mercredi 21 mai 2014

Il népalais du tout, ce pays



PAUL - Malgré la longueur du voyage depuis Varanasi, nous arrivons assez sereins à Pokhara, au pied des Annapurnas, au Népal. C’est à la fois au sens propre comme au figuré que ce pays nous paraît comme une bouffée d’air frais. Il fait moins chaud dans les montagnes et, en plus, le rythme y est moins étouffant.

La ville de Pokhara, qui entoure le magnifique lac Phewa, est plus un paradis pour « trekkers » (randonneurs de l’extrême) qu’autre chose. Les contrefaçons de matériel The North Face s’arrachent, et d’ailleurs, nous cédons, à la recherche d’un petit sac à dos pratique. Les boutiques côtoient les barbiers, les restaurants pas chers et les agences de tourisme. Pokhara, c’est aussi les portes de la région Gorkha, cette tribu ancestrale dont les guerriers sont encore tellement reconnus qu’ils forment un bataillon spécial de l’armée britannique. La forme recourbée de leur dague est également célèbre, à tel point que les magasins n’hésitent pas à vendre de pâles copies aux touristes overdosés de testostérone.

Nous logeons dans la même auberge que les couple chilien et sud-africain avec qui nous voyageons depuis deux jours, et partageons ainsi les bons plans de la région. Nous embarquons Ana et Vicente voir un coucher de soleil en haut d’une colline, que nous devons descendre en toute hâte sous la pluie, et prenons les bonnes adresses de nos amis sud-africains.

Le « point culminant » de notre séjour dans cette station de montagne reste la marche assez sportive jusqu’à la Pagode de la Paix Mondiale, construite (encore une fois) tout en haut d’une colline, bordant le lac. Des vues imprenables sur la ville de Pokhara (somme toute assez moche) mais surtout sur le lac et, au loin, sur l’Himalaya, sont à couper le souffle.

Par manque de temps, nous ne pourrons pas nous laisser tenter par le trek des Annapurnas et reprenons la route de Katmandou. En chemin, nous repérons un village tout-à-fait unique, qui mérite un petit détour : Bandipur. Les rues pavées, les maisons en brique et en bois sculpté, la culture Mewar et la décontraction ambiante de ce village montagnard nous ravissent instantanément. La frénésie indienne des jours d’avant nous paraît comme de l’histoire ancienne !

Au menu : des balades incroyables, dont la descente à flanc de colline pour découvrir les grottes de Siddha, les plus vastes du pays. La fraîcheur des cavernes fait un bien fou, car il fait chaud. Quelque peu perturbée par l’arrivée d’une horde de touristes népalais, la visite est courte, mais assez impressionnante, avec des chambres de près de 60 mètres de hauteur. La remontée vers la ville s’annonçant très difficile avec les jambes qui flageolent, nous terminons la descente de la colline et remontons en bus.

Revigorés quand même par ces deux jours, nous sommes fin prêts pour affronter la ville de Katmandou. Bruyante et poussiéreuse, ça change. Nous trouvons une auberge très sympathique gérée par une famille franco-népalaise et nous nous retrouvons entourés de Français. Ce n’est pas si mal, car nous sociabilisons à nouveau et faisons de belles rencontres avec d’autres voyageurs. Nous découvrons ensemble la ville, ses temples, ses quartiers, ses boutiques, son marché bio (!) et la Vallée de Katmandou (ainsi que quelques bars, cela va de soi).

C’est dans une ambiance proche de la colocation étudiante que nous abordons cette ville. Inspirés par certains, qui se sont mis le défi de ne pas payer leurs visites des monuments, nous parvenons à nous glisser subrepticement sur Durbar Square, la place sacrée, dont l’entrée coûte la belle somme de 15 dollars. Là, les temples se bousculent, mais on y trouve aussi la belle maison de la fillette sacrée Kumali. Vous avez bien lu. Il s’agit d’une petite fille, sélectionnée dans une caste privilégiée, selon des critères physiques rigoureux, comme une sorte d’ambassadrice qui serait la réincarnation d’une déesse. Résultat, elle sort peu de la maison, elle est vénérée par ses compatriotes et elle doit renoncer à toute vie amoureuse jusqu’à sa mort. A l’arrivée de la puberté, la Kumali est remerciée (avec de nombreux cadeaux) et remplacée par une nouvelle fillette sacrée. Une sorte de mini Miss Népal.

Cernés par les guérites qui nous demandent notre ticket d’entrée, nous retrouvons une ruelle pour quitter la place et décidons de visiter Swayambunath, ou le temple des singes. Déposés au pied de la colline (encore une) par le taxi, nous peinons à trouver l’entrée et nous retrouvons à faire le tour, à prendre un escalier non balisé… et à finir tout en haut, au temple. Il semble que nous avons contourné malencontreusement le gouchet et avons économisé quelques 5 euros ! En effet peuplé de macaques, le temple est très beau, sur une petite place encombrée de petites stupas. Contrairement au Capitaine Haddock dans Tintin au Tibet, nous faisons le tour du temple dans le sens des aiguilles d’une montre et évitons ainsi les remontrances des moines bouddhistes.

Le lendemain, accompagnés d’une équipée de Français de notre auberge, nous prenons le bus pour Bakhtapur, dans la vallée. Après un petit bol de curd (yaourt), la spécialité locale, nous découvrons cette très jolie petite ville au léger parfum du Midi, dont l’entrée est de nouveau payante ! Ce pays n’est pas cher, mais ils sont tout de même pénibles, à faire payer l’entrée d’une ville… 15 dollars. 

Après quelques tentatives pour entrer sans payer (nous avons même discuté avec un passeur), nous nous faisons repérer et payons. Tant pis. On se privera juste de nos trois prochains repas.

Cette ville est vraiment magnifique. Les rues sont pavées de brique rouge, les pagodes impressionnantes surplombent de petites places très charmantes. Nous retrouvons nos amis, dont certains ont réussi à entrer sans pays et abordons une petite balade d’observation. Les femmes battent le blé et collectent de l’eau dans les nombreux puits, alors que les hommes essaient de se faire recruter par les touristes comme guides. La saison est basse, les temps sont durs.

Nous assistons à une crémation, rencontrons quelques habitants très ouverts et visitons une surprenante académie de musique, installée dans un monastère très paisible, au bord d’une rivière franchement dégueulasse, habitée par des cochons.

Charmés par cette ville, nous retournons à Katmandou. Une dernière soirée avec nos amis s’annonce ; nous prenons bientôt l’avion pour Bangkok, où la loi martiale vient d’être déclarée. Ça s’annonce intéressant !


Le lac Phewa, à Pokhara

En route vers la paix dans le monde

La vue sur l'Himalaya

La Pagode de la Paix dans le Monde

C'est reparti vers une nouvelle aventure



Le charmant village de Bandipur

... Vu de haut

Scène de rue à Bandipur

Une des nombreuses vues depuis Bandipur

A Katmandou, le temple des singes

Quand on parle du loup... ou plutôt du singe...

Scène de rue à Katmandou

La maison de la Kumali

Le plat national, une vraie découverte culinaire: Les Momos !

Récolte du blé à Baktapur

Une place de Baktapur


Sans commentaire


Scène de rue à Baktapur

La fine équipe

vendredi 16 mai 2014

Varanagrajastan (Supercalifragilisticexpialidocius indien…)



CHA - Le Rajasthan est un des Etats de l’Inde les plus connus car c’est celui des Maharajas et des palais. Nous nous sommes donné une semaine pour le visiter, donc programme chargé ! 

Nous avons quitté Bombay, lundi après-midi, passé la nuit dans le bus puis nous sommes arrivés tôt le matin à Udaipur, la ville des palaces. C'est magique !
Pour deux raisons, la première (merci maman pour l'info!) parce que c'est la ville de naissance de Baguera, la panthère dans le Livre de la Jungle et la seconde parce que c'est la ville où a été tourné le James Bond Octopussy.
C'est une grand ville qui entoure un lac bordé de palaces et au centre du lac, deux îles qui étaient eux aussi des palaces. Aujourd'hui on peut visiter l'une (sur laquelle le James Bond a été tourné) mais l'autre est un hôtel de luxe. Cette ville est vraiment superbe avec ses ruelles étroites bordées de magasins vendant des épices, du cuir, des saris mais aussi un palace transformé en musée, un grand parc ombragé etc. Nous avons aussi pris le temps d’admirer une collection de voitures anciennes dont une Rolls Royce Phantom II utilisée dans James Bond.

Malheureusement, nous sommes repartis dès le mercredi soir en bus de nuit (encore...) pour Jodhpur, la ville bleue. Surplombée par un fort gigantesque (je n'en avais jamais vu d'aussi gros!) qui ressemble selon Paul à celui de Carcasonne, en plus gros, la ville bleue est plus bordélique qu’Udaipur (pardon pour le terme!). C'est moins propre, plus odorant, plus pauvre aussi mais on ressent réellement l’ambiance d’une ville médiévale. Nous visitons le fort qui offre des vues magnifiques et nous nous baladons en ville pendant deux jours.

Mais il est encore temps de partir et nous voilà arrivés samedi matin aux aurores à Agra, la ville du Taj Mahal. Ville sans grand intérêt hormis le Taj en soi mais bon ça nous permet de nous reposer un peu du bus qui fut encore une fois épique. Nous partons, dimanche matin, visiter le fameux mausolée qu’est le Taj Mahal. Et nous ne regrettons pas de nous être levés aux aurores puisque nous avons pu faire THE photo avec le Taj derrière et les jardins quasi vides, comme Lady Di ! Le Taj est donc un mausolée construit par Shah Jahan pour accueillir la tombe de sa femme. Et quand on voit la taille du mausolée, la quantité de marbre qu’il a fallu et la beauté du lieu, on ne doute pas un seul instant de l’amour que cet homme lui portait. Bon ok, l’amour ne se rapporte pas à des histoires matérielles mais quand même ! C’est super romantique !
S’il fallait trouver quelque chose à redire, je vous avoue que j’ai été un peu moins impressionnée que je ne m’attendais à l’être. On m’en a toujours parlé comme d’un endroit énorme, grandiose, etc. ; et surement parce que j’en attendais beaucoup, j’ai été un petit peu déçue mais trois fois rien, je vous rassure ! 

Après cette balade hors du temps, nous avons dû faire face à la réalité à nouveau puisque nous n’avions pas de place dans notre train prévu initialement pour le soir même. Donc une nuit de plus à Agra et finalement, ouf, deux places en couchettes le lendemain soir, direction Vârânasî.

Vârânasî (ou Bénarès en français) est connue parce que le Gange borde cette ville et que les Indiens s’y lavent. Paul était très impatient de la découvrir et moi, un peu moins, car Vârânasî est aussi la ville où les hindous viennent mourir (et que ça, ce n’est pas très réjouissant comme programme, n’est-ce pas ?) Je vous explique. Vârânasî est la ville de Shiva, un dieu hindou, mais c’est aussi la ville de la Mère Gange, le fleuve sacré. Les hindous viennent y brûler leurs morts sur des bûchers publics au bord du Gange. Le soir même de notre arrivée, un employé de l’hôtel nous propose de faire un tour (gratuit, incroyable !) de la ville. Nous voilà partis en direction des Ghats, ces escaliers qui bordent le Gange et qui permettent un accès au fleuve. Nous assistons avec notre guide à une incinération tandis qu’il nous explique les traditions. 

Lorsqu’un hindou meurt, son corps est emmené par les hommes de la maison jusqu’au crématorium. Il y en a plusieurs sortes, ceux pour les plus riches qui sont plus développés et ceux pour les pauvres, public et plus lugubre, je dirais. Un fois au bord du fleuve, le corps est lavé une dernière fois dans le Gange sacré puis remonté sur la rive pour être préparé. Pendant la préparation, certains hommes s’occupent des formalités administratives puis vont acheter le bois pour le bûcher. Il faut savoir que le bois coûte très cher, car c’est un bois spécial qui empêche les odeurs trop fortes, donc les temples s’occupent de récolter de l’argent (souvent auprès des touristes) pour acheter du bois pour les familles les plus pauvres. Puis le corps est placé sur le bûcher et la famille attend trois heures, temps approximatif pour la crémation complète d’un corps. Les cendres iront ensuite rejoindre celle des autres défunts dans le Gange. Il faut savoir que les bûchers de Vârânasî fonctionnent 24h/24h, 7j/7j. Toutefois, toutes les personnes ne sont pas brulées lorsqu’elles meurent : les enfants en bas âge, les femmes enceintes, les personnes atteintes de varicelle, les lépreux etc. sont transportés en bateau au milieu du fleuve puis jetés à l’eau. 
Alors effectivement, c’est déroutant et inhabituel pour nous de voir un bûcher avec les pieds et la tête du défunt qui dépasse mais cela est fait avec douceur et respect ce qui est donc moins choquant que je m’y attendais. 

Malheureusement pour nous, j’ai été assez malade dès le lendemain de notre arrivée donc nous n’avons pas pu profiter pleinement de la ville. Nous avons quand même pu faire une balade en bateau sur le Gange au lever du soleil qui fut une expérience magique, mais j’ai tout de suite après regagné ma chambre que je n’ai pas quittée pendant deux jours. Rien de bien grave, je vous rassure, juste ce à quoi il fallait s’attendre un jour ou l’autre en Inde, si vous voyez ce que je veux dire. Paul aux petits soins avec moi, je me suis assez rétablie pour aller refaire un tour en bateau, au coucher du soleil cette fois, afin d’assister à une cérémonie remerciant Shiva et la Mère Gange.

Mais ces quelques jours à Vârânasî nous ont aussi permis de préparer notre prochaine étape et nouveau pays : le Népal !

Je vous avoue que je suis contente d’aborder cette nouvelle étape. Je commence à en avoir un peu assez de l’Inde, pour être honnête... C'est trop grand, trop chaud, trop de monde... Tout est "trop" et du coup, tout est compliqué. Le pays est magnifique, bien sûr, mais le moindre truc demande des efforts. Il faut négocier à chaque fois parce que les vendeurs t'arnaquent constamment (même pour une bouteille d'eau!), les Indiens sont très curieux donc ils te regardent constamment (même quand tu te mouches !), les transports sont chaotiques et blindés, mais bon, c'est aussi un pays splendide, plein de surprises et la majorité des Indiens sont adorables.

Enfin plus que quelques jours et on se retrouve dans le calme du Népal, ce qui va nous changer.
C’est en compagnie de Jeremy, un Français rencontré à Agra et avec qui nous voyageons depuis, que nous planifions notre parcours : un train de nuit jusqu’à Gorakhpur, un bus jusqu’à la frontière, puis un bus jusqu’à Pokhara, première étape de notre séjour népalais. En tout un peu plus de 20h de voyage. 

Nous aurons finalement mis deux jours à arriver à Pokhara avec une nuit à la frontière dans un motel pourri mais en compagnie de voyageurs super sympa rencontrés à Gorakhpur. Une véritable expédition puisque nous étions dix à voyager tous ensemble pendant deux jours, ce qui nous change de notre habitude ! 

Mais qu’importe puisque nous voilà sains et saufs et très heureux d’arriver au Népal ! Enfin ! 

La fameuse Rolls Royce Phantom II de James Bond

Un petit dîner sur les hauteurs d'Udaipur

Une rue d'Udaipur

Le capitaine Duke, très fier dans son nouveau gilet

Udaipur

Le fameux palace de James Bond


Le plus gros turban du monde



Jodhpur, la ville bleue

L'envers du décor du Taj Mahal


Lady Duke !




Varanasi


Dans la collection Printemps/Eté de Varanasi....









dimanche 4 mai 2014

C’est de la Bombay, bé !



PAUL - Nos excuses pour l’irrégularité de nouvelles, mais nous avons été assez pris dans un certain tournage de films à Bombay. Détails plus tard !

Tout d’abord, Goa, sur laquelle je passerai proportionnellement à l’intérêt que suscite cette région balnéaire, soit assez rapidement. Nous avons logé dans une petite chambre d’hôtes peu accueillante mais pourvue de l’essentiel. Nous y avons fêté Pâques avec une courte chasse au Kit Kat dans la chambre.

A noter tout de même : le marché aux puces d’Anjuna, où les hippies qui venaient s’installer là vendaient leurs possessions occidentales pour ne vivre que de l’essentiel (l’Histoire ne dit pas si cela consistait de substances illicites).

Le marché aux puces est devenu aujourd’hui un immense attrape-touristes, où l’on achète vêtements, bijoux, meubles, etc. Quelques rares hippies subsistent en vendant leurs créations, mais ce sont notamment les locaux qui ont envahi les lieux avec leurs chinoiseries.

Nous ne nous éternisons donc pas à Goa et prenons le bus pour Bombay, où nous attend Ophélie, une amie croisée à New York il y a deux ans. Le trajet en bus est chaotique. Nous partageons une couchette à l’étage supérieur d’un bus qui fonce dans la nuit indienne comme pour fuir la peste. Cha restera accrochée à mon bras (qui en porte encore les marques) dans un demi-sommeil peu réparateur.
Alors que nous parvenons à somnoler quelque peu, à 4 heures du matin, nus sommes réveillés par le chauffeur : « Vous allez où, à Bombay ? » Je lui réponds péniblement « Bandra », où habite Ophélie, une espèce de banlieue chic qui attire les expatriés comme les stars de Bollywood.

« Dans ce cas, il faut changer de bus ! »

Je ne vous raconte pas la joie de s’extirper d’un état comateux, de retirer nos sacs de la soute, au bord de l’autoroute, et de prendre place dans un autre bus, sur-climatisé, sur de petits sièges, pour finir le voyage. Après tout, si cela nous rapproche de notre destination finale… Mais quand même !
Sans internet, nous n’avons pas de nouvelles d’Ophélie et nous nous posons dans le café branché Candies, dans son quartier. Complètement ensommeillés, nous prenons un petit déjeuner parmi la jeunesse dorée de Bombay. Nous parvenons à signaler notre présence à Ophélie, qui ne travaille pas pour cause d’élections, donc elle passera nous prendre.

En effet, l’Inde vote. C’est le plus grand exercice démocratique de tous les temps : 814 millions de personnes sont concernées. A l’heure où nous écrivons, les résultats sont partagés entre le Parti du Congrès, de la dynastie des Gandhi, réputée pour sa corruption, et le BJP de l’extrémiste Hindou Modi, pas exactement reconnu pour sa sympathie. Nous apercevons depuis le début de notre séjour en Inde les bureaux de vote à même la rue, et tout semble se dérouler dans le calme.

Ophélie nous reçoit comme des rois. Française installée depuis cinq ans à Bombay, elle enseigne l’Histoire/Géo à l’école française, aux enfants d’expatriés, plutôt pourris-gâtés. Férue de cinéma indien (elle a publié « Bollywood et les autres », à lire absolument), elle participe de temps en temps à des productions à Bombay, la capitale du cinéma, où sont produits près de 1000 films par an.
Avant tout, nous faisons la balade touristique classique de Bombay, dans le quartier central de Colaba. Nous nous approchons du Gateway of India, espèce d’Arc de Triomphe érigé pour la venue du Prince de Galles (futur George V) en 1924. Nous continuons avec l’impressionnant Taj Mahal Hotel, qui a essuyé l’attentat de 2008. Fait amusant, la façade aurait été construite à l’envers, donnant sur la cour intérieure plutôt que sur la rue, ce qui a eu pour résultat le saut de l’architecte de l’une des fenêtres de son propre hôtel.

Nous avons également vu le très intéressant musée du Prince de Galles, très détaillé sur l’histoire, les cultures et les religions d’Inde, ainsi que la très impressionnante gare ferroviaire, qui ressemble plutôt à une cathédrale, classée patrimoine mondial par l’UNESCO.

Après cette balade, nous retrouvons Ophélie qui nous propose, entre moult autres activités, de participer au tournage d’une série de court-métrages qu’elle produit pour le compte de Café Zoé, un bar branché qui monte à Bombay. Charmés par l’idée, nous acceptons de jouer les figurants et de filer un coup de main, qui s’avérera aussi drôle de surréaliste.

Café Zoé a été créé par Jérémie, un Belge d’Anvers, qui gère ce lieu au décor post-moderne avec toute la passion qui habite ce patron fort sympathique. Nous avons consommé à l’œil pendant deux jours ; c’est dire de sa générosité !

Une fois sur les lieux et présentés à l’adorable équipe e tournage, nous prenons conscience du scénario, pour le moins créatif. Le premier film raconte l’histoire d’un homme qui s’assoit au café et qui est soudainement pris d’hallucinations. Ce n’est qu’arrivé dans les toilettes qu’il se rend compte qu’il prenait part aux festivités de Holi (qui consistent à jeter des couleurs les uns sur les autres) et qu’il a peut-être consommé trop de bhang, une drogue euphorisante.

Nous participons notamment à la scène des hallucinations, où je projette des confettis, et où Cha joue… une licorne, que le personnage aperçoit, galoper dans le bar. Charlotte a confectionné sa corne et s’est vue demander de gambader dans ce lieu pourtant fréquenté de clients normaux, quelque peu surpris, entre deux bouchées du succulent hamburger, du spectacle qui s’offrait à eux. Le film sera bientôt diffusé sur internet ; nous posterons le lien ici.

Au fil de cette journée de samedi, alors que nous tournons encore, le bar se remplit et devient progressivement « the place to be » de la nuit bombayenne. Une fois le tournage fini, nous nous laissons aller à quelques verres avec l’équipe pour fêter tout cela.

C’est une fois de plus avec le cœur lourd que nous quittons un endroit que nous aimons. Nous aurons expérimenté Bombay sous un aspect peu classique, mais garderons un super souvenir de ce tournage surréaliste dans une industrie du cinéma qui bat son plein. Encore un énorme merci à Ophélie pour son accueil, même si elle n’aime pas les remerciements, et que les Indiens trouvent faux-cul de dire merci sans arrêt !

Nous quittons à présent le sud de l’Inde pour le nord, avec tout d’abord le Rajasthan, pays des Maharajahs… et de James Bond. A suivre…


C'est l'Arche !

Gare à toi, Bombay!

Réalisatrice n°1, la grâcieuse Lohita

Le moins grâcieux gonfleur de ballons

Attention, licorne en préparation


En plein tournage confettisque

Réalisatrice n°2, la délurée Ananya dirige son premier rôle

Ophélie et Cha se déhanchent sous le regard de Deepa, la maman de Lohita

Jour n°2, Ananya conquiert le plateau avec son sourire

Ophélie passe derrière la caméra, non sans supervision

Une actrice bien dirigée, sous le regard du patron des lieux

Scène de tournage

Scène de tournage n°2