PAUL - Nos excuses pour l’irrégularité de nouvelles, mais
nous avons été assez pris dans un certain tournage de films à Bombay. Détails
plus tard !
Tout d’abord, Goa, sur laquelle je passerai proportionnellement
à l’intérêt que suscite cette région balnéaire, soit assez rapidement. Nous
avons logé dans une petite chambre d’hôtes peu accueillante mais pourvue de l’essentiel.
Nous y avons fêté Pâques avec une courte chasse au Kit Kat dans la chambre.
A noter tout de même : le marché aux puces d’Anjuna, où
les hippies qui venaient s’installer là vendaient leurs possessions
occidentales pour ne vivre que de l’essentiel (l’Histoire ne dit pas si cela
consistait de substances illicites).
Le marché aux puces est devenu aujourd’hui un immense
attrape-touristes, où l’on achète vêtements, bijoux, meubles, etc. Quelques
rares hippies subsistent en vendant leurs créations, mais ce sont notamment les
locaux qui ont envahi les lieux avec leurs chinoiseries.
Nous ne nous éternisons donc pas à Goa et prenons le bus
pour Bombay, où nous attend Ophélie, une amie croisée à New York il y a deux
ans. Le trajet en bus est chaotique. Nous partageons une couchette à l’étage
supérieur d’un bus qui fonce dans la nuit indienne comme pour fuir la peste.
Cha restera accrochée à mon bras (qui en porte encore les marques) dans un
demi-sommeil peu réparateur.
Alors que nous parvenons à somnoler quelque peu, à 4 heures
du matin, nus sommes réveillés par le chauffeur : « Vous allez où, à
Bombay ? » Je lui réponds péniblement « Bandra », où habite
Ophélie, une espèce de banlieue chic qui attire les expatriés comme les stars
de Bollywood.
« Dans ce cas, il faut changer de bus ! »
Je ne vous raconte pas la joie de s’extirper d’un état
comateux, de retirer nos sacs de la soute, au bord de l’autoroute, et de
prendre place dans un autre bus, sur-climatisé, sur de petits sièges, pour
finir le voyage. Après tout, si cela nous rapproche de notre destination finale…
Mais quand même !
Sans internet, nous n’avons pas de nouvelles d’Ophélie et
nous nous posons dans le café branché Candies, dans son quartier. Complètement
ensommeillés, nous prenons un petit déjeuner parmi la jeunesse dorée de Bombay.
Nous parvenons à signaler notre présence à Ophélie, qui ne travaille pas pour
cause d’élections, donc elle passera nous prendre.
En effet, l’Inde vote. C’est le plus grand exercice
démocratique de tous les temps : 814 millions de personnes sont
concernées. A l’heure où nous écrivons, les résultats sont partagés entre le
Parti du Congrès, de la dynastie des Gandhi, réputée pour sa corruption, et le
BJP de l’extrémiste Hindou Modi, pas exactement reconnu pour sa sympathie. Nous
apercevons depuis le début de notre séjour en Inde les bureaux de vote à même
la rue, et tout semble se dérouler dans le calme.
Ophélie nous reçoit comme des rois. Française installée
depuis cinq ans à Bombay, elle enseigne l’Histoire/Géo à l’école française, aux
enfants d’expatriés, plutôt pourris-gâtés. Férue de cinéma indien (elle a
publié «
Bollywood et les autres », à lire absolument), elle
participe de temps en temps à des productions à Bombay, la capitale du cinéma,
où sont produits près de 1000 films par an.
Avant tout, nous faisons la balade touristique classique de
Bombay, dans le quartier central de Colaba. Nous nous approchons du Gateway of
India, espèce d’Arc de Triomphe érigé pour la venue du Prince de Galles (futur
George V) en 1924. Nous continuons avec l’impressionnant Taj Mahal Hotel, qui a
essuyé l’attentat de 2008. Fait amusant, la façade aurait été construite à l’envers,
donnant sur la cour intérieure plutôt que sur la rue, ce qui a eu pour résultat
le saut de l’architecte de l’une des fenêtres de son propre hôtel.
Nous avons également vu le très intéressant musée du Prince
de Galles, très détaillé sur l’histoire, les cultures et les religions d’Inde,
ainsi que la très impressionnante gare ferroviaire, qui ressemble plutôt à une
cathédrale, classée patrimoine mondial par l’UNESCO.
Après cette balade, nous retrouvons Ophélie qui nous
propose, entre moult autres activités, de participer au tournage d’une série de
court-métrages qu’elle produit pour le compte de Café Zoé, un bar branché qui
monte à Bombay. Charmés par l’idée, nous acceptons de jouer les figurants et de
filer un coup de main, qui s’avérera aussi drôle de surréaliste.
Café Zoé a été créé par Jérémie, un Belge d’Anvers, qui gère
ce lieu au décor post-moderne avec toute la passion qui habite ce patron fort
sympathique. Nous avons consommé à l’œil pendant deux jours ; c’est dire
de sa générosité !
Une fois sur les lieux et présentés à l’adorable équipe e
tournage, nous prenons conscience du scénario, pour le moins créatif. Le
premier film raconte l’histoire d’un homme qui s’assoit au café et qui est
soudainement pris d’hallucinations. Ce n’est qu’arrivé dans les toilettes qu’il
se rend compte qu’il prenait part aux festivités de Holi (qui consistent à
jeter des couleurs les uns sur les autres) et qu’il a peut-être consommé trop
de bhang, une drogue euphorisante.
Nous participons notamment à la scène des hallucinations, où
je projette des confettis, et où Cha joue… une licorne, que le personnage
aperçoit, galoper dans le bar. Charlotte a confectionné sa corne et s’est vue
demander de gambader dans ce lieu pourtant fréquenté de clients normaux,
quelque peu surpris, entre deux bouchées du succulent hamburger, du spectacle
qui s’offrait à eux. Le film sera bientôt diffusé sur internet ; nous
posterons le lien ici.
Au fil de cette journée de samedi, alors que nous tournons
encore, le bar se remplit et devient progressivement « the place to be »
de la nuit bombayenne. Une fois le tournage fini, nous nous laissons aller à
quelques verres avec l’équipe pour fêter tout cela.
C’est une fois de plus avec le cœur lourd que nous quittons
un endroit que nous aimons. Nous aurons expérimenté Bombay sous un aspect peu
classique, mais garderons un super souvenir de ce tournage surréaliste dans une
industrie du cinéma qui bat son plein. Encore un énorme merci à Ophélie pour
son accueil, même si elle n’aime pas les remerciements, et que les Indiens
trouvent faux-cul de dire merci sans arrêt !
Nous quittons à présent le sud de l’Inde pour le nord, avec
tout d’abord le Rajasthan, pays des Maharajahs… et de James Bond. A suivre…
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| C'est l'Arche ! |
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| Gare à toi, Bombay! |
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| Réalisatrice n°1, la grâcieuse Lohita |
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| Le moins grâcieux gonfleur de ballons |
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| Attention, licorne en préparation |
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| En plein tournage confettisque |
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| Réalisatrice n°2, la délurée Ananya dirige son premier rôle |
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| Ophélie et Cha se déhanchent sous le regard de Deepa, la maman de Lohita |
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| Jour n°2, Ananya conquiert le plateau avec son sourire |
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| Ophélie passe derrière la caméra, non sans supervision |
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| Une actrice bien dirigée, sous le regard du patron des lieux |
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| Scène de tournage |
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| Scène de tournage n°2 |