lundi 7 juillet 2014

Du Laos au Vietnam : c’est Bien Bien Phu !



CHA - Effectivement, comme le dit Paul, le calme nous attend à Muang Ngoi : pas d’internet, quasiment pas d’électricité et un village accessible qu’en bateau. Ça nous change ! Nous nous reposons une journée et en profitons pour nous familiariser avec la ville, oups pardon, la seule et unique rue de Muang Ngoi. L’ambiance de petit village persiste malgré le fleurissement de nombreuses guest-houses, restaurants et bars pour touristes. On a posé nos valises dans un bungalow super joli, non loin du Mékong, le tout pour 5€. Autant vous dire qu’on est heureux ! 

La grande activité à Muang Ngoi, c’est les randonnées vers les villages voisins. Nous partons donc le lendemain en début de matinée en direction de Ban Na, petit village perdu entre les montagnes et les rizières. 

Selon les conseils des autres voyageurs, il vaut mieux couper à travers les rizières (qui sont sur des terrains plats) plutôt que de suivre la route qui monte et qui descend sans cesse. Finalement, à l’aller, nous décidons tout de même de suivre la route et nous tombons sur un « péage » et oui… même en pleine cambrousse ! 

Après avoir réglé notre euro symbolique, nous visitons une grotte. Sensation très étrange car nous sommes seuls dans cet antre sombre et nos pas résonnent. Nous ne resterons pas longtemps sous terre de peur de perdre notre chemin dans ces dédales de pierres qui semblent interminables. Nous poursuivons donc notre chemin et après deux bonnes heures de marche entre montagnes et rizières, nous débouchons à Ban Na ; village effectivement très traditionnel avec ses maisons en bois, sa place principale, ses poules, ses enfants pieds nus, etc. Un vrai bonheur ! Nous buvons un petit coca (pas frais car pas d’électricité !) avant de prendre le chemin du retour, cette fois en coupant à travers les rizières. 

Parfois je me demande ce qui nous passe par la tête. Couper à travers les rizières en pleine après-midi, sous un soleil de plomb… quoi de plus normal ! Bref, on marche entre les plantations de riz, sur ces espèces de digues plus ou moins stables, pendant près d’une heure. C’est magique, vraiment dépaysant, calme et j’en passe. Mais on décide tout de même de retrouver la terre ferme et la vraie route au bout d’un moment. Et là… impossible de rejoindre le chemin ! Entre lui et nous, une jungle et une rivière qui se sont glissés là, sans qu’on s’en aperçoive. Résignés, nous continuons sur nos digues et poussons jusqu’à une petite maison perdue en pleine rizière. Là, un homme à qui nous demandons notre chemin nous indique vaguement une direction. On s’engage et nous tombons nez à nez avec la fameuse rivière. N’ayant pas trop le choix, Paul met courageusement les pieds dans cette eau boueuse et non identifiée et tente la traversée pour voir si nous pouvons passer. Ouf ! L’eau ne monte qu’au niveau des mollets. On traverse et là, on se retrouve en pleine jungle. 
Au loin, on entend les motos qui passent sur la route. C’est donc au bruit, un bâton à la main, qu’on tente de retrouver notre chemin parmi la végétation. Un semblant de piste boueuse se dessine et nous mène droit sur… la rivière ! La même rivière qui serpente dans la jungle ! Forts de notre première expérience, c’est moi qui m’engage et forcément, je plonge mon pied au mauvais endroit et l’eau me monte jusqu’aux cuisses ! Tant pis, foutu pour foutu, on traverse. Mais, de l’autre côté, toujours pas de piste ! Et pourtant, les bruits du chemin nous parviennent plus nettement. On est plus très loin ! Alors on se sépare. L’un descend la rivière pendant que l’autre la remonte (Dans les films d’horreur, c’est toujours à ce moment-là qu’il y a un meurtre…) Je tombe sur un pont en bois écroulé par le courant. Et qui dit pont, dit ouvrier pour la construction, dit chemin pour apporter le matériel. Banco ! Une piste nous mène tout droit à la route ! Enfin ! Cette mésaventure nous aura quand même bien fait perdre deux heures et c’est fatigués que nous rejoignons le village. 

Vous commencez à être habitué à nos journées de la loose, donc vous vous doutez bien que ça ne se finit pas là ! Voulant dîner tranquillement, on s’installe dans un petit restaurant à l’air paisible. Mais c’était sans compter sur la femme du patron qui débarque flanquée de ses trois copines, ivres comme pas deux, en criant et en chantant à tue-tête. Pleines d’entrain (et de bière…), elles sortent une énorme enceinte et poussent la musique à fond dans le resto. Pour le calme, on repassera !
Après un enchainement de danses endiablées, elles se rendent compte de notre présence, nous autres touristes, ahuris par ce spectacle, et décident de nous offrir à tous un shoot de la bouteille d’alcool qu’elles boivent, elles, au goulot. Dans cette bouteille flottent des objets/aliments non identifiés à l’air visqueux. Je suis incapable de vous décrire le goût que ça avait puisque la seule chose que j’ai ressenti c’est la brûlure du liquide dans ma gorge et les larmes sur mes joues. De l’alcool à 90°, aromatisé à je ne sais pas quoi, mis à macérer dans une bouteille vieille de je ne sais pas combien d’années. Comme dans Les Bronzés ! De quoi nous achever après cette journée d’aventure ! 

Le lendemain est surtout consacré à essayer de trouver des gens pour remplir notre bateau de retour puisqu’il ne part pas si nous ne sommes pas assez nombreux. 

Dien Bien Phu-le sentimentale (Souchon…)

C’est finalement avec quatre Français, Axelle et Diane, deux amies, et Stéphanie et Florian, un couple en long voyage aussi, qu’on décolle le surlendemain en direction du nord pour une escale dans une ville-étape avant de passer la frontière du Vietnam. 

Rien à dire sur cette ville-étape mis à part qu’on a dormi dans la pire auberge depuis le début du voyage. Sale, très sale, plein de bêtes (réveillés à 5h du matin par un rat dans la poubelle), on décolle le lendemain avec plaisir. Direction le Vietnam ! 

Pas de soucis à la frontière et nous arrivons vers midi sur cette fameuse plaine remplie d’histoire. Dien Bien Phu est aujourd’hui une ville comme une autre dont la principale activité est la visite des musées. On passe donc l’après-midi dans le « Musée de la bataille de Dien Bien Phu », très mal fait, aucune chronologie, aucune explication en anglais et surtout très pro Vietnamien. Ok, c’est normal un peu de parti-pris, mais à ce point-là ! Nous déambulons donc à travers des photos de l’ennemi français et du géant vietnamien avant de nous rendre sur la colline nommée A1, zone tenue par les Français à l’époque. Là non plus, pas d’explication mais un super réseau de tranchées reconstruites et de tunnels. Très impressionnant ! Le tout agrémenté du vestige d’un char français et d’un énorme trou d’obus (dans lequel un officier de l’armée vietnamienne se faisait prendre en photo, une clope au bec). 

C’est Sapa ici ! 

Le lendemain, c’est encore en compagnie des quatre Français que nous prenons un bus en direction de Sapa, village montagnard et point de départ des treks. Nous renouons avec le tourisme et la réalité dans ce bastion de la randonnée et de la culture Mhong. Il n’y a pas grand-chose à faire en ville et nous partons le surlendemain en balade avec Stéphanie et Florian. Etant toujours en mode « économie », nous avions entendu que nous n’étions pas obligés d’avoir un guide pour la randonnée. C’est donc armés de nos bonnes chaussures, d’une carte et de notre bonne humeur que nous partons tous les quatre à la découverte des environs. 

Et nous ne sommes pas déçus ! Le paysage est splendide avec ses nuages bas qui forment des colliers autour des montagnes vertes. Nous croisons des buffles à ne plus savoir qu’en faire, des villageois et même une base militaire où nous pénétrons sans le savoir avant de nous faire arrêter d’un « Sitop, sitop, sitop » (stop en version vietnamien des montagnes) par un militaire à l’air méchant, armé d’une matraque. Nous faisons demi-tour et coupons à travers champs pour retrouver notre chemin. Manque de bol, on tombe encore sur la zone militaire et cette fois, l’officier nous montre un peu plus précisément par où passer. On a bien rigolé ! (Nous, pas le militaire !)

La balade se poursuit entre gadoue et chutes d’eau pour se finir par une jolie descente d’1h30 vers la vallée qui m’a valu de nombreuses chutes à causes des cailloux et de la terre glissante. Rien de cassé, je vous rassure, juste quelques bleus et une fierté un poil écorchée… (Pas facile de se retrouver sur les fesses tous les deux mètres quand tu vois les gamins locaux dévaler la pente aisément et le tout, en tongs !) 

Nous déjeunons d’un Pho (prononcer Feu), soupe locale existant aussi dans le reste de l’Asie du Sud-Est, composée de noodles (pâtes chinoises), de légumes, d’herbes diverses (avec de la menthe, miam !), de la viande ou pas, le tout plongé dans un bouillon savoureux. Un régal lorsqu’elle est bien faite ! C’est mon alimentation de base depuis quelques jours parce que 1) C’’est pas cher 2) tu es quasiment sûr d’en trouver partout et 3) tu es quasiment sûr de ce que tu vas trouver dans ton assiette, ce qui n’est pas le cas avec les autres plats !

Bref, c’est donc de Sapa que je vous écris aujourd’hui, face aux montagnes perdues dans les nuages. Nous partons ce soir pour rejoindre Hanoï où nous retrouvons le reste de la famille Nouette !
En effet, ma maman et ma sœur débarquent demain pour 10 jours et nous allons poursuivre notre voyage au Vietnam avec elles. Nous allons donc profiter à fond de cette visite (et du saucisson, fromage et autre « françaiseries » qu’elles nous rapportent) et prendre de « vraies » vacances dans des « vrais » hôtels, avec des « vrais » lits, sans moustiques/cafards/papillons/rats et autres bêtes non identifiées, manger des trucs bons etc. bref la vraie vie ! Le pied !

Nous vous retrouverons donc après ces vacances qui promettent monts et merveilles ! 

Ps : Oui, maman, je suis contente de te voir !
Ps 2 : tu n’oublies pas le saucisson, hein ?! 

La seule route de Muang Ngoi

Paul à la découverte des grottes

Muang Ngoi

Un compagnon croisé sur la route

Le petit village de Ban Na

Muang Ngoi: entre montagne et rizière


Pas facile de retrouver son chemin...

Des rizières à perte de vue

Dien Bien Phu

A1 et son trou d'obus

Paul dans les tranchées

Les petites routes de Sapa

Sapa (là on est dans la zone militaire!)

Les rizières en escalier de Sapa


samedi 5 juillet 2014

La moto, c’est de la bombe



PAUL – Vous commencez à bien nous connaître, désormais. Ce n’est pas une (ou plusieurs) panne(s) qui nous arrêtent. D’ailleurs, très peu de temps après cette escapade en moto à Vang Vieng, nous en ferons d’autres dans les jours qui suivent.

Tout d’abord, Phonsavane, à quelques six heures de minibus à travers les montagnes. De cette prochaine destination, nous ne savons pas beaucoup, si ce n’est la présence d’immenses jarres depuis des centaines d’années. De cette « plaine des jarres », même les habitants locaux en savent très peu. Nous avons été convaincus d’y aller par quelques photos prises par un autre voyageur. Ambiance Stonehenge, nous promet-on, mais c’est à peine Carnac qui s’offre à nous.

Ayant loué une moto une fois à Phonsavane, nous taillons les pistes pour nous engouffrer dans la plaine. Nous trouvons ces quelques dizaines de jarres, mais le manque d’explications ou même de théories nous rend aussi perplexes que les locaux. Certains disent que ces jarres servaient à conserver le vin du roi, jadis, mais rien ne le prouve. Ce qui attire d’avantage notre attention, ce sont les panneaux relatant le travail incessant et colossal de déminage dans la zone.

Bombaisers de Phonsavane

En effet, le Laos a souffert, pendant la guerre du Vietnam, de la plus grosse vague de bombardements (par habitant) de tous les temps, menée notamment par les Américains. Alors que les accords interdisent aux Etats-Unis toute opération militaire au Laos, l’Air Force a tenté de débusquer les hommes de Ho Chi Minh et les milices communistes du nord du Laos.

La particularité de ces bombardements est que c’était la première utilisation de « cluster bombs » ou bombes à défragmentation. Chaque obus relâchait des centaines de « bombies » grandes (et jaunes) comme des balles de tennis. Le type même d’objet avec lequel un enfant est susceptible de jouer s’il le trouve.

Depuis la fin de la guerre, de nombreuses ONG dont le Mine Advisory Group (MAG), débusquent encore aujourd’hui ces petites bombes. Au-delà du risque de mutilation ou de mort des habitants, les bombes constituent un risque économique. Les paysans, par exemple, n’osent pas étendre leurs terres pour cultiver assez de riz pour l’année, car ils ont peur de ce petit coup de bêche qui les enverrait à l’autre bout de la vallée. Le MAG propose un centre d’information en ville, ainsi qu’une projection d’un documentaire fascinant sur le phénomène.

Le beau temps n’ayant pas été au rendez-vous pendant notre court séjour à Phonesavane, c’est mouillés, une fois de plus, que nous avons visité la région. La découverte de la plaine des jarres ayant fait, de surcroît, un effet de pétard mouillé, nous décidons de reprendre la route pour une grande ville perchée dans les montagnes, loin des intempéries : Luang Prabang.

Bien que très touristique, Luang Prabang est une jolie ville agréable. Son architecture très française, entourant les temples, abrite de nombreux cafés et restaurants occidentaux et on se surprendrait à passer plusieurs jours à flâner sur cette péninsule nichée entre le Mékong et le Nam Pha.

Nous ne nous éternisons que très peu en ville, pourtant, car les alentours proposent de nombreuses choses à découvrir. Fans de motos, décidément, nous louons une petite Honda pour faire la route. Avant de partir, sur le marché de la ville, nous croisons Sandrine, une Française vivant aux Etats-Unis rencontrée lors de notre dégustation de vin au Myanmar ! Aussi contente que nous de cette surprise, ni une ni deux, elle décide elle aussi de louer une bécane et de nous suivre pour la journée.

Nous attaquons par une balade très sympathique vers des chutes d’eau. Emballés par les eaux claires,  nous nous baignons même dans une des piscines naturelles. Etonnamment, le site contient également une réserve d’ours. L’ours noir d’Asie du Sud-Est est assez petit, mais il suffit à ravir les quelques touristes présents. Ces « quelques touristes » se transformant en cars entiers, nous prenons congé pour déjeuner quelque part sur la route. C’est la très souriante La (prononcer Laaaaaa pour faire vraiment local !) qui nous sert une soupe de nouilles, tout en faisant un petit cours de Lao.

La suite de la visite nous fait prendre une bonne cinquantaine de kilomètres, à la recherche de la grotte de Pak Ou. Nous quittons la nationale pour nous engouffrer dans une piste de jungle aux vues magnifiques sur le Mékong. Une fois arrivés au village de Pak Ou, raidis par les motos, nous apprenons qu’ils faut non seulement payer l’entrée de la grotte, mais aussi le parking de la moto, ainsi que la traversée du Mékong en bateau. Coût total : un peu moins de 4€, mais quand même !

Nous ne serons pas déçus. La traversée sur le petit bateau nous offre un panorama superbe sur le fleuve et sa vallée, ainsi que sur l’entrée de la grotte, une véritable bouche béante dans la falaise. A l’intérieur : plus de 4000 petites figures de Bouddha en bois, offertes par les fidèles depuis plus de 200 ans. La grimpette qui nous mène à la grotte supérieure (mais qu’est-ce qu’ils ont à tout mettre en hauteur ?! Et encore, nous sommes venus en moto !), nous confrontera à un portail digne du Seigneur des Anneaux. Le détenteur des clés nous ouvre la voie aux mines de la Moria, et on ne peut que se l’imaginer en train de nous enfermer à l’intérieur en faisant résonner son rire sadique. Il n’en fera rien, je vous rassure.

Il fait nuit noire là-dedans ; heureusement que nous avons apporté des lampes torches. Nous découvrons à nouveau de nombreuses figures de Bouddha, toutes très différentes.

La route du retour se fait sans encombre, bien que nous arrivions raides après une journée de moto. Nous dînons au bord du Mékong avec Sandrine, ainsi que Richard et Flore, nos amis de Vang Vieng, que nous croisons dans la rue.

Légèrement frustrés de ne pas rester plus longtemps à Luang Prabang (nous avons l’objectif d’arriver à Hanoï le 7 juillet, vous verrez bientôt pourquoi), nous prenons un bus puis un bateau pour rallier Muang Ngoi, un petit village au bord du Mékong où le calme nous attend !


La plaine des jarres

Rizières et pâturages sont les deux mamelles du Laos

Easy Rider

A Luang Prabang

Wat Xieng Thong, plus ancien temple de Luang Prabang

Cha se fait des amis

Le Mékong entourant Luang Prabang

La cérémonie d'offrandes aux moines, malheureusement assiégée de touristes irrespectueux




Le bateau qui nous mène aux grottes





lundi 23 juin 2014

Everybody needs Sabaidee / Sabaidee moi oui, Andy *



* Sabaidee : Bonjour en Lao


CHA - Vang Vieng est séparée en deux par une rivière, le Nam (au fromage…). D’un côté, les Guests Houses pour hordes de touristes souhaitant boire toute la nuit, surtout souhaitant pratiquer le « tubing », sport local très renommé… Le « tubing » consistant au départ à descendre le fleuve sur une grosse bouée. Les enfants de part et d’autre des berges envoyant alors avec un système de poulies des choses à vendre : bières, encas, mais aussi drogue. 
Au début, c’est bon enfant, puis le bouche à oreille fonctionnant très bien, un bar puis un autre puis un autre font leur apparition au départ du tubing, à 4 km de la ville. Et là, c’est la débandade. Le tubing devient une sorte de quête du graal pour touriste en manque d’alcool. Passer de bar en bar pour boire des seaux de whisky coca mélangé à des produits hallucinogènes, le tout vautré dans sa grosse bouée, et ce, en pleine après-midi sous le soleil. Et à ça, s’ajoute la construction du toboggan géant que des touristes pas très futés ont essayé de prendre en pleine saison sèche (où le niveau de l’eau est très bas). Au total, 29 morts en 2011 et 23 l’année d’avant (pas exactement sûre des chiffres). La majorité des morts s’étant explosé le crane dans 30 cm d’eau. « Une sélection naturelle » si l’on veut être mesquin… 
Mais Vang Vieng s’est relevée et, depuis quelques années, les bars ont fermé et un couvre-feu à minuit a été mis en place et respecté. Bon, il est toujours possible de faire du tubing selon l’ancienne formule si l’on cherche bien, mais Vang Vieng s’est un peu vidée de ces troupeaux de blondes à forte poitrine se baladant en bikini dans la rue. Tout cela est très stéréotypé mais réel malheureusement et les Laos ne savaient plus comment arrêter cette machine. 

Toutefois, de l’autre côté du pont, on est très loin de toute cette agitation et on retrouve l’ambiance petit village lao. C’est pour ça que nous sommes là, les environs de la ville sont splendides, apparemment. C’est là que nous avons posé nos valises, chez « Mango », Guest House tenue par un Français, Noé, et par Mango, une Laotienne. Un vrai paradis de petit bungalow en bois ! Noé n’est pas avare de conseils et d’histoires qui nous enchantent dès le premier soir. Ce même soir d’ailleurs, nous retrouvons le couple de Français rencontré dans le bus, Flore et Richard, eux aussi en tour du monde (suivez leurs aventures sur : lestortuesvagabondes.wix.com/lestortuesvagabondes même leur blog est super bien organisé et très chouette ! Comme eux !). Nous faisons plus ample connaissance autour de bières et d’un petit dîner au bord du lac, et en profitons pour glaner tous les bons conseils qu’ils nous donnent (ils sont super bien préparés ! Ils savent même faire les points de suture !). 

Le lendemain, c’est déjeuner-match : Angleterre-Uruguay. Noé, Paul, JB, Elodie (un couple de Français rencontré à l’auberge, en voyage en Asie pour deux mois) et moi, nous nous retrouvons à regarder la retransmission du match sur une chaine thaïlandaise. Très bon moment même si l’issue du match donne l’Angleterre perdant. 

Attristés par ce résultat, nous décidons tout de même de partir à pied, grimper une montagne non loin de la ville. Vue 360° garantie ! Sur les conseils de JB et Elodie, nous tentons de faire du stop jusqu’au pied de la montagne. La chance étant de notre côté, il se met à pleuvoir et aucune voiture à l’horizon. Finalement, au bout de 15 min de marche, c’est un pick-up aux couleurs de la bière Heineken qui nous prend. A l’arrière, trois Laos buvant des bières et portant tous le même tee-shirt style « week end d’intégration » ou « séminaire ». Ils nous offrent à boire, des bières bien sûr, que nous déclinons. Ce n’est pas en buvant de l’alcool que nous allons réussir à la grimper cette montagne ! Nous arrivons sur place, et après une vingtaine de minutes d’une grimpette très sympa (très glissante aussi !), nous atteignons le sommet. Très jolie vue, certes mais pas 360° car beaucoup d’arbres. Nous apprendrons le lendemain qu’il fallait encore continuer plus haut sur un sentier que nous n’avons pas vu pour atteindre le vrai sommet… On est des boulets ! 

Bref, on redescend et on refait du stop pour rentrer. Et devinez qui nous prend ? Le même pick-up Heineken avec les mêmes Laos à l’arrière, ayant vidé leur stock de bière. Cette fois, on est bien obligé d’accepter la bière offerte et on entame la discussion avec un Hollandais lui aussi assis à l’arrière et affublé du même tee-shirt. On apprend que ce sont des employés Heineken qui font visiter la région à leur homologue hollandais et qui prévoient de lancer une nouvelle bière concurrente de Beer Lao, la boisson locale. Drôle de rencontre ! 

La journée de la « loose » 

Le lendemain, réveil aux aurores grâce au coq un peu déréglé, qui chante à 4h du matin, puis nous retrouvons Flore et Richard, les autres Français (rencontré dans le bus, vous suivez ?) pour une ballade en moto dans la campagne. Au programme : 30 km de pistes, un lagon, une grotte puis une autre ballade de l’autre côté de la ville jusqu’à des chutes d’eau. 

Tout commence très bien. C’est dépaysant, sauvage, joli, vert, magique… Bref, parfait ! On croise de nombreux Laos travaillant dans les rizières, de superbes villages avec des maisons en bois sur pilotis, on s’arrête pour prendre des photos mais aussi… parce que le scooter de Flore et Richard se désintègre ! 
Première panne : la pédale de frein qui traîne par terre. On répare avec les moyens du bord (une ficelle trouvée au bord de la route) et c’est reparti pour s’arrêter à nouveau 30 min plus tard parce que notre réparation n’a pas tenu. On re-répare, avec l’aide d’un Lao cette fois, et c’est au tour de notre scooter, qui, lui, ne veut plus démarrer. 20 minutes plus tard enfin, on décolle et on poursuit notre ballade en s’enfonçant hors des sentiers battus. Petite pause déjeuner dans le restaurant d’une association locale au bord d’une rivière puis direction le Blue Lagoon où nous espérons pouvoir nous baigner et laver toute la boue qu’on a récupéré en chemin. Nous sommes en pleine mousson, donc pluie + piste de terre = gadoue, flaque boueuse etc. L’éclate en scooter, vous imaginez bien !

Bref, la baignade sera remise à plus tard car c’était sans compter sur les touristes (les mêmes qui font du tubing) qui ont fait du lagon une piscine municipale. A noter qu’il il y aussi des touristes thaïlandais et lao tout aussi envahissants. Il est vrai, je l’avoue, qu’on est assez allergique aux endroits remplis de touristes et qu’on évite au maximum de participer au tourisme de masse. C’est une opinion tout à fait personnelle, qui n’engage que nous, bien sûr. 

A la place de notre baignade, on va visiter une grotte très chouette et impressionnante autant par sa taille que par sa profondeur. Nous ressortons encore plus sales qu’avant et il est l’heure de se séparer, puisque Paul et moi continuons la ballade de l’autre côté de la ville, tandis que Flore et Richard vont escalader la montagne, ce que nous avions fait la veille. 

L’après-midi étant bien avancée, nous nous dépêchons de traverser la ville et retrouvons nos pistes bien aimées avec encore plus de gadoue et de dos d’âne. Une vingtaine de minutes plus tard, nous voilà arrivés aux chutes d’eau. Etant donné l’heure tardive, 18h, nous sommes seuls et nous profitons vraiment de ce joli endroit perdu au milieu de la jungle. Mais il faut rentrer avant la nuit et lorsque nous repassons devant les bouis-bouis à l’entrée du site, ils sont tous en train de fermer. Nous enfourchons notre fidèle destrier, entamons la montée pour quitter le site et……. Pssssscccchhhhhiiiiitttt…. On crève ! 
Dans la montée, au milieu de nulle part, à 10 km du prochain village, alors que la nuit tombe, et surtout pile au moment où passe le dernier scooter qui ferme la dernière boutique, emportant avec lui notre seul espoir de secours. La chance est décidément de notre côté…

Alors, on prend notre mal en patience et, chacun notre tour, on pousse le scooter, rajoutons la transpiration à la boue, qui macule nos vêtements et nos cheveux. On arrive enfin dans un village où Paul dégote un mec qui, de mauvaise grâce (vous comprenez, il avait fini sa journée…), accepte de réparer la roue. Finalement, il faudra changer intégralement la chambre à air, qui était dans un état épouvantable. 45 minutes et 5€ plus tard, la nuit est totalement tombée et nous sommes prêts à repartir. Mais bien sûr, notre phare éclairant aussi bien qu’un écran de téléphone portable, nous nous engageons prudemment sur la piste dans la nuit noire en se demandant ce qui pourrait nous arriver de pire. La réponse arrive quelques instants plus tard sous la forme d’une pluie torrentielle. Les joies de la mousson ! Trempés jusqu’aux os, sans phare et crevés, nous sommes finalement sauvés par un gentil Lao qui déboule en scooter avec un phare digne de ce nom et nous éclaire le chemin jusqu’à la ville. Très sympa ! 

Et pour finir en beauté cette journée de la « loose », sur le pont en bois (moisi) qui nous ramène chez le loueur de moto, nous glissons à cause de la pluie et nous nous retrouvons les quatre fers en l’air. Plus de peur que de mal, seulement quelques bleus et égratignures, mais tout de même, trop c’est trop, je finis à pied, et Paul ramène le scooter chez le loueur, bien décidé à se faire rembourser. Mais bien sûr, le mec ne parle pas trois mots d’anglais et c’est donc dépités que nous retrouvons Flore et Richard pour un diner réparateur et très sympa. 

Malgré les nombreuses péripéties de cette journée, on a quand même bien profité et surtout bien rigolé : une vraie équipe de choc !

Le Nam (au fromage encore..) sur lequel a lieu le tubing

Le fameux pont glissant

La province de Vang Vieng sans la vue 360°

Toujours la province de Vang Vieng

Un petit bout croisé dans un village

Les rizières autours de Vang Vieng

Le lieu de la 1ere panne

La jungle pour accéder aux chutes d'eau

Les chutes d'eau

Brumisateur naturel

Paul, dépité et notre mécano pas content