry », qui n’est ni plus ni moins qu’une vieille barque ou l’on s’entasse à 30 personnes plus bagage pour 40mn de bateau.  Heureusement la mer est calme parce que ce trajet donne une certaine impression de voyage clandestin. 

Nous arrivons finalement à Lamu, île très traditionnelle affichant une certaine ressemblance avec Stone Town et ses milliers de ruelles ou l’on se perd avant même d’avoir et le temps de dire ouf. Mais Lamu c’est aussi le paradis des ânes. Quasiment aucune voiture et des ânes à perte de vue, en liberté, tirant des charrettes, portant des hommes… Bref des ânes ! 

Cette ville se révèle très agréable, la population accueillante et très gentille. Nous passons donc deux jours à nous perdre dans les ruelles, à visiter un musée extrêmement intéressant sur la culture swahili et toutes ces traditions, à boire des jus de fruits frais à l’ombre d’un arbre en fleur dans un café caché au détours d’une ruelle, à regarder les hommes jouer à une variante du jeu de dame pendant le couché de soleil… bref, à profiter de cette ville très charmante et un peu coupée du monde.
Mais nous ne pouvons pas y rester éternellement puisqu’un train nous attend ! 

Arrivés à la gare, nous découvrons notre cabine qui a un arrière-gout de gloire passée : deux couchettes d’un cuir élimé, un placard dans lequel se cachent des cafards, un lavabo qui devait fonctionner il y a 50 ans, mais nous sommes beaucoup trop heureux de traverser le Kenya en train pour y prêter attention.
En bon touriste que nous sommes, nous avons suivi les conseils des guides et choisi un billet première classe qui comprend dîner et petit-déjeuner. 

« Toudoudou ! » 19h, heure du départ, nous sommes impatients. « Mesdames et Messieurs, le train partira avec une heure de retard pour cause d’arrivée d’un autre train ». Pour un peu on se croirait à la SNCF ou à la RATP !

Finalement, à 20h30, le train part mais nous sommes déjà dans le wagon restaurant à déguster la soupe du jour servie dans des assiettes en plastique mais sur une nappe d’un blanc immaculé svp !
La soirée se déroule au rythme des arrêts constants du train sans raison apparente et nous finissions par nous endormir, bercés par le bruit des rails. 

Réveil à 8h tapante grâce à une vieille tradition qui consiste à passer dans les couloirs du train muni d’une cuillère et d’une tasse et de taper le plus fort possible dedans. Mwarf, on pouvait avoir mieux mais bon, on saute dans nos jeans prêts à attaquer le petit déjeuner sous un soleil déjà bien vigoureux.
La matinée s’engage et vient 10h30 alors que nous sommes censés arriver à 11H. Et nous attendons, attendons, attendons… et l’heure tourne. Mon estomac crie famine mais toujours pas de news. C’est finalement sur les coups de 17h que nous arrivons à la gare avec donc un retard de 7h… normal !

A peine le temps de souffler on est déjà emporté par la foule (Lalalalala !!) de la jungle citadine qui se répand dans les rues de la ville : Bienvenue à Nairobi ! 

Mombasa

Le Fort Joseph a Mombasa
 


  

Les anes de Lamu !
Lamu

Ou est PaulCharlie ?
Lamu
 



Marley, petite photo pour toi ! :)

dimanche 9 mars 2014

Zanzibar, Tanzanie !

PAUL – Avant toutes choses : nos excuses pour le manque de nouvelles ces derniers jours. Quand ce n’est pas Internet qui manque, c’est l’électricité… Mais ça peut aussi être un émerveillement total !

En effet, nous venons de passer par ce qui restera dans le top 5 du voyage : Zanzibar. Mais résumons le récit pour ceux qui ont l’impression d’avoir raté un épisode.

Après Nkhata Bay, au Malawi, nous franchissons la frontière en compagnie d’un sympathique couple néerlandais, après une dernière halte près de la frontière. Dans la cour d’une espèce de ranch, perdu au milieu de nulle part, nous plantons la tente et branchons tous nos appareils derrière le bar afin de les charger. Pas de bol : alors que je suis tranquillement assis avec une bière devant un match de Liverpool, un immense orage éclate, au point de faire sauter le courant et de menacer d’inonder la tente. Après une piètre tentative de jouer aux cartes dans le noir, nous nous résignons à rapatrier la tente dans une chambre et de la faire sécher dans la douche. C’est donc après cette dernière péripétie au Malawi que nous parvenons à Mbeya, en Tanzanie.

Cette petite ville dans les montagnes offre apparemment un gros avantage : celui d’avoir une gare ferroviaire qui fonctionne (et même des trains qui roulent !). Malheureusement, le prochain train ne part que quelques jours plus tard. Nous optons donc pour un bus de 12 heures pour rallier Dar Es Salaam. Douze heures qui se transforment en quatorze. Ça va. Nous ne passons qu’une petite journée à « Dar » - on nous conseille de ne pas s’y éterniser – en effet, à part un quartier indien sympa et la très animée Mosque Street, nous avons vite fait le tour du « centre ». Donc nous prenons le bateau pour une traversée de deux heures en direction de Zanzibar. Surclassés en « business », nous nous sous-classons très vite, car, vous comprenez, Mademoiselle trouve que la clim’ nuit au bon déroulé de sa sieste (j’avoue qu’on dirait qu’il fait 5°). Nous nous retrouvons donc sur le pont pour profiter de l’air marin.

L’arrivée à Zanzibar n’est pas sans rebondissements (vous commencez à nous connaître) : interpellés par la douane, nous nous retrouvons face à deux employés du ministère de la santé, pour une vague histoire de fièvre jaune : « Quoi ? Ce n’est pas tous les vingt ans ? je proteste.  
- A Zanzibar, nous demandons un certificat de moins de 10 ans.
- Alors que faire ?
- Monsieur, nous allons vous escorter en ville, vous vous ferez vacciner et ça vous coûtera 40 dollars plus le taxi. Enfin, ça c’est la procédure officielle…
- Parce qu’il y en a une autre ?
- Oui, nous vous donnons un certificat valide sur le champ pour 20 dollars ! »

Vous vous doutez donc que je préfère sacrifier une journée à Zanzibar plutôt que de céder à la corruption ! Enfin, me voilà heureux détenteur d’un tout nouveau certificat de vaccination contre la fièvre jaune et même le choléra !

Nous abordons enfin cette île aussi exotique que son nom. A la sortie du port, nous croisons une Allemande aperçue à la frontière, qui nous recommande quelques adresses. Mais nous n’avons qu’une envie dans l’immédiat : affronter le dédale de ruelles blanches qui séparent des palais coloniaux de maisons traditionnelles dans le labyrinthe de la ville de Stone Town. Je me fais (enfin) le plaisir d’une paire de sandales, faites main par une famille d’origine indienne.

Les différents peuples se croisent en parfaite harmonie : Swahilis, Arabes (notamment d’Oman), Indiens… Tous issus de l’incroyable histoire commerçante de l’île. Nous visitons l’ancien palais du Sultan, relativement sobre, dans un style colonial fort charmant, un ancien dispensaire transformé en conservatoire et en galerie, ainsi qu’un ancien hammam de style persique. Ce qui nous a réellement conquis, c’est la ville elle-même de Stone Town. Nous nous perdons un nombre incalculable de fois, pour notre grand bonheur. Le soir, toute la ville se retrouve dans les jardins au bord de la mer, envahis par les bouis-bouis qui préparent kebabs, fruits de mer, thés aux épices, café… dans une ambiance très détendue. En réalité, ce sont les chats qui se régalent le plus ; ils nous permettent tout de même de goûter à quelques trucs.

Malgré l’enchantement de cette ville, nous décidons de découvrir un peu l’île. Nous posons nos bagages à Jambiani, une petite ville de la côte est, chez Jenny, une Ecossaise qui a installé quelques bungalows de paille sur une plage paradisiaque. Une bonne journée de repos sur le sable blanc s’imposait ! Le programme s’établit comme suit : lever pas trop tôt, petit déjeuner les pieds dans le sable, lecture et écriture face à l’eau turquoise, petite baignade dans une eau décidément trop chaude, apéro sur la plage, repas délicieux… Tout cela dans un calme insolent – nous sommes seuls au monde. Nous discutons avec le personnel et un instituteur, voisin des bungalows, et finissons avec quelques verres sur la plage. Rude journée !


Toutes les bonnes choses ont une fin. Nous retournons le lendemain à Stone Town pour un très long voyage qui s’ensuit. Malgré les attraits de la Tanzanie : Kilimandjaro, Parcs Nationaux de Serengeti et de Ngorogoro, nous devons faire un choix budgétaire, malheureusement. Mais aussi pour des raisons de temps ; nous devons être le plus vite possible à Nairobi pour demander nos visas indiens. Nous faisons donc le choix d’aller directement à Mombasa, au sud du Kenya.