* Sabaidee : Bonjour en Lao
CHA - Vang Vieng est séparée en deux par une rivière, le Nam
(au fromage…). D’un côté, les Guests Houses pour hordes de touristes souhaitant
boire toute la nuit, surtout souhaitant pratiquer le « tubing », sport
local très renommé… Le « tubing » consistant au départ à descendre le
fleuve sur une grosse bouée. Les enfants de part et d’autre des berges envoyant
alors avec un système de poulies des choses à vendre : bières, encas, mais
aussi drogue.
Au début, c’est bon enfant, puis le bouche à oreille fonctionnant
très bien, un bar puis un autre puis un autre font leur apparition au départ du
tubing, à 4 km de la ville. Et là, c’est la débandade. Le tubing devient une
sorte de quête du graal pour touriste en manque d’alcool. Passer de bar en bar
pour boire des seaux de whisky coca mélangé à des produits hallucinogènes, le
tout vautré dans sa grosse bouée, et ce, en pleine après-midi sous le soleil.
Et à ça, s’ajoute la construction du toboggan géant que des touristes pas très
futés ont essayé de prendre en pleine saison sèche (où le niveau de l’eau est
très bas). Au total, 29 morts en 2011 et 23 l’année d’avant (pas exactement sûre
des chiffres). La majorité des morts s’étant explosé le crane dans 30 cm d’eau.
« Une sélection naturelle » si l’on veut être mesquin…
Mais Vang
Vieng s’est relevée et, depuis quelques années, les bars ont fermé et un couvre-feu
à minuit a été mis en place et respecté. Bon, il est toujours possible de faire
du tubing selon l’ancienne formule si l’on cherche bien, mais Vang Vieng s’est
un peu vidée de ces troupeaux de blondes à forte poitrine se baladant en bikini
dans la rue. Tout cela est très stéréotypé mais réel malheureusement et les Laos
ne savaient plus comment arrêter cette machine.
Toutefois, de l’autre côté du pont, on est très loin de
toute cette agitation et on retrouve l’ambiance petit village lao. C’est pour
ça que nous sommes là, les environs de la ville sont splendides, apparemment. C’est
là que nous avons posé nos valises, chez « Mango », Guest House tenue
par un Français, Noé, et par Mango, une Laotienne. Un vrai paradis de petit
bungalow en bois ! Noé n’est pas avare de conseils et d’histoires qui nous
enchantent dès le premier soir. Ce même soir d’ailleurs, nous retrouvons le
couple de Français rencontré dans le bus, Flore et Richard, eux aussi en tour
du monde (suivez leurs aventures sur :
lestortuesvagabondes.wix.com/lestortuesvagabondes même leur blog est super bien
organisé et très chouette ! Comme eux !). Nous faisons plus ample
connaissance autour de bières et d’un petit dîner au bord du lac, et en
profitons pour glaner tous les bons conseils qu’ils nous donnent (ils sont
super bien préparés ! Ils savent même faire les points de suture !).
Le lendemain, c’est déjeuner-match : Angleterre-Uruguay. Noé, Paul, JB,
Elodie (un couple de Français rencontré à l’auberge, en voyage en Asie pour
deux mois) et moi, nous nous retrouvons à regarder la retransmission du match
sur une chaine thaïlandaise. Très bon moment même si l’issue du match donne
l’Angleterre perdant.
Attristés par ce résultat, nous décidons tout de même de
partir à pied, grimper une montagne non loin de la ville. Vue 360°
garantie ! Sur les conseils de JB et Elodie, nous tentons de faire du stop
jusqu’au pied de la montagne. La chance étant de notre côté, il se met à
pleuvoir et aucune voiture à l’horizon. Finalement, au bout de 15 min de marche,
c’est un pick-up aux couleurs de la bière Heineken qui nous prend. A l’arrière,
trois Laos buvant des bières et portant tous le même tee-shirt style
« week end d’intégration » ou « séminaire ». Ils nous
offrent à boire, des bières bien sûr, que nous déclinons. Ce n’est pas en
buvant de l’alcool que nous allons réussir à la grimper cette montagne !
Nous arrivons sur place, et après une vingtaine de minutes d’une grimpette très
sympa (très glissante aussi !), nous atteignons le sommet. Très jolie vue,
certes mais pas 360° car beaucoup d’arbres. Nous apprendrons le lendemain qu’il
fallait encore continuer plus haut sur un sentier que nous n’avons pas vu pour
atteindre le vrai sommet… On est des boulets !
Bref, on redescend et on refait du stop pour rentrer. Et devinez
qui nous prend ? Le même pick-up Heineken avec les mêmes Laos à l’arrière,
ayant vidé leur stock de bière. Cette fois, on est bien obligé d’accepter la
bière offerte et on entame la discussion avec un Hollandais lui aussi assis à
l’arrière et affublé du même tee-shirt. On apprend que ce sont des employés
Heineken qui font visiter la région à leur homologue hollandais et qui prévoient
de lancer une nouvelle bière concurrente de Beer Lao, la boisson locale. Drôle
de rencontre !
La journée de la « loose »
Le lendemain, réveil aux aurores grâce au coq un peu déréglé,
qui chante à 4h du matin, puis nous retrouvons Flore et Richard, les autres Français
(rencontré dans le bus, vous suivez ?) pour une ballade en moto dans la
campagne. Au programme : 30 km de pistes, un lagon, une grotte puis une
autre ballade de l’autre côté de la ville jusqu’à des chutes d’eau.
Tout commence très bien. C’est dépaysant, sauvage, joli,
vert, magique… Bref, parfait ! On croise de nombreux Laos travaillant dans
les rizières, de superbes villages avec des maisons en bois sur pilotis, on s’arrête
pour prendre des photos mais aussi… parce que le scooter de Flore et Richard se
désintègre !
Première panne : la pédale de frein qui traîne par
terre. On répare avec les moyens du bord (une ficelle trouvée au bord de la
route) et c’est reparti pour s’arrêter à nouveau 30 min plus tard parce que
notre réparation n’a pas tenu. On re-répare, avec l’aide d’un Lao cette fois,
et c’est au tour de notre scooter, qui, lui, ne veut plus démarrer. 20 minutes
plus tard enfin, on décolle et on poursuit notre ballade en s’enfonçant hors des
sentiers battus. Petite pause déjeuner dans le restaurant d’une association
locale au bord d’une rivière puis direction le Blue Lagoon où nous espérons
pouvoir nous baigner et laver toute la boue qu’on a récupéré en chemin. Nous
sommes en pleine mousson, donc pluie + piste de terre = gadoue, flaque boueuse
etc. L’éclate en scooter, vous imaginez bien !
Bref, la baignade sera remise à plus tard car c’était sans
compter sur les touristes (les mêmes qui font du tubing) qui ont fait du lagon
une piscine municipale. A noter qu’il il y aussi des touristes thaïlandais et
lao tout aussi envahissants. Il est vrai, je l’avoue, qu’on est assez
allergique aux endroits remplis de touristes et qu’on évite au maximum de
participer au tourisme de masse. C’est une opinion tout à fait personnelle, qui
n’engage que nous, bien sûr.
A la place de notre baignade, on va visiter une grotte très
chouette et impressionnante autant par sa taille que par sa profondeur. Nous
ressortons encore plus sales qu’avant et il est l’heure de se séparer, puisque
Paul et moi continuons la ballade de l’autre côté de la ville, tandis que Flore
et Richard vont escalader la montagne, ce que nous avions fait la veille.
L’après-midi étant bien avancée, nous nous dépêchons de traverser la ville et retrouvons
nos pistes bien aimées avec encore plus de gadoue et de dos d’âne. Une
vingtaine de minutes plus tard, nous voilà arrivés aux chutes d’eau. Etant
donné l’heure tardive, 18h, nous sommes seuls et nous profitons vraiment de ce
joli endroit perdu au milieu de la jungle. Mais il faut rentrer avant la nuit
et lorsque nous repassons devant les bouis-bouis à l’entrée du site, ils sont
tous en train de fermer. Nous enfourchons notre fidèle destrier, entamons la
montée pour quitter le site et……. Pssssscccchhhhhiiiiitttt…. On crève !
Dans
la montée, au milieu de nulle part, à 10 km du prochain village, alors que la
nuit tombe, et surtout pile au moment où passe le dernier scooter qui ferme la
dernière boutique, emportant avec lui notre seul espoir de secours. La chance
est décidément de notre côté…
Alors, on prend notre mal en patience et, chacun notre tour,
on pousse le scooter, rajoutons la transpiration à la boue, qui macule nos vêtements
et nos cheveux. On arrive enfin dans un village où Paul dégote un mec qui,
de mauvaise grâce (vous comprenez, il avait fini sa journée…), accepte de réparer
la roue. Finalement, il faudra changer intégralement la chambre à air, qui
était dans un état épouvantable. 45 minutes et 5€ plus tard, la nuit est
totalement tombée et nous sommes prêts à repartir. Mais bien sûr, notre phare
éclairant aussi bien qu’un écran de téléphone portable, nous nous engageons
prudemment sur la piste dans la nuit noire en se demandant ce qui pourrait nous
arriver de pire. La réponse arrive quelques instants plus tard sous la forme d’une
pluie torrentielle. Les joies de la mousson ! Trempés jusqu’aux os, sans
phare et crevés, nous sommes finalement sauvés par un gentil Lao qui déboule en
scooter avec un phare digne de ce nom et nous éclaire le chemin jusqu’à la
ville. Très sympa !
Et pour finir en beauté cette journée de la « loose »,
sur le pont en bois (moisi) qui nous ramène chez le loueur de moto, nous
glissons à cause de la pluie et nous nous retrouvons les quatre fers en l’air.
Plus de peur que de mal, seulement quelques bleus et égratignures, mais tout de
même, trop c’est trop, je finis à pied, et Paul ramène le scooter chez le
loueur, bien décidé à se faire rembourser. Mais bien sûr, le mec ne parle pas
trois mots d’anglais et c’est donc dépités que nous retrouvons Flore et Richard
pour un diner réparateur et très sympa.
Malgré les nombreuses péripéties de cette journée, on a
quand même bien profité et surtout bien rigolé : une vraie équipe de choc !
| Le Nam (au fromage encore..) sur lequel a lieu le tubing |
| Le fameux pont glissant |
| La province de Vang Vieng sans la vue 360° |
| Toujours la province de Vang Vieng |
| Un petit bout croisé dans un village |
| Les rizières autours de Vang Vieng |
| Le lieu de la 1ere panne |
| La jungle pour accéder aux chutes d'eau |
| Les chutes d'eau |
| Brumisateur naturel |
| Paul, dépité et notre mécano pas content |