mercredi 4 mars 2015

I Bolivia Can Fly !

PAUL – Entre la Route de la Mort et le départ de nos amis, ces derniers jours à La Paz sont riches en émotions. Loin de nous laisser aller, nous décidons de faire ce que nous savons faire de mieux : reprendre la route. La prochaine étape est la capitale administrative de la Bolivie, c’est-à-dire Sucre. Et quelle douce ville ! Nous y passons trois jours, à flâner, à visiter ses églises, ses cafés, son parc…

Le moment phare de cette étape, voir même l’un des meilleurs moments de tout le voyage, commence quand la patronne suisse de notre auberge nous apprend qu’on peut trouver de l’excellente charcuterie à Sucre, ainsi que du fromage à raclette. De plus, elle veut bien nous prêter son appareil à raclette ! Nous voilà, neuf mois après avoir quitté la France, à déguster un bon plat de chez nous avec une bonne bouteille de vin blanc bolivien (que de bonnes choses dans ce pays !) Entre ça et l’excellent restaurant de l’Alliance Française, ça donne envie de s’installer dans cette jolie ville de style colonial (oui, c’est aussi pour cela qu’on l’aime bien !)

L’heure tourne, pourtant ; les jours passent, et mine de rien, la fin de notre périple approche à grands pas. Nous devons donc reprendre la route, encore et toujours.

Nous arrivons ensuite à Potosi, région réputée pour ses mines d’argent, de cuivre, d’étain… Pour nous emmener dans les mines, c’est Julio, ancien mineur devenu militant (un peu fou), qui nous emmène.

Il nous propose tout d’abord de faire quelques emplettes à offrir aux mineurs (boissons, feuilles de coca à mâcher, paires de gants, bâtons de dynamite…) Nous nous changeons ensuite pour nous enfoncer dans le Cerro Rico, montagne qui fait le bonheur de la ville pour ses inépuisables ressources.

Notre guide, aux faux airs de José Garcia ou Robert de Niro (un peu), nous explique la dureté du métier de mineur. La plupart que nous rencontrons ont à peine 19 ans. Ils travaillaient autrefois dans les champs, mais comme dit Fernand Raynaud : « ça eut payé, mais ça paye plus ! » Donc ils sont condamnés à entrer dans cette montagne, chaque jour, jusqu’à ce qu’ils ne tiennent plus debout.
Le touriste est le bienvenu, car il apporte ses cadeaux, mais aussi parce que Julio reverse 10% de ses recettes à une coopérative de mineurs, qui pourra s’acheter du matériel, des machines, soutenir un mineur accidenté, etc. Le Cerro Rico est toutefois menacé, car certaines agences de tourisme proposent à leurs clients de faire sauter eux-mêmes de la dynamite, n’importe-où. C’est là le combat de Julio, qui cherche à préserver la manne économique de toute une région.

Le King et la Reina
A Potosi, nous rencontrons Sandra, une Française qui se dirige ensuite, comme nous, vers le Salar d’Uyuni, le fameux désert de sel qui marque la frontière avec le Chili. Nous embarquons donc pour une excursion de quatre jours à travers le Salar avec un guide chauffeur nommé Elvis et une cuisinière : Reina.

Dans la voiture avec nous, il y a également un couple d’Autrichiens avec qui nous sympathisons et dont nous croiserons la route plusieurs fois par la suite. Sonja et Klaus font également un tour du monde ; nous partageons donc nos idées et conseils. Ils ont prévu de passer en Antarctique, mais on ne devrait pas les suivre…

Nous commençons l’excursion par la Vallée de la Lune, près de la ville de Tupiza. Un paysage surprenant ; des roches de toutes les formes s’étirant vers le ciel dans des couleurs rougeâtres, immenses. La Vallée rythmera notre trajet jusqu’à la ville d’Uyuni, qui marque l’entrée du Salar. La présence d’un cimetière de trains renforce l’aspect fantomatique de cette ville sans intérêt. Mais après, c’est dans l’infini paysage blanc que notre fine équipe s’aventure, s’enfonçant plus profondément chaque minute.

C’est blanc. A perte de vue. Le sol est dur comme du béton. La couche de sel atteint un mètre d'épaisseur, sur des centaines de kilomètres carrés… Mais pas un satané grain de poivre ! C’est un scandale !

Peu à peu, à force de rouler, au rythme des petits plats et casse-croûtes préparés par Reina, nous entrevoyons… des îles. En plein désert de sel : une île couverte de cactus énormes, atteignant dix mètres de hauteur. On se croirait dans Tintin et l’Etoile Mystérieuse. C’est aussi tout près de là que nous profitons de l’immensité du Salar pour prendre des photos rigolotes, en jouant avec la perspective. Bon, ces photos sont perdues, mais on a essayé de vous trouver des exemples !
La nuit (froide, très froide), nous nous serrons avec d’autres touristes dans des hôtels de sel, à s’agglutiner autour d’un poêle avec une tasse de maté et à raconter des histoires de voyage.
Le dernier jour de l’excursion est réservé à la visite des lagons immenses de ce parc national : le rouge, le vert et le blanc. Portant fièrement et littéralement leur couleur, les trois lagons sont magnifiques, habités de flamants roses et de lamas. Sauf le vert, bizarrement, qui doit sa couleur à sa teneur en arsenic.

Petit quiz pour nos lecteurs : Où a-t-on également vu une piscine d’arsenic ? Envoyez vos réponses par carte postale pour tenter de gagner… un truc de mon choix. Et on triche pas, hein ! On ne va pas aller lire un certain post du mois d’août… Bref, on s’égare.

Le lendemain, nous attaquons la frontière chilienne, par la ville ultra-touristique de San Pedro de Atacama, l’entrée d’un nouveau désert !

La Vallée de la Lune dans toute sa splendeur

Notre groupe : Klaus et sa belle barbe, Cha, Paul, Sonja (1er plan) et Sandra, en plein déjeuner

Le cimetière de trains

Les portes du Salar d'Uyuni

Le lever du soleil sur le salar

Le lagon blanc

El Arbol de Piedra, l'arbre de pierre

Le lagon rouge et sa faune

Les geysers

Balade au bord du lagon vert

Enfermés en dehors de notre chambre : le grand classique "un qui bosse, deux qui regardent"
Un exemple de jeu de perspectives dans le Salar (c'est pas nous !)

mardi 27 janvier 2015

Dix bons jours (bonjour !) avec les copains

Nous nous excusons pour le délai depuis la dernière publication. En réalité, le voyage est déjà terminé, mais nous continuons de poster ici toutes les étapes. Vous pourrez ainsi suivre nos aventures jusqu'au bout, malgré le retard, dont une explication parmi tant d'autres suit dans le post ci-dessous. Merci pour votre fidélité.

BERTRAND ET MONIA - C’est à l’aube d’un 13 octobre printanier que nous retrouvons Charlotte, se brossant les dents, et Paul, qui aurait mieux fait de le faire, à l’auberge Kokopelli de Lima. Nous arrosons ces retrouvailles de café, et surtout de saucisson et de chocolat Milka (celui avec les noisettes) tant attendus par nos baroudeurs !


Nous partons ensuite à la découverte de Lima. La belle place centrale Plaza de Armas et quelques rues bien charmantes composent le vieux Lima, et c’est après une petite vadrouille et la visite d’un monastère que nous nous posons dans un petit restaurant à la déco rustique. Paul et Charlotte sont dans le pays depuis une bonne semaine, et Paul en profite donc pour nous faire découvrir sa nouvelle boisson favorite : l’Inca Kola. Visuellement c’est de l’essence, au goût c’est un antibiotique. Le dépaysement est total ! Le temps de se remettre de cette expérience, nous allons assister à la relève de la garde devant le palais présidentiel. Nous assistons à une parade orchestrale, dont le pas est sans doute fortement inspiré des Monthy Python, durant 20 minutes au milieu d’une petite foule. Le show est plutôt réussi et nous décidons de rentrer dans le vif du sujet en allant visiter nos premiers vestiges pré-Incas : Huaca Pucllana. En effet ce site est un ancien temple servant à des sacrifices à la faveur des dieux, et à chaque sacrifice le temple était agrandi.

Le lendemain matin, nous prenons le bus pour un rapide trajet jusqu’à Cusco.


Cuzco fait maintenant ? 

23 heures plus tard, en fin de matinée, nous arrivons à Cuzco, une ville à couper le souffle ! Il n’est pas impossible que les 3100 mètres montés en moins de 24h y soient pour quelque chose. Sortis du bus, on nous indique que notre auberge serait à une dizaine de minutes. On prend notre courage à deux mains, nos sacs sur les épaules et c’est parti ! Au bout de quinze minutes, le souffle coupé et les épaules fébriles (Paul et Charlotte portent chacun 20 kg sur le dos, nous une dizaine) nous réalisons que les dix minutes devaient en fait être en voiture. C’est un vieil autochtone des plus sympas qui nous aide à trouver un taxi et à s’assurer du prix de la course.

Nous passons 2 jours dans la ville, à marcher à travers les différentes rues, places et quartiers de la ville qui est aussi belle que pentue. Au détour des différentes artères, nous visitons vestiges et églises, parfois elles-mêmes bâties sur des fondations de temples incas. Ces deux premiers jours sont plutôt physiques, chacun vivant le mal d’altitude à des durées et des intensités différentes. Il parait que les infusions de feuilles de coca sont très bonnes contre ce problème et les filles tourneront principalement à ce breuvage. Finalement, il s’avère que le Pisco Sour (cocktail à bases de pisco, de citron vert et de blanc d’œuf) et la Cusqueña (la bière locale) sont bien plus efficaces !

Le Machu Picchu 

C’est la fleur au sac à dos que nous quittons Cuzco pour rejoindre Aguas Calientes, ville dortoir obligatoire pour accéder au Machu Pichu. Le trajet se fait d’abord en bus, puis en train. C’est au beau milieu de notre pause entre les deux moyens de transport que nous apprenons la bonne nouvelle : pas plus de 5 kg de bagages par personne ! Plus une minute à perdre : nous mettons en place notre stratégie d’optimisation des bagages, les vidons, intervertissons, les re-remplissons et nous changeons. Nous commandons des sandwiches, laissons nos gros sacs à la consigne et attrapons le train.

A Aguas Calientes, deux types d’individus : les premiers allant au Machu Picchu et devant passer la nuit ici ; les seconds offrant le gîte et le couvert aux premiers. C’est pourquoi la réputation culinaire du lieu est mauvaise : le ravitaillement est hebdomadaire depuis Cuzco, et à quoi bon faire de la qualité ou respecter l’hygiène élémentaire puisque chaque client sera unique ? C’est par sécurité et pour le plus grand bonheur de nos backpackers préférés que nous choisissons d’écarter tout risque d’intoxication alimentaire en jetant notre dévolu sur un restaurant à la réputation solide. Le budget est plus élevé que d’habitude, mais le gueuleton en vaut la chandelle ! Nous remarquons vite qu’ici, il y a deux types de touristes : les premiers qui choisissent un bon restaurant et dorment du sommeil du juste ; les seconds qui passent la nuit accrochés à la cuvette des toilettes.
4h30. Les yeux se décollent autour d’un café ou d’un mate de coca. Une fois le petit déj avalé, nous nous rendons à pied à travers une ville déserte jusqu’au départ des bus pour le Machu Picchu. En réalité, la ville est loin d’être déserte ! C’est juste que tout le monde se trouve au même endroit : le départ. Nous arrivons à 5h15 (les premiers bus partent à 5h30), la file d’attente fait déjà bien 200 mètres et elle ne cessera de s’agrandir durant toute la matinée, à côté d’un bal de bus incessant. C’est après 30 minutes de montée que nous arrivons à l’entrée du site. En haut nous reconnaissons quelques visages aperçus au petit déjeuner, sauf qu’ils sont maintenant rouges et transpirants. Nous en conclurons que la montée en bus ou à pied sont d’une durée similaire !

Les lieux sont tellement mythiques et donc tellement visités (environ 7 fois plus de visiteurs que préconisé par l’UNESCO) que tout ou presque est réglementé : sentiers à sens unique, agents surveillant que vous ne restiez pas trop longtemps au même endroit, sites annexes avec des heures de passage bien définies... C’est pourquoi nous traversons tout d’abord le site à la va-vite : nous devons être au pied du Huayna Picchu pour l’escalade de 7h tapantes. C’est durant cette montée que nous allons découvrir non pas l’intérêt, mais l’amour, que dis-je, la PASSION des Incas pour les escaliers. Nous gravissons le pic durant une bonne heure, foulant des marches parfois profondes, parfois épaisses, souvent petites... un florilège de marches, et nous ignorons encore que ce ne sera pas la dernière fois. Une fois en haut, nous retrouvons d’autres visiteurs et trouvons une place pour admirer le panorama. Les vestiges Incas du Machu Picchu se cachent tout d’abord timidement derrière les nuages pour finalement abandonner toute pudeur. Nous savourons fièrement la fin du saucisson gardée pour l’occasion, non sans le partager avec un couple de français repéré à côté de nous. Je crois avoir vu des larmes de joie se former dans leurs yeux plein d’admiration à notre égard... C’est donc le torse bombé que nous quittons ces hauteurs pour retourner dans les vestiges. Le site est beau, grand, rempli d’anciens temples, lieux de rituels et d’habitations.

Le Lac Titicaca

Après avoir passé la frontière bolivienne, nous arrivons à Copacabana sur les berges du lac Titicaca. Nous attraperons in extremis un bateau pour la Isla del Sol, où se trouvent un village et des ruines Incas. Arrivés au port de l’île, nous nous retrouvons au pied d’un escalier tout simplement immense ! Nous l’escaladerons durant une petite heure, tous nos bagages sur les épaules, pour finalement nous arrêter hors d’haleine dans un gîte défraichi à l’accueil austère. Qu’importe, il devient urgent de se poser et nous ne sommes plus en état de faire les difficiles. Après un bref répit, nous continuons notre ascension avec en ligne de mire un restaurant trouvé dans le guide. Derrière une forêt de pins, nous nous retrouvons face à une petite maisonnette à côté de laquelle se trouve un ouvrier montant un mur en briques d’argile. Celui-ci nous affirme que nous sommes bien arrivés à bon port : le chef, c’est lui ! Nous nous installons devant un panorama sur le lac et ses îles, et c’est entre deux allées et venues, une brouette chargée de briques, que le propriétaire des lieux prend notre commande.

Le lendemain, la météo maussade nous dissuade d’aller explorer l’ile, d’autant qu’il faudrait une bonne journée pour en profiter et nous ne pouvons prendre ce temps supplémentaire puisque La Paz nous attend de pied ferme. Nous redescendons alors l’infinité de marches en prenant garde à ne pas glisser, puisqu’elles sont trempées par la pluie, attrapons le bateau retour, et sautons dans le bus à destination de La Paz.


La Paz et la Route de la Mort
L’arrivée à la capitale bolivienne est pour le moins terrassante : au détour d’un virage, en haut d’un col, la ville se dévoile, telle une vaste fourmilière étalée dans toute une vallée, véritable magma humain au cœur de la majesté de la cordillère. Le contraste est saisissant. La ville est dans une cuvette, le dénivelé entre les quartiers riches (en bas) et pauvres (en haut) est de 800 mètres.

Aussitôt arrivés, nous réservons nos places pour l’attraction dont nous entendons parler dans tous les bars depuis Cuzco : The Death Road, el Camino de la Muerte, der Tod Straße, 死の道, bref : la route de la mort ! Ancienne route principale reliant la Paz à Coroico, celle-ci tire son nom du nombre incalculable d’accidents qu’elle a vu se dérouler sur son sinueux parcours. Et une fois sur place, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi : un étroit chemin de terre bordé d’un côté d’une énorme falaise, de l’autre d’un véritable précipice. Nos petits casques et protections nous paraissent alors bien dérisoires. Le guide nous prie de rouler à gauche, autrement dit le long du précipice, alors que notre instinct nous dicte exactement l’inverse. Il faut savoir que la route est encore empruntée par quelques rares camions mais uniquement dans le sens de la montée. Le sens de circulation avait été changé pour permettre aux camions qui descendaient de s'assurer qu'ils avaient bien les roues sur terre, et non dans le vide. Nous descendons chacun à notre rythme (c’est à dire Bertrand toujours en dernier les mains sur les freins !), marquant quelques pauses pour garder tout le monde groupé (enfin... surtout Bertrand) et faire quelques photos : le paysage est magnifique, commençant en haute montagne sous la neige pour se terminer dans la chaleur humide, aux portes de la jungle. Après une petite sieste dans le bus, nous sommes de retour à La Paz que nous visitons le lendemain, pour notre dernière journée au bout du monde.
A part le quartier des sorcières (où vous pourrez acheter de magnifiques fœtus de lamas séchés et autres talismans) et les montées interminables, rien de bien pittoresque dans la capitale bolivienne.
Nous quittons nos deux compères, Paul l’haleine plus fraîche qu’à notre arrivée et Charlotte un peu moins, au pied de l’auberge où nous attendons notre taxi. Nous les laissons avec une promesse : notre récit sera vite prêt à être posté sur le blog !


Bertrand et Monia, le 20 janvier 2015

Note de ChaPaul : Notre ordinateur sera volé peu après cette étape. Ainsi, nous tenons à remercier les différents voyageurs que nous avons croisés pour nous avoir donné une copie de leurs photos. Les images ci-dessous sont la propriété intellectuelle de Bertrand et Monia (c'est bien la seule chose qu'on peut leur accorder d'intellectuel, héhé).

La boisson nationale du Pérou : l'Inca Kola. ça donne envie ?


Les bus de Lima, ou salle de muscu ambiante. Démonstration de Bertrand


Le site pré-inca Huaca Pucllana


Notre jolie auberge de Cuzco


Cuzco la belle


Monia et nous sur les toits de Cuzco


Vous remarquerez nos compétences en Photoshop pour supprimer la foule


La spécialité culinaire du Pérou : le cochon d'Inde ou "Cuy"


Arrivée en Bolivie par le Lac Titicaca


Et l'escalade de la Isla del Sol


Mais la vue en vaut la peine


Démarrage de la descente en VTT de la Route de la Mort


Trop heureux :)


Le truc sinueux au fond, c'est elle, la Death Road


Allons-y gaiement


Elle porte bien son nom, tout de même


Et on l'a fait !